‹ Maladies du cœurChapitre 65 sur 204 · SIA T IONS II V DHOM I N É H A I. ES · texte numérisé non relu

SIA T IONS II V DHOM I N É H A I. ES

diminue dans des proportions notables, le pouls est moins instable et le bruit de souille se précise davantage. Car nous sommes loin du temps où l'on voyait dans la disparition ou l’atténuation du souflle la guérison ou l’amélioration d’une endocardite confirmée. Les cas les moins favorables sont ceux dans lesquels il y a à la fois lésion de l’endocarde et du péricarde. Très souvent, l’insuffisance aortique des jeunes sujets, surtout dans la convalescence d’une crise rhumatismale, s’accompagne de tachycardie paroxystique. Presque toujours, le traitement hydrominéral fait disparaître ces troubles d’innervation cardiaque surajoutés à la lésion. Le traitement hydrominéral cl es cardiopathies valvulaires augmente la période de tolérance de la maladie et retarde ainsi l’emploi des médicaments cardiotoniques.

Tels sont les résultats remarquables obtenus par Piatot à Bourbon-Lancj depuis plusieurs années sur plus de 900 malades observés par lui dans le traitement de l’endocardite récente. C est parce que j’ai pu toujours les confirmer que j’insiste particulièrement sur les bienfaits de la cure hydrominérale qui a été trop délaissée et (pii n’est pas encore suffisamment connue au point de vue de ses indications précises.

Bourbon-Lancy (département de Saône-et-Loire), à une altitude de 240 mètres, renferme six sources {le Lijmbe , la plus chaude, à 58° avec un débit de 300 mètres cubes en vingt-quatre heures; la Heine dont les propriétés anti-uricémiques et diurétiques sont remarquables ; Saint-Léger, Valois , Descures , Source noa.ee/le). Ce sont des eaux chlorurées faibles (lsr,283 de chlorure de sodium d’après Wilm, au lieu de 30 grammes à Nauheim); elles sont de plus bicarbonatées mixtes, indurées et arsenicales.

Dans un travail sur les propriétés radio-actives des eaux minérales, Piatot, exposant le résultat des recherches de Curie et Moureu au sujet des sources la Heine et le Lymbe de Bourbon-Lancy, montre toute l’importance qu on doit

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attacher à la radio-activité pour expliquer l’action thérapeutique de certaines eaux thermales peu minéralisées.

Situé au centre d’un pays riche en minerais radifères (Danne et Lacroix), Bourbon-Lancy est une station hydrominérale chlorurée sodique dont l’histoire médicale remonte à plus de trois siècles, et dont les propriétés thérapeutiques incontestées n'avaicntété jusqu’ici révélées que par l’observation clinique. Son eau faiblement minéralisée (lsr,80 par litre), hyperthermale (49e à 58°), jaillit d’une grande profondeur dans la faille qui termine à l’ouest les terrains cristallins et anciens du Morvan, et présente un fort dégagement de gaz, constitué surtout par de l’azote et ayant des propriétés radio-actives importantes. L’eau elle-même possède en dissolution une petite quantité d’émanation du radium. Quant aux gaz qui ont fait l'objet d’une étude approfondie de Moureu, ils contiennent 3,04 p. 100 de résidu argon-hélium , supérieur à celui de toutes les sources étudiées jusqu’ici.

S’il n’y a pas corrélation absolue entre les propriétés radioactives des eaux et l’importance du résidu, cela tient vraisemblablement, à ce que les unes perdent plus rapidement que les autres leurs propriétés radio actives. Mais, comme Curie a démontré, en se basant sur la présence constante de l’hélium dans les minéraux radio-actifs, que ce gaz se produit régulièrement par la décomposition du radium, il est logique de penser que la présence de l'hélium est une indication de l’existence du radium dans les couches^ profondes, et qu’au griffon des sources, les eaux les plus radio-actives sont celles qui contiennent le plus de résidu (argon et hélium).

