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SYMPTÔMES PSEUDO-PLEU R ÉTIQUES DE LA

PÉRICARDITE.

Dans les péricardites avec épanchement, la compression < 1 1 1 c celui-ci occasionne sur la partie postérieure du poumon peut produire presque tous les symptômes d un épanchement pleural : matité, diminution des vibrations thoraciques* diminution cl même disparition du murmure vésiculaire, quelquefois égophonie. Ces symptômes, spéciaux surtout aux épanchements moyens du péricarde, se produisent principalement chez les individus jeunes dont les parois thoraciques présentent un peu plus d’élasticité, ou encore chez les malades de corpulence grêle, à thorax étroit et aplati d'avant en arrière, ou à parois thoraciques peu épaisses. Dans ces cas, si l’on pratique une ponction exploratrice, on ne retire pas de liquide. C’est déjà là une indication. Voici un moyen simple de confirmer le diagnostic de psewrfo-pleurésie :

Quand le malade est dans la position verticale et surtout horizontale, les phénomènes de compression bronchopulmonaire sont naturellement à leur maximum, ainsi que les symptômes pseudo-pleurétiques. Mais, si vous faites placer le malade sur les coudes et sur les genoux, dans la position génu-pectorale, alors disparaissent tous les phénomènes de compression pulmonaire, et avec eux tous les symptômes pseudo-pleurétiques.

Nous avons, chez notrejeune malade, pratiqué une ponction exploratrice et nous avons retiré du liquide ; nous l’avons fait placer dans la position gémi pectorale, et les symptômes pseudo-pleurétiques n'ont pas varié, ce qui démontrait, par deux fois, que nous étions bien en présence d’un véritable épanchement pleural. Sans doute, dans ces conditions, l’observation de notre malade n'a plus autant d’intérêt; mais j’ai voulu en profiter pour appeler l'attention sur un symptôme encore mal connu de la péricardite avec épanchement. Ce symptôme devient encore plus intéressant s'il est vrai, comme I affirme Marfan sur la loi d’une autopsie, que la péricardite seche des enfants peut également s'accompagner de signes pseudo-pleurétiques dus à l’atélectasie pulmonaire.

SY M PTü.M ES PS EU Dü-AOR T 1 0 U ES.

III — Symptômes pseudo-aortiques.

Notre malade a présenté <1 autres symptômes <|ui auraient pu faire croire, à tort, à l'aggravation de la lésion aortique ; je veux parler des battements artériels <la cou et des battements de toutes les artères, sous l'influence de la péricardite. Ceux-ci existent déjà par le fait de l'insuffisance aortique; mais ils ont considérablement augmente dès l’apparition de la péricardite de la base, à ce point (pie les petites artérioles des extrémités venaient fortement frapper le doigt. Alors quelques médecins en ont conclu que l'insuffisance aortique avait subi une aggravation nouvelle par le fait de la seconde attaque de rhumatisme polyarticulaire. Cela est possible, ai-je dit; mais il est également possible que ces battements artériels soient dus à la seule péricardite. Car, il y a longtemps, Stok.es a insisté sur l'exagération des battements des artères cervicales sous l inlluenee de la péricardite de la base, et ce fait a une importance que nous allons comprendre.

Souvent, quand on voit pour la première fois un malade atteint de péricardite rhumatismale avec double frottement a la base, on peut croire à l’existence d'un rétrécissement et d'une insuffisance aortiques, et cela surtout lorsque l'on constate ces battements artériels avec pouls vibrant, caractéristique de la maladie de Yieussens ( I ). L’erreur est possible, et je sais des cas où elle a été commise. Il suffit d cire mis en garde contre celte erreur pour pouvoir l’éviter, et cliez notre malade, j'ai démontré, par la diminution des symptômes artériels coïncidant avec la disparition de la péricardite, que c'était à celle dernière, et non à l'aggravation de la lésion aortique, qu'il fallait rapporter l’accentuation des symptômes observés.

(1) Maladie de Yieussens et non « de Cnrrigan », puisque j’ai démontré ( Société médicale des tiopilaao. 181)4) que Yieussens a découvert l'insuffisance aortique plus d'un siècle avant Corrigan.

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Au point de vue thérapeutique , la connaissance de ces symptômes pseudo-pleurétiques et pseudo-aortiques a une grande importance, puisqu'elle permet d’éviter des fautes graves de traitement. Nous avons démonlré aussi qu'au point de vue du pronostic , l’existence des battements artériels dans la péricardite aiguë a une certaine valeur, puisqu'elle est liée assez souvent a cette maladie et non pas à l'aggravation d'une insuffisance aortique.

ERREURS CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES

I. Erreurs ci. iniques. — Trop d'importance attribuée aux signes physiques. cl pas assez aux troubles fonctionnels. Etude des maladies valvulaires suivant leur siège anatomique. Fausse hypertrophie cardiaque de croissance, de la grossesse, dans l'anémie et la chlorose. Asyslolie dans les maladies de l’appareil digestif. Souille ielériqite. Névralgies anévrysmales. Dyspnée toxi-alimentaire. Asthme et emphysème. Bruit de galop droit. Fpilepsic el hystérie cardiaque. Dédoublement physiologique du second bruit du cœur. Insuffisances valvulaires fonctionnelles. Angine île poitrine. Rétrécissement mitral el grossesse. La mort subite dans les anévrysmes. Los épanchements pleuraux dans les cardiopathies. L’asystolie. Abus de l’artériosclérose et de l'hypertension artérielle.

IL Erreurs thérapeutiques. — Digitale et cardiopathie artérielle arythmique. Abus de la médication indurée. Aortite syphilitique et abus de l'iodure, des injections mercurielles. Anesthésie chloroformique des eardiopathes. Abus des révulsifs et des vésicatoires. Abus de l'hypertension artérielle. Stations hydrominérales. Digitale dans le rél récissement mitral, les dégénérescences du myocarde, les allée Lions valvulaires. Indications thérapeutiques dans la pneumonie des artérioseléreux et surtout des vieillards. Arythmies respiratoires.

Dans l'introduction du troisième et dernier volume du Traité des maladies du cœur et de l'aorte, paru eu lfiO.'i, plusieurs années après la première partie de l’ouvrage, je donnais ainsi l’explication de ce retard un peu volontaire :

« En terminant cette étude des maladies du cœur (pie je poursuis depuis l’année 1H70, date de mon premier travail sur la myocardite varioleuse, j’ai vu que de grosses erreurs avaient cours dans la pathologie cardiaque, et par conséquent dans la thérapeutique. Or, il faut parfois plus de temps pour détruire une erreur que pour édifier des vérités. C’est pour cette raison que, recommençant par la longue observation des faits a t< écouter la nature », comme je disais dans la préface du premier volume, je suis arrivé à rectifier d'une

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façon i| ne j’espère ot souhaite définitive certaines allégations erronées sur les cardiopathies. »

Le travail auquel je vais me livrer aujourd'hui est ingrat, difficile, cependant très opportun et profitable, .le I appuie sur plus de trente années d’expérience et sur plus de I r> 000 observations; elles m’autorisent à parler, elles me font un devoir d'affirmer que de nombreuses erreurs pathologiques et thérapeutiques ont été et sont encore commises sur les maladies du cœur. Sans doute, ces erreurs ont été déjà en grande partie signalées par nous dans les chapitres précédents. Mais, il nous semble utile de les réunir rapidement dans une \ue d'ensemble.

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