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CARACTÈRES CLINIQUES

de circonstances, la douleur, si on sait bien l'analyser, est un symptôme révélateur d’une tumeur anévrysmale qui pendant de longs mois peut ne se manifester que par ce seul signe. Pour qu'elle se produise, par exemple dans les anévrysmes de l’aorte ascendante ou thoracique descendante comme dans ceux de la crosse, il n’est pas toujours nécessaire que la poche prenne un grand développement. Il y a de gros anévrysmes sans douleur, et il y a de petits anévrysmes à peine apparents, accompagnés de douleurs intolérables; elles sont liées d’abord au siège de la lésion, et lorsque la tumeur se porte en avant ou sur les côtés, elle peut comprimer les nerfs intercostaux (très rarement les nerfs phréniques), les nerfs du plexus brachial, du plexus cervical, d'où l’apparition de douleurs plus ou moins vives sur le trajet de ces cordons nerveux. Ni l'usure des os, ni celle des corps vertébraux ne peuvent en donner l’explication, ces dernières lésions étant la plupart du temps indolentes, comme il a été dit.

Une lésion à invoquer, c’est la médiastinite chronique, capable de déterminer, même dans les cas rares de guérisons spontanées des anévrysmes et après elles, des douleurs remarquables par leur violence et leur résistance à tous les moyens thérapeutiques.

2° Douleurs par refoulement, par enserrement. — Il y a une distinction clinique à établir entre les douleurs anévrysmales par simple compression, c'est-à-dire par refoulement, et celles par enserrement . Les premières diminuent d’intensité et disparaissent souvent quand la tumeur apparaît au dehors, ou encore quand elle change de direction ; les secondes persistent. même dans ces conditions. Celles-là sont de simples névralgies pouvant disparaître momentanément dans certaines attitudes que prend le malade; celles-ci, dues souvent à des névrites, ont un grand caractère de fixité, ne se modifiant ni par la rétraction du sac, ni par son extension dans d autres points, ni par les changements d’attitude du patient, ni parles médicaments antinévralgiques.

Huchard. — Consultations médicales, 1. II.

NÉVRALGIES ANÉVRYSMALES.

,‘P SlÈGE ET CARACTÈRES DE FIXITÉ, D 'INTENSITÉ. — Le siège des douleurs est extrêmement variable. Pour les anévrysmes de l’aorte thoracique, on peut croire pendant de longs mois à un simple rhumatisme de l’épaule, à une névralgie intercostale rebelle, à une névralgie thoraco-brachiale. Mais, en analysant bien les symptômes, on peut el on doit arriver souvent a dépister l'anévrysme, parce que l’on ne tarde pas a s'apercevoir qu'il ne s’agit pas de réelles névralgies avec tous leurs sièges habituels d'élection douloureuse. Pendant de longs mois, les malades soutirent jusqu'à l'insomnie la plus rebelle, d'une douleur fixe et unique à l’épaule ou dans la région susépineuse, sous les clavicules ou dans laf région interscapulaire; ou encore la douleur occupe tout un côté du thorax et la région cervicale; elle peut être située plus profondément dans la poitrine, partant du liers supérieur du sternum pour aboutir à la colonne vertébrale, ce qui ressemble d’assez loin à l'angine de poitrine ; elle peut encore en\ aliir le bras, s’étendre le long du cou jusqu’à la partie latérale de la tête, comme Stokes en a fourni un exemple, et Greene a remarqué que, dans certains cas, elle se calme par la compression ; elle peut atteindre les nerfs du plexus cervical, surtout lorsque le tronc innommé est intéressé, et alors produire par action réflexe une contracture des muscles du cou d’un côté, ce qui fait croire à un simple torticolis; d'autres fois, la douleur est telle à l'un des espaces intercostaux qu’elle entrave la respiration, ou encore elle est bilatérale, en forme de ceinture, comme s'il s'agissait d’une affection médullaire.

La douleur est souvent gravative ou contusive; rarement elle est franchement lancinante, comme dans les névralgies simples; presque toujours fixe dans le même endroit, elle est continue et peu paroxystique.

Les diagnostics les plus erronés ont donc été portés : rhumatisme, simple névralgie, douleur musculaire ou myalgie, torticolis, simple lumbago (lorsque l'aorte abdominale est intéressée), compression de la moelle. Puis, un jour, l’apparition d'une tumeur pulsatile et expansive vient un peu tardi-

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