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III. — Mort par irritation des extrémités nerveuses

Voilà des faits, et il en existe bien d’autres démontrant cliniquement l’exactitude de ce principe physiologique de Claude Bernard : « La partie d'un nerf où l’on peut produire la plus vive excitation est la périphérie » (1). Je vous ai mentionné les expériences de Brown-Séquard, de Claude Bernard et de Goltz, expériences déjà anciennes puisqu’elles datent de 1856 et 186.3, et il n'est pas inutile de vous les décrire en deux mots. En percutant l'intestin d'une grenouille, ils ont réussi à provoquer un arrêt plus ou moins prolongé du cœur. Celui-ci ne se produit plus après la section préalable des pneumogastriques, ce qui prouve en même temps que l’action réflexe se propage le long de ces nerfs. On comprend alors ces morts subites et inopinées à point de départ intestinal, observées dans la

(1) Courbon-Perusel (Courbon-Perusel, Journal de médecine et pharmacie, 1800) aurait cité plusieurs observations de morts subites sans autre lésion que la présence d'un grand nombre de lombrics dans l’intestin. Mais ces observations manquent d’un contrôle anatomique sérieux. — Martineau, Société médicale des hôpitaux, 1875.

CŒUR PHYSIQUE ET CŒUR MORAL

convalescence de la fièvre typhoïde, ou encore à la suite de la ponction d’un kyste du foie, d’après Martineau, une simple paracentèse abdominale ou l’ouverture d’un kyste de la rate, à la suite d’un coup sur l'épigastre, comme on a pu observer des syncopes après l’ingestion d’eau glacée.

La production de ces accidents n'est pas due seulement à l'irritation de l’extrémité des nerfs viscéraux, elle est encore imputable à celle des nerfs périphériques. Ce qu’il faut craindre dans la chloroformisation, surtout dans celle des cardiaques, c’est la persistance d’un réflexe due à une anesthésie incomplète, d’où les morts subites signalées par Jones, Lauder- Brunton et Willième en 1875, à une époque où l'on endormait insuffisamment les cardiopathes soumis à une opération chirurgicale. J’ai démontré que la seule manière d’éviter ces accidents mortels, c’est d’endormir complètement les malades afin de supprimer les réflexes (1).

Mais les réflexes moraux ne peuvent être aussi facilement évités, et c’est ainsi que se produisent des syncopes mortelles par émotion. Aux exemples que .j’ai déjà signalés, on peut ajouter les suivants :

On est sur le point d’opérer une hernie étranglée sans chloroforme. Au moment où le chirurgien Miller divise la peau, comme le raconte Simpson, le malade s’évanouit et meurt. — Avant même le commencement de l’opération d’une hernie étranglée, John Argyll voit un malade atteint d’une syncope mortelleau moment où il prenait le bistouri. — Lauder-Brunton cite des faits à peu près semblables, et Cazenave raconte l’histoire d’une syncope mortelle survenue chez un homme de soixante ans par frayeur d’une opération de la taille (2).

(1) 11. IfucHAKi), ConsulLalions médicales, l. I. Thérapeutique clinique. Paris, 1909.

(2) Jones, lirilish medical Journal , 1875. — Lauder-Bhunton (pendant une avulsion dentaire) cité par Hosteing ( loc . cit.). — Willième (avulsion dentaire). Congrès de Bruxelles, 1875. — John Aiigyll, Surgical practice, 1846. — Cazenave, Gazelle des hôpitaux, 1866.— Lauueu-Buunton, Abernelhian Society.

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