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LE TRAITEMENT 1IYDR0MINÉRAL EST-IL CURATIF

système vasculaire, le primum movens de tant d’accidents divers. Ces accidents sont justiciables de ia cure hydrominérale; mais, en les faisant disparaître par une thérapeutique rationnelle, vous n’aurez pas guéri une myocardite.

t>° Si on annonce encore des guérisons d’angines de poitrine par une cure hydrominérale, c’est parce que des erreurs de diagnostic ont été commises, et qu'il s’agit de juseut/o-angines de poitrine, mais non de sténocardies coronariennes. Inutile d'insister.

Si on annonce la guérison d’une « affection du cœur », caractérisée seulement par des intermittences, des faux pas, des palpitations ou de l'arythmie, on se trompe encore parce qu’il s’agit souvent de troubles fonctionnels.

Alors, pour grossir les statistiques favorables, pour multiplier les cas de pseudo-guérisons, pour attribuer les vertus d’une eau véritablement miraculeuse à une station hydrominérale où quelques intérêts commerciaux sont engagés, on en vint, autre part qu’en France, à inventer (non pas à découvrir) une maladie, la dilatation du cœur, pour laquelle la radioscopie, nouvellement née, a d'infinies complaisances. Le cœur est gros, et même très gros, au commencement delà cure. Impossible de le nier; les rayons X, sous certaine incidence, ont parlé! Puis, à la fin du traitement, le malade, rempli d’admiration, emporte avec lui le témoignage de sa guérison, avec une belle image radiographique lui montrant un organe considérablement réduit..., parce que cette fois son cœur avait été pris bien en face, non pas obliquement, comme au début de la cure hydrominérale! Eli bien, j’admets encore que tout ceci soit inexact, qu’il y ait partout des médecins consciencieux, modestes et honnêtes, et j’affirme que la réduction d’une cardiectasie ne prouve rien, pour plusieurs raisons : 1° parce que le cœur est sujet à des variations considérables de volume; o° parce que la cardiectasie n’est pas une maladie, mais un résultat; 3° parce que la cardiectasie n'est pas une , que certaines d’entre elles se réduisent par le simple repos, par la Huchabd. — Consultations médicales, t. II. H

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disparition de toutes les causes qui lui onl donné naissance, par la guérison ou 1 amélioration de 1 état gastro-intestinal, de troubles biliaires ou hépatiques; 4° parce qu il résulte des expériences de Burney Yeo, de Crawfurg et de Bousfield, qu a la suite de bains gazeux salins la diminution de 1 aire de la matité cardiaque est due principalement à une modification du type respiratoire qui atFecte surtout le type costal supérieur (ti.

7° Autrefois, on avait la prétention de guérir des affections valvulaires en s’adressant à la cause, à la diathèse qui les avait produites. Alors, la thérapeutique était très simplifiée, et le traitement hydrominéral des cardiopathies rhumatismales ou goutteuses ressortissait aux eaux diverses affectées à la cure de ces états diathésiques.

Ce n'était là qu’une théorie. Les affections valvulaires chroniques sont, comme le disait Stokes, les cicatrices d'une blessure, ce sont des maladies émancipées de leurs causes, des affeetionsjoa/’a-rhumatismales,^/ /"«-goutteuses, comme il y a des affections //ara-syphilitiques, ainsi appelées par Fournier (tabes, paralysie générale, anévrysmes d'origine syphilitique et non plus de nature syphilitique). Je m'explique.

Un malade est atteint d'une artérite cérébrale syphilitique, et le traitement spécifique est tout-puissant, parce que la lésion esta la fois d’origine et de nature syphilitiques. Puis, sous l’influence de l’artérite oblitérante, il se produit une thrombose artérielle et plus loin un foyer de ramollissement encéphalique : lésion d'origine, mais non plus de nature syphilitique, et le traitement de la cause n’aura naturellement aucun effet.

11 en est de même pour un grand nombre de lésions chroniques d’origine goutteuse ou rhumatismale, et le colchique, le salicylate de soude seront aussi inutiles et inefficaces que es eaux dites antirhumatismales ou antigoutteuses.

(1) Burney Yeo, The Practitioner, janvier 1902.

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Dans le stade subaigu de certaines affections valvulaires du cœur, la maladie orificielie n’est pas encore constituée; vous pouvez alors espérer la restitutio ad integrum , qui s’opère souvent spontanément, il faut bien le dire. En lout cas, la thérapeutique hydrominéraley^mnen/, mais ne guérit pas; elle combat le rhumatisme, elle prévient par là de nouvelles poussées endocarditiques qui peuvent singulièrement aggraver une lésion valvulaire préexistante, et en se plaçant sur ce terrain, je m’empresse d’affirmer, de proclamer qu’elle est douée d’une grande puissance. Mais dire qu’elle peut réduire des exsudais inflammatoires chroniques, devenus presque cicatriciels, c’est commettre une double hérésie, clinique et thérapeutique, contre laquelle on ne saurait trop protester. Et, puisqu’on cite souvent Bordcu en science hydrologique, on me permettra d’invoquer à mon tour son témoignage : « On peut assurer qu’en général les médecins oublient trop aisément les malheurs qui leur sont arrivés. Je ne sais quelle fatalité nous conduit toujours, malgré nous, à nous rappeler et à nous grossir le nombre des malades que nous avons guéris. »

J'ai insisté sur les principes de thérapeutique générale qui m’ont toujours guidé, qu’il s’agisse de cardiopathies valvulaires ou artérielles. Le tort que l’on a eu a été de chercher toujours la compensation, qui est un acte pathologique, cl non pas l'adaptation, qui est un acte vital. Le tort a été de ne voir que le cœur central, — plus entraîné qu’entraineur, — et de ne pas agir suffisamment sur le cœur périphérique, représenté par tout le système vasculaire. Le tort a été de chercher toujours des guérisons organiques, celle pierre philosophale de la thérapeutique, et non pas les guérisons fonctionnelles que nous pouvons toujours obtenir. Il a été de confondre souvent les guérisons apparentes cl les guérisons réelles. Il a été de croire qu’un mince filet d’eau minérale est capable d’obtenir des cures miraculeuses, el de ne pas accordera la médication adjuvante, uni devient ici dominante, l’importance qu'elle mérite.

CŒUR, STATIONS 1IYDROMIN ÉRALES ET CLIMAT.

Je ne sais plus où .j'ai lu cette phrase, mais elle contient a la fois une injustice et une erreur : « Il y a des médecins qui n’ont fait qu’ajouter au traitement hydrominéral le massage et la gymnastique médicale ». Or, ces médecins ont sagement agi, en véritables cliniciens, en bons observateurs qui ont « écouté la nature », comme Cuvier le disait autrefois. J’ajoute qu’ils ont accompli une œuvre importante, puisqu ils ont placé la thérapeutique hydrominérale des cardiopathies sur son véritable terrain, <pi ils l’ont élevée a la hauteur d une thérapeutique physiologique. Un médecin qui se contenterait de faire ingurgiter quelques verres d’eau ou de prescrire quelques bains à ses malades, ressemblerait à un général d’infanterie qui ne voudrait ni de l’artillerie, ni de la cavalerie pour combattre et vaincre l'ennemi.

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