Pratiquement, ce fait est de la plus haute importance et explique bien ce qu’on avait observé depuis longtemps, que les eaux prises à la source sont supérieures aux eaux transportées et <pie les installations balnéaires donnent des résultats d’autant plus parfaits qu’elles sont plus rapprochées de la sortie du sol des eaux minérales. Cela rend compte aussi de l'action si remarquable des étuves spontanées de Bourbon- Lancy qui reçoivent les vapeurs telles qu’elles se déga-

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gent de l'eau du Lymbe, située clans leur voisinage immédiat.

Un point également intéressant est le suivant : c’est une véritable révélation, nous dit Laborde, de constater que les eaux minérales qui se sont montrées le plus radio-actives sont les moins minéralisées. La radio-activité donnerait-elle la clef du mystère qui a frappé de tout temps les médecins s’occupant d’hydrologie? « Tous les médecins, disait Constantin James, ont constaté le désaccord qui existe le plus souvent entre l'action thérapeutique des eaux et ce qu’on sait de leurs principes minéralisateurs. Mais qui pourrait affirmer que la science a dit son dernier mot et que nous ne trouverons pas un jour, dans les eaux minérales, cette inconnue, ce quid divinum que ni la chimie ni l’observation médicale n’ont pu encore isoler? »

Dé jà, en 189li, au Congrès d’hydrologie de Clermont-Ferrand, Jays (de Beaulieu-sur-Mer), dans une note sur la manière d’envisager l'action des eaux minérales, avait entrevu la solution du problème, et je suis heureux, à ce sujet, de rendre justice à sa grande clairvoyance en le citant :

« Les eaux minérales sont des eaux pluviales qui, grâce à la nature volcanique du sol où elles sont tombées, ont pu pénétrer en suivant les failles de la roche cristalline à des profondeurs excessives. Là, elles ont subi le contact des roches possédant des températures extraordinairement élevées, et des états moléculaires dont nous ne pouvons nous faire la moindre idée. En remontant à la surface du sol, sous l’elfet des poussées souterraines, elles nous rapportent, en partie du moins, les puissantes radiations qu’elles ont puisées aux immenses profondeurs auxquelles elles sont descendues; ces radiations dont elles sont le véhicule peuvent être regardées comme la source de l’action mystérieuse qu'elles exercent sur nos organes. Il est probable que ces mouvements vibratoires sont différents de ceux que nous connaissons sous les noms de chaleur, lumière, électricité, magnétisme. Du reste, la découverte des rayons X montre que, dans cet ordre d’idées, il est des horizons encore inexplorés par les physiciens. »

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C’est ainsi <|iie Jays s'exprimait il y a dix ans, et ne peuton pas dire qu’il a été, à ce point de vue, un véritable précurseur ?

En vertu de ses propriétés radio-actives, Bourbon-Lancy a comme résultante thérapeutique la sédation qui s’exerce sur le système nerveux et sur l’appareil circulatoire, une action doucement stimulante sur la nutrition générale qui se traduit dans les analyses d’urines par une augmentation du rapport de l’azote de l’urée à l’azote total et une influence anti-rhumatismale nettement établie, influence qui 11e peut pas toujours s’expliquer par la haute thermalité des eaux.

Frappés depuis longtemps par la richesse en azote des eaux sédatives, les membres de la Société d’hydrologie avaient discuté, au cours de la session 1896-1897, les rapports possibles de l’azote et de l’action sédative des eaux minérales. A. Robin et Binet avaient entrepris de résoudre par l’expérimentation ce problème resté jusqu’alors insoluble. Actuellement, la question a fait des progrès, et nous pouvons nous demander, avec Laborde, si l’émanation du radium contenue dans certaines eaux minérales n’a pas une action sur l’organisme, quand nous nous rappelons que cette émanation a des actions physiologiques indiscutables, et si cette action n’est pas surtout la sédation; d’autant plus que, dans un rapport qu’il fit à l’Académie de médecine, Raymond dit que l’action analgésiante semble être l’apanage de tous les corps radiants. « L’action analgésique des substances radio-actives m’a d’autant plus séduit que nous ne connaissons que fort peu de moyens capables de diminuer aussi rapidement et aussi énergiquement les manifestations douloureuses en général. L’emploi des doses infinitésimales constitue une heureuse solution pratique de la question. »

