‹ Maladies du cœurChapitre 188 sur 204 · PSEUDO-MYOCARUIT ES AIGUËS · texte numérisé non relu

PSEUDO-MYOCARUIT ES AIGUËS

la scarlatine est endocardique dans ses manifestations cardiaques; la variole, surtout myocardique ; la fièvre typhoïde, nearo- myocardique \ la'grippe, neuro-cardiaque.

11 ne faudrait cependant pas vouloir trop localiser les lésions du cœur dans les fièvres. Maison est en accord avec les enseignements de la clinique, lorsqu'on affirme que dans les fièvres typhoïdes graves, l’élément nerveux se joint le plus souvent à l’élément myocardique pour produire les complications cardiaques sur lesquelles Laennec et Louis d’abord, ensuite lluss (de Stockholm) et Stokes ont appelé I attention dans le cours de la fièvre typhoïde et du typhus.

Les troubles et les déviations du rythme cardiaque, la tachycardie, l’embryocardie, la bradvdiastolie, certaines arythmies et allorythmies, l’abaissement considérable de la tension artérielle la grippe et la fièvre typhoïde étant des maladies d’hypotension artérielle), ressortissent à des troubles d’innervation cardiaque, et à la terminaison par asyslolie nerveuse. Les autres symptômes caractérisés par l’atlaihlissement et mime la disparition du premier bruit, par les congestions viscérales, la dilatation cardiaque, le souffle myocardique, trahissent une lésion dégénérative aiguë de la fibre musculaire. Encore, je ne suis pas sûr que, dans certains cas, l'affaiblissement du premier bruit, qui est surtout un signe d’adynamie cardiaque, ne soit pas parfois dû à un défaut d'innervation du cœur. On commettrait donc une faute en confondant les symptômes d'une myosite infectieuse avec ceux d'une névrite, et il n’esl pas permis de perpétuer celle confusion au sujet du cœur.

Que de causes d’erreurs cliniques dans l’interprétation de certains symptômes cardiaques survenant dans les fièvres 1 Les uns sont dus assez rarement à l’existence d’une myocardite; d’autres, plus souvent, à des troubles fonctionnels de l'innervation cardiaque, le poison typhique agissant « à la façon de la digitale et des acides biliaires qui ralentissent le cœur par irritation de son cenlrc modérateur », ainsi que le

PSEUDO-MYOCAU dites.

<1 i L Bernheim, coininc la digitale à dose toxiqjie en produisant une accélération du cœur. A la lin de la maladie, ou encore dans la convalescence, voici des intermittences; elles sont souvent d'ordre réflexe et d’origine intestinale. D’autre part, le cœur central est réglé par deux freins: le frein nerveux, représenté par un nerf d’arrêt, le nerf vague; le frein ruseu/aire, représenté par la contractilité et 1 élasticité des vaisseaux. Lorsque cctle contractilité vasculaire est à son minimum, comme souvent dans la fièvre lyphoïde, le cœur — « plus entraîné qu’entraineur », ainsi «pie le disait Eorain — n’étanl plus retenu par son frein vasculaire et parles obstacles périphériques qui sont, à l’état normal, des éléments de renforcement systolique, le cœur précipite ses mouvements jusqu’à l’embryocardie, et la médication est plutôt vasculaire que cardiaque. Si, dans ces cas, l’indication thérapeutique visait seulement le cœur central, comment expliquer les améliorations considérables, les véritables résurrections opérées par les injections d'ergotine? Les faits sont là qui le prouvent. Ils ont été observés par Démangé (de Nancy), qui a publié deux observations des plus concluantes, et antérieurement par Duboué (de Pau). Envisageant la fièvre lyphoïde comme une asphyxie lente duc principalement à « l’impuissance plus ou moins prolongée des muscles cardio-vasculaires », ce dernier auteur institua la médication ergotique. Il n’a eu qu'un tort, celui de trop la généraliser.

La dilatation aiguè du cœur pourrait encore être duc a faction d’une forte hypertension sanguine dans quelques maladies infectieuses. Du moins, c’est l’opinion de Federn, qui aurait constaté une élévation de la tension artérielle dans la scarlatine par suite de 1 action vaso-constrietive de cerlaines toxines, d’où augmentation des résistances périphériques, tachycardie et dilatation aiguë du cœur.

D’autre part, on trouve réalisées dans certaines maladies infectieuses, les conditions de enugulalion intracardiaque: ralentissement sanguin, endocardite pariétale, état infectieux.

I'SUUDO-MYOCAKDITliâ AIGUËS.

