‹ Maladies du cœurChapitre 165 sur 204 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

même les appareils valvulaires du cœur, mais le plus souvent les vaisseaux de moyen et de petit calibre. Elle est surtout constituée clin iquement par des symptômes toxiques commandant les spasmes vasculaires et les déviations de la tension artérielle, la dyspnée et l'insomnie, la tachycardie avec ou sans arythmie, certains vertiges et troubles cérébraux. L’intoxication, souvent d’origine alimentaire, est augmentée par l’imperméabilité précoce du rein, d'où l’utilité absolue du traitement antitoxique et rénal. Cliniquement toujours, elle est encore constituée par des symptômes cardio ou viscéro-artériels (accidents méiopragiques et angineux, arythmie, toxiasystolie), d'où l’utilité de la médication iodurée et vaso-dilatatrice.

Les définitions doivent être brèves. Celle-ci est un peu longue, parce qu'elle est plutôt une simple description de l'évolution anatomo-clinique.

Quelques auteurs ont voulu remplacer le terme d’artériosclérose par celui d angioscle'rose, voulant montrer par là que tout le système circulatoire, veines comprises (phlébosclérose), est atteint. C’est une exagération ; car, la phlébosclérose donne naissance à d’autres proliférations conjonctives, du reste assez rares. Il faut maintenir — a dit mon élève A. Weber en 1893 — le terme artériosclérose « pour désigner un grand processus morbide, caractérisé anatomiquement par une lésion constante de l'arbre artériel, l’endo-périartérite des petits vaisseaux, cliniquement par les symptômes propres aux différentes localisations viscérales de cette même lésion ». Dix ans auparavant, en 1883, dans son excellente thèse inaugurale, .1. B. Duplaix définissait l’artériosclérose : une maladie développée sous l’influence d’une cause générale et ayant le système vasculaire pour point de départ.

On continuera à discourir encore, à se demander si les lésions du tissu conjonctif sont consécutives à l’altération artérielle, si elles évoluent en même temps, et même si elles lui sont antérieures, comme on vient à nouveau de le prétendre tout récemment. Qu’importe? Les faits cliniques resteront, et

L’ARTÉRIOSCLÉROSE.

il arrivera pour les scléroses artérielles ce qui est advenu pour les cirrhoses du l'oie, où les localisateurs anatomiques ont perdu beaucoup de terrain, comme il résulte d’une récente et remarquable étude de mon interne Noël Fiessinger sur les processus des cirrhoses du foie. « Dans toute cirrhose hépatique, dit-il, l’évolution anatomique est complexe, et il y a a la fois atteinte interstitielle et atteinte parenchymateuse. >> De même, dans l’artériosclérose, l’évolution anatomique peut être complexe ou variable, les lésions atteindre les gros et les petits vaisseaux, l'hyperplasie du tissu conjonctif précéder ou suivre les altérations artérielles, celles-ci procéder de l’endartérite ou de la péri-artérite, même de la mésartérite ou encore de la panartérite. Mais, ce qui ne varie pas, c’est l’observation clinique fixant l’évolution morbide avec des symptômes constants d’intoxication et d’insuffisance rénale. Ceux-ci sont la base des indications thérapeutiques d’autant plus intéressantes que la médication, surtout à ses débuts, est capable d’enrayer la marche toujours envahissante de la maladie. D’ailleurs, dès le commencement du dernier siècle, Corvisart s’est chargé de répondre par ces paroles pleines de bon sens aux localisateurs voulant enfermer les maladies dans des frontières anatomiques : « Cet isolement des affections des divers tissus a de nos jours été poussé beaucoup trop loin. Dans la pratique elle ne conduit pas à des résultats utiles. Il s’en faut bien que l’observation vienne toujours à l’appui de ces propositions générales et de ces règles exclusives ».

Il faut définir cliniquement et non pas anatomiquement l’artériosclérose, comme je l’ai dit depuis longtemps dans mes divers travaux, et je ne saurais mieux faire que de reproduire à l’appui l’opinion (pie m’exprimait à ce sujet, il y a quelques mois, mon savant ami .1. Renaut (de Lyon) dans une communication écrite : « Il n'y a pas une lésion histologique des artères qu’on puisse qualifier de ce nom : artériosclérose. Il n’y a pas un processus, même un peu complexe, que l’on puisse qualifier de processus artérioscléreux. 11 y a des endartérites,des mésartérites, des péri-artérites, lesquelles sont condi-

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