•lusqu au jour où les propriétés radio-actives des eaux thermales ont été démontrées, j’avais toujours été étonné, tout en les constatant cliniquement, des résultats remarquables obtenus par les eaux de Bourbon-Lancy dans le traitement

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des maladies du cœur Aujourd'hui, mon étonnement cesse et je comprends : « Par son climat, par la composition chimique de ses eaux, par ses propriétés radio-actives, Bourbon- Lancy possède une action sédative tout à fait spéciale, s’exerçant à la fois sur le système nerveux et sur les fonctions circulatoires, action sédative qui rend compte encore de ses excellents effets dans les cardiopathies fonctionnelles : pseudohypertrophie cardiaque de croissance et éréthisme cardiaque, palpitations nerveuses et réflexes, tachycardie paroxystique, angine de poitrine névrosique et angine vaso-motrice ». Comme je l'ai démontré avec Piatot, les diverses tachycardies et la tachycardie paroxystique sont souvent très améliorées et même guéries par une ou plusieurs cures à Bourbon-Lancy (1).

D'après les recherches de Laborde et Curie, les eaux qui présentent le maximum de radio-activité sont celles de /tains, Bourbon-Lancy , Luxeuil , Plombières et N cri s en France, de Gastein en Autriche. Comme le fait remarquer Félix Bernard dans son rapport présenté au Congrès de Venise, rapport qui a suivi de huit mois le travail déjà si documenté de Piatot, ces eaux, classées pour la plupart parmi les « indéterminées », sont connues depuis longtemps par leurs propriétés sédatives; elles calment les algies et l’éréthisme nerveux, que cette sédation se localise sur la sphère abdominale comme à Plombières, sur l’utérus à Luxeuil, sur le cœur et les affections rhumatismales à Bourbon-Lancy. ou encore qu'elle se manifeste sur le système nerveux en général comme à Néris (2).

La radio-activité contribue donc à nous faire comprendre le mécanisme réel des effets remarquables et jusqu'à ce jour inexpliqués de certaines eaux minérales dont la composition

(1) Piatot. Quelques considérations sur les propriétés radio-actives des eaux minérales. Protat frères, Mâcon, mars 1905. — IIuchard et Piatot, Traitement hydrominéral des tachycardies (Congrès île physiothérapie de Home, 1907). — Piatot, Clinique h y écologique, 1909.

(2) Félix Bernaud, De l’état actuel de nos connaissances sur les phénomènes attribuables à l’action radiothérapique des eaux minérales (Congrès de Venise, octobre 1905).

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chimique ne parvenait pas à nous instruire sur leur véritable action. C’est là un facteur important et nouveau dont il faudra toujours à l’avenir tenir un grand compte en science hydrologique. Car, comme le dit bardot, les propriétés si extraordinaires du radium et de ses dérivés ont bouleversé nos conceptions sur l’énergie, et en h y drologie comme en médecine, cet agent semble appelé à jouer un rôle très considérable (1).

2° Royal. — A l’étranger, on a fait grand bruit d’une station de bains carbo-gazeux, quand il en existe en France une demi-douzaine ( Châteauneuf, Chatel-Guyon, Saint- Alban , Saint-Nectaire , surtout Salins de Mouliers et Itoyat). On admet, avec une exagération voulue, que ees bains aboutissent aux résultats suivants : ralentissement et augmentation d’amplitude du pouls, réduction de cette singulière cardiectasie dont nous avons parlé (cardiectasie providentielle pour quelques médecins, non pour les malades), prolongation de la diastole, renforcement de la systole, résorption des exsudais valvulaires, guérison des angines de poitrine coronariennes ! Ce sont là des miracles auxquels il ne faut pas croire, pas plus qu’à l’action trop intelligente de l'acide carbonique sur le pneumogastrique par les excitations nerveuses de la périphérie cutanée. Pour nous, les eaux thermales, comme les bains carbo-gazeux qui demandent à être maniés avec prudence, agissent, ainsi qu’on l'a dit, « par suite de la dérivation du sang dans tout le système capillaire de la peau ». C’est même ainsi que la thérapeutique d'adaptation est obtenue.

