I. — Exposé clinique
L’observation d'une jeune fille de seize ans entrée à l'hôpital pour une attaque de rhumatisme polyarticulaire présente un grand intérêt clinique. A l'age de douze ans, elle a eu une première attaque de rhumatisme articulaire généralisé, et il semble bien que ce soit de cette époque que date la double lésion aortique : rétrécissement et surtout insuffisance.
Quelques jours avant son entrée à l'hôpital, elle fut prise d’une nouvelle attaque de rhumatisme polyarticulaire qui céda assez rapidement après dix jours de traitement, par l'administration quotidienne de G grammes de salicylate de soude. Cependant, nous avons pu constater que, si les douleurs avaient disparu rapidement, il n’en était pas de même de la fièvre. Celle-ci, quoique relativement moins intense que dans le rhumatisme polyarticulaire, puisqu’elle ne dépassait pas G8°, 5, persistait toujours malgré la reprise de la médi-
SYMPTÔMES PSEUDO-PLEURÉTIQUES. 561
cation salieyli(|iie. En présence de ces symptômes, je vous ai annoncé que nous allions très probablement assister à
I évolution d'un rhumatisme viscéral.
C'est là, en etfet, une loi clinique dont l'importance pratique sera souvent vérifiée : Quand, sous l'influence de la médication salicylique, les douleurs persistent à un faible degré ou disparaissent avec la continuation du mouvement fébrile, cherchez et vous trouverez bientôt un rhumatisme viscéral, à moins qu'il s’agisse d'une endocardite maligne par infection secondaire.
Ces prévisions se sont réalisées, et trois jours après, nous constations l'existence d'une péricardite, sèche d'abord et légèrement liquide ensuite, sui\ie après si \ jours des signes d'un épanchement pleural gauche d’abondance modérée : un litre environ.