III. — Arythmie dans la convalescence de la fièvre
typhoïde.
Une jeune tille de \ingt et un ans a été traitée dans notre serxice pour une fièvre typhoïde de moyenne intensité, et pendant sa maladie on ne releva aucun trouble cardiaque. Au cours de la convalescence, après plusieurs jours d’a pyrexie complète, je constatai une arythmie notable qui s’est rapidement atténuée en quinze jours au point qu’à sa sortie de l'hôpital, la malade ne présentait plus (pie quelques rares intermittences et faux pas du cœur.
Il y a ainsi des malades qui, n’ayant présenté aucun trouble cardiaque pendant la durée de la fièvre typhoïde, ont
11) II. IIucharu et Ch. Fiessinger, Les myocardites atténuées et. curables (Clinique thérapeutique du praticien, tome II. Paris, 1909).
cil Dali.emagNe, Ai'ch. île méd. expérimentale. 1895. — IL 1 Iuchard, Journal des praticiens, 1895.— G. Fournier, Thèse de Paris, 1890.
PSEUDO-MYOCARDITES.
pendant leur convalescence une arythmie sur la pathogénie de laquelle nous ne sommes pas suffisammonl fixés, et dont il est important de connaître la valeur au point de vue du pronostic et du traitement. C'est là le « pouls irrégulier de la convalescence » signalé déjà par plusieurs cliniciens et surtout par Lorain (1).
En pareil cas, s’agit-il d’une myocardite, ou est-ce le résultat d’une imprégnation des nerfs cardiaques par les toxines éberthicnnes? Ces deux hypothèses sont peu soutenables, puisque ce symptôme de convalescence peut survenir dans les cas où le coeur a été à peine touché au cours de la maladie.
Ne s’agirait-il pas plutôt d’un trouble réflexe, survenant alors «pie les lésions intestinales en voie de cicatrisation, de profondes qu’elles étaient, deviennent superficielles? Car ce sont les lésions superficielles des muqueuses, beaucoup plus <pie les lésions profondes des organes, qui sont particulièrement aptes à engendrer des réflexes. Par exemple, des corps étrangers comme les vers intestinaux, des calculs déterminant une irritation superficielle de la surface interne, soit de l’intestin, soit des voies biliaires ou urinaires, provoquent beaucoup plus sûrement et plus fréquemment des phénomènes réflexes que les altérations profondes, inflammatoires, ulcératives, néoplasiques de ces organes. Les ulcérations les plus profondes du larynx ne produisent le plus ordinairement aucune action réflexe, alors que celle-ci est exaltée par une goutte d’eau qui effleure la muqueuse glottique. Une simple dyspepsie détermine des accidents réflexes multiples et. variés (vertiges, troubles vaso-moteurs et cardiaques, pseudo-angine de poitrine), quand un cancer de l’estomac peut rester souvent latent dans son expression symptomatique.
Quoi qu'il en soit de la pathogénie de l'arythmie post-dothiénentérique (et on l’observe encore à la suite de toutes les maladies infectieuses, surtout de la scarlatine), ce qu’il faut
(1) I*. Louais, Etudes (le médecine clinique; le pouls. Péris, 1870.