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ERREURS THÉRAPEUTIQUES

C'est à elle qu'appartiennent Yembryocardie (ou rythme fœtal des bruits du cœur de Stokes, la bradydinstolie caractérisée d'après mes observations, par la prolongation insolite de la pause diastolique et dans laquelle la digitale est complètement contre-indiquée puisqu'elle est, en quelque sorte, la complice de la maladie en allongeant elle-même la diastole.

Poursuivant cette étude, mon ancien interne II. (iiltel dans ses recherches, à ma clinique, sur le « coefficient chronologique du cœur», montre ainsi qu'il y a plusieurs sortes de tachycardies : les unes cyuilibreos, c’est-à-direavec conservation normale des actes constitutifs de chaque révolution cardiaque, ce qui est l’exception; les autres diastolisantcs ; d’autres cniinsystolisanlrs , c’est-à-dire avec diastole diminuée. Contre celles-ci la digitale fait merveille, en substance diastolisante qu’elle est; elle renforce la systole et la raccourcit, tandis qu'elle prolonge la diastole et qu'elle facilite ainsi le remplissage du cœur. Mais, dans les secondes, elle est absolument contre-indiquée, parce que l’on peut établir cette loi: « A maladie diastolisante, pas de médicament diastolisant » (1).

Sans doute, on peut m’objecter qu’ici il s'agit de tachycardie et non d'arythmie. Mais, je réponds qu’il faut admettre une variété d’arythmie d’après la forme, c’est-à-dire d’après la durée variable de la systole ou de la diastole, du petit ou du grand silence. On a eu un grand tort de la méconnaître puisqu'elle donne lieu à des indications thérapeutiques tout à fait spéciales et que, trop souvent méconnue, elle a fait commettre bien des erreurs de pronostic et de traitement.

Voilà donc trente-trois erreurs cliniques cl thérapeutiques (la liste n’étant pas close !)que je v iens de dénoncer, en m'appuyant sur une expérience déjà longue et sur près de 20 001) observations. En comptant même plus rigoureusement, on trou-

il) II. Gillet, Rythme des bruits du cœur, 1804. Cardiographie clinique; coefficient chronologique du cœur (Soc. de méd. de Paris. 2~ novembre 1000).

ERREURS CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES

verait <j u e ces trenle-trois erreurs dépassent plutôt le chiffre de soixante, surtout si l’on a soin de faire figurer celles qui ont encore cours dans la science au sujet de l'artériosclérose et des myocardites, celles qu'on a commises dernièrement d’une façon si lamentable, puisqu'elles se sont terminées par la mort rapide ci presque subite, avec la médication intensive par les injections intraveineuses et sous-cutanées de stroplumtine (page 142).

Quelques-unes de mes affirmations paraîtront peut-être un peu hardies pour quelques médecins, ou même imprudentes... Mais, j’ai confiance dans les décisions que nous apportera l’avenir, puisque déjà un assez grand nombre de ces erreurs ont été reconnues.

En écrivant ce livre, j'ai poursuivi deux buts : d'abord celui de démontrer que dans l’étude des maladies, (pie dans la pratique de notre art, le pronostic a une importance considérable, et telle a été ma première pensée en entrant dans la vie médicale avec ma thèse inaugurale de 1872 sur les « causes de la mort dans la variole » où j’ai tout d'abord rappelé celte profonde parole de Borsieri : « La marque suprême d'un sage et véritable médecin consiste à présager sûrement ce que la maladie offre d'espérance et de danger, à pénétrer sa tendance, la terminaison où elle marche. »

Mon second but a été de donner un démenti à... Voltaire qui a prononcé cette irrévérencieuse boutade : « La médecine consiste à mettre des drogues qu’on ne cannait pas dans des corps (pie l’on connaît encore moins. » Or, nous commençons à connaître ces drogues, à connaître les maladies et les malades, la définition de la médecine clinique devant être la suivante :

La physiologie de la maladie , du malade , du médicament.

TABLE DES MATIERES

Avant-pkopos

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