ANGINE COUENNEUSE DES TYPHIQUES
MM. Oulmont, Ghedevergne, Peter ont démontré l'existence possible des fausses membranes dans la gorge des sujets affectés de dothiénentérie. Ces fausses membranes sont -elles de nature diphthérique ? L'étude rapide que nous allons en faire vous permettra d'en juger.
Cette angine débute à une époque un peu variable, si «
Fon s'en rapporte aux divers observateurs. C'est ainsi que M. Oulmont lui assigne l'intervalle compris entre la deuxième et la quatrième semaine, tandis que M. Peter en circonscrit l'apparition à la fin du troisième septénaire et au courant du quatrième. D'après M. Chedevergne, c'est du huitième au douzième jour que se produisent les pseudo-membranes.
Les phénomènes qui annoncent la complication gutturale sont une douleur plus ou moins vive, avec gêne de la déglutition; quand le malade est dans le délire, la dysphagie est à peu près le seul symptôme appréciable ; encore n'est-elle pas -toujours rapportée à sa véritable cause.
L'hélât local est seul caractéristique : la muqueuse du pharynx et de l'isthme du gosier est rouge, et sur ce fond rouge apparaissent des plaques pseudo-membraneuses irrégulières, déchiquetées, d'un gris sale, dont le caractère dominant est l'extension rapide, puisqu'on aurait pu voir le larynx envahi en vingt-quatre heures à peine; mais il reste à savoir quelle est la nature de ces manifestations laryngées. Enfin , MM. Peter et Chede-
yergne notent l'existence d'ulcérations de la muqueuse
de la gorge.
Les ganglions lymphatiques dont l'intumescence décèle si constamment les lésions du pharynx, ne sont pas toujours affectés dans cette angine. M. Oulmont les a trouvés indemnes dans la moitié des cas qu'il a observés, trois fois sur six.
Je ne vous décrirai pas la marche et la durée de cette angine : qu'il vous suffise de savoir qu'elle est trèsgrave, puisque la mort en a été la terminaison constatée cinq fois sur six dans les faits de M. Oulmont.
Rien n'est plus facile que de différencier cette angine membraneuse de l'angine simple, qui accompagne habir tuellement la dothiénentérie et dont je vous ai rappelé les caractères : l'examen local y suffit.
Je n'insisterai pas longuement sur la nature de cette angine couenneuse des typhiques. Dans la plupart des faits rapportés, et en particulier dans les six observations de M. Oulmont, il s'agit positivement d'une épidémie de diphthérie; c'est donc bien une véritable angine pseudo-membraneuse de nature diphthérique qui éclôt dans un terrain favorable. J'ai tenu à vous en présenter rapidement l'histoire , afin de vous bien montrer comment évoluent ces angines pseudo-membraneuses secondaires et vous permettre de les reconnaître facilement.