‹ Maladies du cœurChapitre 35 sur 204 · GASTROPATHIES ET VASO-CONSTRICTION PULMONAIRE. 8S · texte numérisé non relu

GASTROPATHIES ET VASO-CONSTRICTION PULMONAIRE. 8S

Par l’expérimentation, Morel, François-Franck, Barié auraient vu se produire chez les animaux une élévation de tension dans l’artère pulmonaire, après avoir provoqué des excitations diverses sur la muqueuse stomacale, sur l’intestin et sur le l'oie (1).

Ainsi l’estomac malade retentirait sur le poumon d’abord, sur le cœur ensuite. Mais l’acte réflexe s’arrêtant parfois au poumon, les symptômes dyspnéiques seraient prédominants, ce qui avait fait dire à tort à llirtz (de Strasbourg) : « Quand un malade se plaint du cœur, cherchez au poumon. » 11 est plus juste de dire : Quand un malade non atteint de cardiopathie organique se plaint du cœur, cherche?: à l'estomac.

Je ne nie certes pas, dans les affections du poumon, le retentissement réflexe sur le fonctionnement cardiaque. Mais je le crois plus rare qu’on le dit, et lorsque, dans le cours d’une pneumonie ou d’une autre maladie infectieuse, le cœur est atteint, c’est en raison soit d’une myocardite chronique antérieure, soit d'une complication de myocardite aiguë, très rarement par suite d’une action réflexe. Celle-ci peut être invoquée seulement dans certains cas, et longtemps avant llirtz (de Strasbourg), Sénac avait écrit: « Les nerfs sympathiques, ces instruments qui transportent les maladies d'une partie dans une autre, en agitant le poumon ou en étant agités eux-mêmes par les maladies de ce viscère, peuvent troubler l’action du cœur. »

Il ne faudrait pas croire que toujours les choses se passent ainsi, et que l’acte réflexe aboutisse invariablement à l’augmentation de la tension dans la petite circulation.

(1) Potain, Association française pour l’avancement des sciences, 1878, 1879, 1885, et Semaine médicale, 1888. — Morei., Thèse inaugurale, Lyon, 1879. — Rendu, Bulletin de V Académie de médecine, 1881. — François-Franck, Barié, Revue de médecine, 1888. — Lecreux, Thèse de Lyon. 1888. — Gouitteau, Thèse de I*.» ris. 1894. — H. HüCHARD, Journal des praticiens, 1896. — Y Araitua, Las palpitaciones de origen dispeptico. Madrid, 1896. — Bonnavmé, Thèse de Lyon, I960. — A. Robin, Les maladies de l’estomac, 1904.

ESTOMAC ET CŒUR

La clinique nous apprend, en effet, que le retentissement des affections du tube digestif peut se faire sur le cœur par le seul intermédiaire de son appareil d’innervation sans participation de l’élément vaso-moteur, et c’est pour cela (pie vous observerez souventde la tachycardie, de l’arythmie, des sensations anginiformes, des faux pas du cœur, des intermittences, en l’absence de tout retentissement diastolique à gauche du sternum, signe révélateur de 1 hypertension dans la petite circulation, et aussi en l’absence de tout symptôme cardio-pulmonaire (1).

En 1891, j’ai vu une femme de cinquante-trois ans, dont le cœur, devenu très arythmique sans cause apparente, depuis trois années environ, avait éveillé chez plusieurs médecins l’idée d’une cardiopathie vraie : affection mitrale sans souille, disait-on, ou encore cardiosclérose à forme arythmique. Pour des raisons qu’il est inutile d’énumérer ici, ces deux diagnostics ne pouvaient être sérieusement maintenus. Je penchais vers le dernier, et j'abandonnais celui de « troubles fonctionnels cardiaques d’origine gastrique », parce que, trop imbu des idées prépondérantes alors, je ne constatais pas et je n’avais jamais constaté chez cette femme les signes d’une augmentation de tension dans la petite circulation. Tout en n’ayant pas alors la ressource de l’examen du suc gastrique, je dirigeai la médication du côté de l’estomac, et en quelques mois cette fausse cardiopathie de plusieurs années disparaissait complètement.

2° Origine gastrique et uricémique des intermittences cardiaques. — La malade dont je viens de parler était également tourmentée par des intermittences fréquentes, se traduisant toujours par deux sensations : une sensation d'angoisse et ensuite de palpitation. On la croyait aussi atteinte d’angine de poitrine avec maladie du cœur. Car, ne l’oubliez pas,

(1) II. IIuchard, Traitement des arythmies. Thérapeutique appliquée de A. Robin. — II. IIuchard, Traité des maladies du cœur et de l’aorte 3e édition, 1899-1905.

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