Cette question des bains carbo-gazeux a été étudiée très sérieusement dans mon service d’hôpital par mon ancien interne Mougeot. 11 a démontré leur action favorable sur la tension artérielle, sur le pouls, sur la ventilation pulmonaire, sur les échanges gazeux respiratoires et sur les oxydations, sur la diurèse et les autres sécrétions, même sur

(1) Baudet, Notions d'h //drologie moderne. Paris, 1909.

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la force musculaire (1). Il a démontré encore qu’à Royal , grâce à la température des eaux, à leur richesse en acide carbonique, le traitement des cardiopathies en imminence (l’asystolie et les diverses dilatations du cœur, nous possédons une station hydrominérale des plus active et des plus puissante. L'action des bains carbo-gazeux est connue depuis longtemps, puisque Laussedat a eu le grand mérite de la rappeler dès 1893 et que nous l’avons confirmée avec Mougeot, au sujet de l'hypertension artérielle (2). Comment se fait-il qu’elle n’ait pas été mieux utilisée?... Et cependant, dans cette belle station de l’Auvergne, située à une altitude de 450 mètres, à quelques kilomètres d’une grande ville (Clermont-Ferrand), pourvue de sources nombreuses et abondantes (les sources Eugénie et Saint-Mart fournissent chaque jour 152:2000 litres d’eau), possédant une température idéale (-(-35°, 5, source Eugénie) avec des bains carbogazeux à eau courante, avec une composition chimique qui en fait des eaux thermales, alcalines, gazeuses, chlorurées sodiques, ferro-arsenicales et lithinées, principalement utilisées contre la goutte, l’arthritisme et le neuro-arthritisme, l’anémie, la neurasthénie et contre certaines dyspepsies, les éléments de succès sont considérables. C’est là, comme à Brides, que les convalescents, que les débilités du système nerveux et de l’appareil circulatoire, que les cardiaques en hypotension et en imminence d’hyposystolie ou de dilatation du cœur, doivent être adressés, comme les travaux très consciencieux des médecins exerçant à cette station l’ont dé-

montré d’une façon victorieuse.

3° Évian. — Voici donc déjà deux eaux en France, celles de Bourbon-Lancy et de Royat, répondant pleinement aux deux indications relatives au traitement des cardiopathies

(1) A. Mougeot, Le bain carbo-gazeux, son action physiologique et, thérapeutique clans les maladies du cœur. Thèse de l'aris, 1903.

(2) II. Huchard et, Mougeot, L'hypertension artérielle et son traitement ( Congrès de physiothérapie de Rome, 1907).

Huchard. — Consultations médicales, t. IL 12

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rhumatismales et fonctionnelles, ail traitement des cardiopathies en imminence d'hyposystolie et de dilatation cardiaque. Pour les cardiopathies artérielles où le traitement rénal s’impose, où le fonctionnement normal de la diurèse est d’une importance capitale, où l’élimination chlorurée joue un grand rôle, une autre catégorie d’eaux minérales est indiquée, et c’est à Évian principalement, comme à d’autres eaux diurétiques, que ces indications sont complètement remplies. Comme je le disais déjà en 1893, « les eaux d’Évian me paraissent indiquées chez tous les artérioscléreux, et je sais par expérience qu'elles sont capables de produire de bons effets, en raison de la rapidité de leur absorption et de leur élimination. Comme les eaux diurétiques, elles obéissent à la principale indication de combattre l’imperméabilité rénale, phénomène précoce et constant de l’artériosclérose. A la première période des cardiopathies artérielles, Évian est efficace comme médication diurétique, anti-uricémique et vaso-dilatatrice (1) ».