Il y a quelques années, une malade de l'Iiôpilal atteinte de dothiénentérie, vient à succomber au milieu d’accidents asphyxiques que je rattache à la thrombose cardiaque. A l'autopsie, on trouve un cœur dilaté, peu atteint dans sa fibre musculaire, avec une endocardite valvulaire en crains de semoule, une endocardite pariétale des plus accusée et de gros caillots fibrineux remplissant les cavités ventriculaires. Ce fait est à rapprocher des cas de thrombose cardiaque dans la diphtérie rapportés par Gerlier et Robinson Reverley, du l'ait observé par Furbringer : Dans le cours d’une scarlatine, un enfant meurt de syncope, et on trouve dans les ventricules des thrombus puriformes contenant une grande quantité de streptocoques. — Une femme de soixante-douze ans, atteinte de tuberculose aiguë des deux poumons, succombe rapidement, et Veillon trouve à l’autopsie, dans l’intérieur de l'oreillette gauche, une tumeur fibrineuse de la grosseur d'un petit œuf, sessile, adhérente à la paroi par une large base (1).

Au cours des maladies infectieuses, Wunderlich et Criesinger ont autrefois décrit sous le nom de« collapsus » des accidents plus ou moins graves caractérisés surtout par un état de faiblesse du cœur et de ralentissement de la circulation, attribué non seulement à la dégénérescence du myocarde, mais encore « à des causes en partie inconnues ». .l'avais cru autrefois trouver cette cause dans l’hypotension parfois considérable qui survient au cours de ces maladies et surtout de la fièvre typhoïde. J’avais raison contre ceux qui ne voyaient là toujours qu'une suite naturelle de la myocardite, mais je ne connaissais pas alors la cause réelle de celte hypotension.

Les études récentes de Sergent paraissent avoir donné la solution du problème, à la fois palhogénique et thérapeutique, en démontrant l'importance de Y insuffisance surrénale dans

(1) Dém angé, Revue de médecine, 1885. — Dcboué, Académie de médecine, J 882. Journal des praticiens, 1887. — Fedkhx, Soc. império-royale des médecins de Vienne, iuars 1899. •— Geiilieii, Hobinson-Bevkui.ev, Thèses do Paris, I Stiii H 1872. — Flhiiiiingeh, Société de médecine de Rer/in, 1890. — Veillon, Société anatomique, 1892.

PSEUDO-MYOCARDITES.

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les maladies infectieuses et dans d’autres états morbides. Elle se traduit, en effet, par une asthénie plus ou moins profonde, par une hypotension artérielle très accusée et par des troubles cardio-vasculaires réalisant une nouvelle forme de pseudomyocardite et même de pseudo-méningite; elle est due le plus souvent à des lésions variées du parenchyme glandulaire des capsules surrénales. Un signe révélateur du « syndrome surrénal » (reproduisant en partie le syndrome myocardique , mais qui ne se montre pas toujours, est celui de la « ligne blanche surrénale » caractérisé comme il suit : Après avoir tracé avec un corps mousse une ligne sur la peau del’abdomen, on voit, à l'inverse de ce qui se produit dans la méningite, une raie blanche assez large qui va s'accentuant de plus en plus, puis demeure stationnaire pendant quelques minutes pour s'effacer ensuite peu à peu (l).

Importantes alors sont les conséquences thérapeutiques. Ce n'est plus seulement le traitement cardio-tonique qui s'impose avec la digitale ou d’autres médicaments similaires; c'est l'opothérapie surrénalienne par des cachets d 'extrait de y landes surrénales à 0,20 ou 0,30centigrammes, deux ou trois fois par jour, ou encore par la solution A' adrénaline au millième a la dose toujours fractionnée (en raison de l’effet passager du médicament sur l'hypotension artérielle) de dix à vingt gouttes, cinq ou six fois par vingt-quatre heures. L’extrait est préférable parce qu il Contient les autres substances qui entrent dans la composition du tissu surrénal.

Quand je dis que la lésion myocardique fait défaut dans beaucoup de maladies, il importe encore de s'entendre. Avec Ch. Fiessinger, j'ai décrit des myocardites atténuées et curables caractérisées pendant et après les maladies infectieuses (rhumatisme, fièvre typhoïde, etc.) par une dilatation plus ou moins prolongée du cœur et se terminant par la

(1) Sehuent cl Behnauu, Soc. de b ol., 1898. — Seiioent. dresse méd., 1902. — Moizaiil), L'insuiïisancti suirénile dans les maladies infectieuses {Jauni, de méd. U chie, peut., 10 décembre 1909).

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