DEFINITION
processus scléreux prédomine soit vers les tuniques extérieures, soit vers les tuniques les plus internes. On a affaire alors, dans le premier cas, à une péri-artérite, et dans le second à une endartérite. Cette distinction n’a pas, à mon gré, l’importance que certains auteurs lui ont attribuée; car souvent ces deux modes de lésions se trouvent associés, et souvent aussi, telle est la ténuité du vaisseau affecté, que les lésions des tuniques externes ne tardent pas à retentir sur la circulation, comme celles des tuniques les plus intérieures ». — J’ajoute que, dans une étude intéressante sur la syphilis cardiaque, Adler (de New-York) a rapporté chez des entants de deux à trois mois et demi plusieurs observations d’hérédo-syphilis du myocarde consécutives à l’endartérite des coronaires (1898). Les figures qu’il reproduit à l’appui de cette dernière localisation semblent concluantes.
D’autre part, au point de vue clinique cette fois, voici ce que l’on observe au sujet de l’artériosclérose d'origine syphilitique et ce qui va me permettre de compléter une définition.
L’artériosclérose syphilitique commence le plus souvent par l’aortite qui est d’une fréquence très grande, et cette aortite, qui peut survenir vingt à trente ans après l’accident initial, est une maladie qui, tout en restant locale en apparence pendant plusieurs années, a une tendance naturelle à s’étendre, d’abord au rein qui est l’organe surtout menacé. Voilà une notion d’une grande importance ; elle explique pourquoi l’aortite syphilitique a pour caractère principal de se compliquer tôt ou tard de néphrite interstitielle et de sclérose artérielle. Ce fait, (pie j’observe depuis plus de quinze ans. est à ce point fréquent que si, dès l’apparition de cette aortite, le médecin n’insiste pas d’une manière préventive pendant des mois et des années surlamédication rénale dans toute sa rigueur et un peu moins sur les injections mercurielles dont on abuse tant pour les manifestations parasyphilitiques, on peut prédire aveccertitude l’évolution hâtive ou lointaine de la néphrosclérose. Cette complication est donc prévue ; il s’agira dès lors de la prévenir, et pour cela d'appliquer le traitement rénal de la cardiopathie
L’ARTÉRIOSCLÉROSE.
artérielle ou aortique, tel que je l’ai exposé dans la thèse de mon ancien interne le Dr Bergouignan '1902). Ce traitement est donc d’une importance primordiale.
Ce qui a fait, ce qui perpétue la confusion et l’incertitude, c’est, au point de vue de la définition de la maladie, une sorte d’arrêt dans la marche scientifique, arrêt marqué aux années 1852, 1853 et 1872.
Déjà Bright avait constaté que la maladie qui porte son nom est associée à des lésions d’autres organes, à des lésions des artères radiales et rénales. Puis, en 1852, Johnson a parlé d’abord vaguement des lésions des artérioles que VVilks, l’année suivante, a davantage mises en relief, et en 1872 sir William Gull et Sutton ont donné corps à cette doctrine avec « l’artério-capillary fibrosis » atteignant surtout les artères de petit calibre et respectant en quelque sorte les gros vaisseaux.
On a vécu, on vit encore sur cette conception erronée, tout au moins exagérée. Car, ainsi que les syphilitiques, les goutteux peuvent commencer leur artériosclérose par l’aortite, par l’inflammation de l’aorte ascendante, pour la continuer par les reins et par d’autres organes. Il y a là une forme spéciale de l'artériosclérose à début aortique , laquelle a été souvent méconnue etadù certainement modifier les idées de quelques auteurs sur la fréquence de l’artériosclérose syphilitique, parce qu’ils ont eu tort de croire que l’artériosclérose est toujours limitée aux petits vaisseaux. De même, en dehors de la syphilis, il y a encore la forme myovalvulaire qui atteint à la fois les orifices cardiaques et le myocarde, une forme tachy-aryt tunique, ou encore simplement rénale , enfin des formes associées dont la plus fréquente et la plus importante est la sclérose cardio-rénale. 11 en résulte qu’il faut comprendre ainsi l’artériosclérose :
C’est une maladie, non pas généralisée, mais disséminée le plus souvent, localisée quelquefois, et toujours avec tendance à l’extension. Elle est caractérisée anatomiquement par des scléroses viscérales consécutives à la lésion artérielle, cette lésion pouvant atteindre primitivement l’aorte quelquefois et