Les médecins exerçant à cette belle station, située à une altitude de 372 mètres, au bord du lac Léman, n’avaient pas précisé les applications de ses eaux (bicarbonatées sodiques faibles, ayant une grande analogie de composition avec le sérum du sang) au traitement des cardiopathies artérielles ; mais je dois à la vérité de dire que leurs remarquables travaux, ceux de Bergouignan, Bordet, Chiais m’ont grandement inspiré à ce point de vue. Dé(jà, en 1900, Chiais montrait que la cure d’Évian accélère et régularise l’élimination des chlorures dans les affections où cette excrétion est entravée ou diminuée; puis, en 1903, il signalait l’augmentation des urines, de l’urée, des chlorures, la diminution de la tension artérielle et de la dyspnée. Bordet (1889) avait aussi noté chez les cardioscléreux l’augmentation de l’urée, la disparition de la dyspnée et des œdèmes, meme à la phase

(1) H. Huchard, Traité des maladies du cœur, 2e édition, 1901. Journal des praticiens, 1894 et 1899. Voyage aux eaux minérales, 1901.

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avancée de la maladie (1). L’action physiologique et thérapeutique de la source Cachat a été à nouveau démontrée par mon ancien interne P. Bergouignan, dont la thèse importante (1902) sur « le traitement rénal des cardiopathies artérielles » était pour lui une sorte d’introduction à cette étude. 11 est arrivé aux conclusions suivantes, qui se passent de commentaires :

1° La cure d’Évian régularise la diurèse des artériosclé reux ;

2° Elle régularise l’élimination de leurs solides urinaires ;

3° Elle peut amener chez eux des déchlorurations accentuées, accompagnées ou non de perte de poids ;

•4° Elle coïncide avec la diminution progressive et souvent durable de l’hypertension, des signes physiques et fonctionnels.

4° Vittel , Brides et Salins de Moutiers , Bagnoles , Luxeuil. — En France, nous voici donc pourvus de trois stations hydrominérales — Bourbon- Lancy , Royal, Évian — qui répondent aux indications thérapeutiques des diverses et nombreuses cardiopathies. D’autres stations offrent encore de grandes ressources dans les maladies de l’appareil circulatoire : Vittel pour les cardiopathies artérielles des goutteux et des lithiasiques; Brides et Salins de Moutiers pour l’adipose en général et l’adipose du cœur avec des bains carhogazeux à cette dernière station très proche de la première, ce qui réalise des avantages inappréciables; Bagnoles de l’Orne et Luxeuil pour les maladies du système veineux.

De la sorte, les praticiens n’auront plus à déplorer les accidents graves d’une station unique, bonne à tout fairei Mais, comme je l’ai dit : « Tant vaut le médecin, tant vaut

(1) Bordet, Recherches sur le mode d’action de la source Cachat. Paris, 1889. — Chiaïs, L’auto-intoxicution par les chlorures, son traitement par l’eau d’Évian. Paris, 1900. L'eau d’Évian. Paris, 1903. Bercouignan, Les cardiopathies artérielles et la cure d’Évian. Paris, 1905.

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l'eau minérale ». Il ne suffit pas de prouver qu’une eau peut guérir toutes les maladies, il s’agit de prouver que le médecin sait guérir et qu’il connaît complètement les diverses affections du cœur et des vaisseaux.

Il y a plusieurs années, j’adressais à la station de... un cardiopathe artériel atteint de dyspnée toxi-alimentaire. Le médecin ne connaissait pas cette forme de dyspnée, ni les dangers de l’alimentation carnée dans ces cas, et trompé par l’état pseudo-anémique du sujet, ne sachant pas que cette pseudo-anémie est le résultat du spasme vasculaire engendré parles toxines alimentaires, il fit cesser le régime lacto-végétarien et le remplaça par une alimentation carnée réellement intensive. Résultat : accès de dyspnée formidables, asystolie consécutive, mort en rentrant à Paris, au milieu d'accidents urémiques.

Conclusion : Il est bon, il est utile de bien connaître l’action physiologique et thérapeutique des eaux, leur composition chimique, même leurs propriétés radio-actives ; il est peut-être plus utile, surtout lorsqu'il s’agit d’affections cardiaques, de connaître complètement les maladies qu’on est appelé à traiter. Je n’insiste pas...

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