‹ Maladies du cœurChapitre 36 sur 204 · GASTROPATHIES ET VASO-CONSTRICTION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

GASTROPATHIES ET VASO-CONSTRICTION PULMONAIRE

les intermittences vraies, c’est-à-dire celles qui sont dues à l'absence complète, sensible au cœur et au pouls, d'une contraction cardiaque, donnent instantanément la sensation d’une véritable angoisse d’une durée à peine appréciable, et comme la contraction ventriculaire suivante est ordinairement plus forte que celles qui l'ont précédée, ainsi «pie le montrent les tracés sphygmographiques, les malades traduisent celte seconde sensation par l'expression d une palpitation « en coup de boutoir ». Ici il n'y avait ni angine de poitrine, quoique l’angoisse précordiale fût réelle et même très profonde, ni palpitation au sens vrai du mot.

Vous serez ainsi souvent consultés par des malades plus ou moins effrayés en raison d'intermittences cardiaques dont ils ont conscience, et j'ai vu parfois des médecins prononcer à ce sujet le nom de cardiopathie. Il n’en est rien le plus ordinairement, et quand ces intermittences existent seules , elles sont très rarement l'indice d'une maladie du cœur.

L’abus du café, du thé, du tabac surtout, les troubles digestifs sont les causes les plus fréquentes de ces intermittences. Celles-ci même persistent chez certains sujets avec une opiniâtreté singulière, résistant à tous les traitements, disparaissant sans raison apparente pendant des semaines pour reparaître ensuite, et, chose singulière, elles cessent souvent par l’exercice et par la marche pour se reproduire surtout à l’état de repos. Murchison a écrit que ces intermittences peuvent être provoquées « par l’usage de certains aliments », et je crois qu’il est dans le vrai, si nous ajoutons qu'elles doivent être sous la dépendance de troubles digestifs ou viscéraux; il a même cité l’exemple d'un goutteux dyspeptique, arrivé à l'àge de quatre-vingts ans après avoir présenté pendant cinquante années des intermittences cardiaques. .le n’ai pas naturellement d’exemple d’une pareille durée à vous rapporter; mais j’observe beaucoup de malades qui présentent ces intermittences depuis dix ou quinze ans, sans autre trouble circulatoire et sans aucun indice de lésion cardiaque.

ESTOMAC ET CŒUR

Le plus souvent, elles sont en rapport avec des erreurs ou des fautes de régime alimentaire, et c'est ainsi que la « dyspepsie des diplomates » (ainsi que je 1 appelle), des gens du monde, des hommes de gouvernement, obligés d’aller dîner trop souvent en ville, engendre de fausses cardiopathies caractérisées par de l’arythmie, des palpitations et des intermittences cardiaques. Celles-ci ne sont donc pas « physiologiques », comme plusieurs auteurs tendent à le croire, et.il n’est pas juste de regarder, avec Schmalz (de Dresde), Y arythmie sénile comme un phénomène presque normal à un âge avancé. Sénac a vu une grande partie de la vérité, lorsqu’il a écrit : « L’intermission du cœur est ordinaire dans la vieillesse, dans l'enfance, sans qu'elle menace d'aucune suite fâcheuse ; il y a même des corps auxquels elle est naturelle : elle vient très souvent de causes sympathiques. » Andral a émis la même opinion.

3° Vaso-constiuction périphérique. — Une autre cause souvent méconnue de palpitations et d’intermittences cardiaques réside dans un état de vaso-constriction périphérique , assez fréquente chez les anémiques, les chlorotiques, surtout chez les uricémiques, par suite de l’action vaso-constrictive de l’acide urique. Dans ces cas, la médication doit viser le spasme vasculaire, le cœur périphérique et non le cœur central. Elle doit s’adresser aux agents vaso-dilatateurs et hypotenseurs, c’est-à-dire à la trinilrine , au tétranitrol, au nitrite de soude, au massage méthodique, à V alimentation lactovégétarienne, aux réducteurs de l’acide urique, c’est-à-dire à Yacide thy minique , à la dose de 0sr,15 pour 0gr,40 de théobroinine deux ou trois fois par jour, au quinate de lithine (à la dose de 25 centigrammes dans un cachet, deux ou trois fois par jour), à la théobromine bcnzolithinée (renfermant par cachet 25 centigrammes de théobromine, de carbonate de lithine et de benzoate de soude).

La notion du spasme des vaisseaux périphériques est utile à connaître; car elle évite des erreurs de diagnostic et elle

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