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V. — Climat

Considérations générales. — Ce climat, complexus d'agents physiques, est un grand médicament. Comme tel, il doit être dosé ; car, à côté des avantages, il présente des dangers utiles à connaître, et c'est pour cette raison qu'il convient de le soumettre à des indications et contre-indications très précises.

La climatothérapie est donc une science très complexe ; mais elle est incomplètement étudiée dans les livres comme dans l’enseignement médical, et c'est pour cette raison qu’il est utile, indispensable de venir la connaître sur place dans les seuls pays offrant de véritables ressources climatiques, où l’on peut prendre réellement des « bains d’air, de lumière et de soleil », et non dans les contrées où le soleil et la lumière sont parcimonieusement répandus, où la température est inclémente, le climat toujours instable et le ciel souvent brumeux, la lumière moins vivifiante, où l’air est moins pur qu’aux Alpes, aux Pyrénées, sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée.

A p rès la lourde chute du sanatorium universel, chute que j'avais été un des premiers à prévoir (1), il était devenu encore plus nécessaire d’étudier l’action bienfaisante du climat que l'on avait reléguée bien à tort au second plan, et de montrer les précieux avantages de la cure libre des tuberculeux au sujetde laquelle Lalesque (d’Arcachon) a publié des travaux remarquables, encore confirmés dans un récent et lumineux mémoire. Les faits et les arguments apportés par Guiter (de Cannes) sur cette question sont maintenant

(1) IL IIccharü, Stations climatiques et sanatoria (Journal des praticiens, la décembre 1904; Société de thérapeutique, 23 mai 1899).

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connus (l) et nous sommes aujourd’hui tous d'avis, après une passagère éclipse de raison, que le climat est un grand facteur d’amélioration et de guérison, surtout dans ce vaste et superbe sanatorium ouvert du golfe de Gascogne aux limites de notre littoral méditerranéen, dans ces belles contrées où « l'espérance de guérir est déjà la moitié de la guérison », comme l'a dit Voltaire, et où cette espérance vient si aisément dans un milieu moral favorisé par la lumière, le soleil et le ciel bleu.

Mais, lorsque j’eus l’idée de fonder en France les Congrès de climathérapie, j'ai eu soin d'associer à l'étude du climat celle de l'hygiène urbaine, voulant ainsi montrer que l’on ne peut pas séparer, de ce que la nature a si bien fait, ce que l'homme doit faire. Tant vaut l'hygiène urbaine, tant vaut le climat. Les municipalités, soucieuses de leurs intérêts, se sont largement inspirées des principes d'hygiène et elles ont rivalisé d’ardeur pour assainir encore et toujours leurs villes ou stations, pour fournir aux habitants des eaux pures et non contaminées, pour veiller à la sévère désinfection des appartements, des hôtels et des villas. Elles donneront des renseignements véritables et sincères sur l’état sanitaire du pays, parce qu'elles savent que rien n’émeut et n’égare l'opinion publique comme certaines dissimulations de maladies épidémiques et contagieuses. Elles penseront que, s’il est bon de goudronner les routes pour éviter les poussières, il serait sage aussi de songer à réglementer sérieusement la marche des automobiles qui, dans leur vitesse souvent exagérée, ne contribuent pas précisément à modérer i'abondance et la véhiculation des poussières. Il faut bien se dire que vivre c’est se défendre, et que dans nos stations hivernales, si l’on veut qu’elles soient très fréquentées et qu’elles donnent la santé à ceux qui viennent la chercher, la préoccupation

(1) Lalesqüe, Cure marine de phtisie pulmonaire. Paris, 1897. La cure libre de la tuberculose. Bordeaux, 1899. La cure des tuberculeux. Paris, 1904. — GuiTEn, Cure libre de la tuberculose à Cannes et aux stations de la Méditerranée. Nice, 1897. Congrès de .Nice, 1904.

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des plaisirs doit souvent céder le pas aux intérêts hygiéniques et au respect de la souffrance humaine.

Quittons ces considérations générales pour étudier rapidement l’action du climat méditerranéen sur les cardiopathies.

Climat méditerranéen. — Au Congrès de climatothérapie de Nice (1904), Moriez (de Nice) et Triboulet (de Paris) ont étudié l’action générale du littoral méditerranéen français sur le rhumatisme el les rhumatisants. A ce point de vue, ma tâche est singulièrement facilitée, et je n’ai plus rien à dire. Mais il est un complément nécessaire à cette étude, et il importe de savoir si les affections du cœur nées du rhumatisme, si les cardiopathies issues de l'artériosclérose peuvent bénéficier de ce climat. Pour l’action de l’atmosphère marine, ce sujet a été magistralement exposé par Fiessinger au Congrès de thalassothérapie tenu à Biarritz en 1903 ^1). Mais on aurait tort de croire qu'ici l'influence de l'atmosphère marine est seule en cause, et sans admettre, avec Lalesque, que le climat méditerranéen est un climat continental, toujours excitant et tonique, tandis que le climat atlantique du golfe de Gascogne serait réellement un climat marin, sédatif et tonique, nous pensons que sur la Kiviera française le climat peut être dosé de la façon suivante : excitant sur le bord de la mer pour les cardiaques; tonique à une distance moyenne de 300 à 500 mètres du bord de la mer; sédatif un peu plus loin, au flanc des collines el vers la montagne.

Nous affirmons encore, en nous basant sur nos expériences en cours, que l’action seule de la chaleur ne doit pas être toujours invoquée, mais surtout l’action des rayons lumineux sur l’appareil vaso-moteur, sur le cœur périphérique qui, répandu parlout sur la surface cutanée, règle et gouverne le fonctionnement du cœur central. Ici donc, la grande

(1) Fiessingeii, Quelle est l'influence du séjour au bord de la mer et du traitement marin en général sur l’appareil cardio-vasculaire? Biarritz, 1903.

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luminosité, si spéciale à nos contrées, contribue à une médication puissante par la photothérapie, cette science née d'hier, et qui, entre les mains de son découvreur, le professeur Finsen (de Copenhague), n'a pas dit son dernier mot. Depuis longtemps, j'insiste sur le traitement des maladies du cœur par les agents physiques, et la thèse de mon ancien interne Piatot, comme les pratiques de physiothérapie instituées auv stations hydrominérales d'été pour cardiaques, c'est-à-dire auv thermes de Bourbon-Lancy, auv eaux d’Évian, de Brides et Salins de Moutiers, de Royat, démontrent l’importance que j'attache à ce sujet (i).

Il faut répondre a deux questions :

1° Les cardiopathes, rhumatisants ou artériels, doivent-ils être envoyés pendant l'hiver sur le littoral méditerranéen? Si oui, quelles sont les précautions à prendre?

2° Quelles sont les contre-indications?

1° A la première question, je réponds nettement : oui, tous les cardiopathes, à la condition qu’ils ne soient pas arrivés à la période asystolique et qu'ils ne présentent pas certaines complications dont nous parlerons, peuvent toujours et doivent souvent passer l'hiver dans le Midi. En 1889, dans la première édition de mon Traité des maladies du cœur, puis plus tard, en 1890, dans le Traité de thérapeutique appliquée, j’avais formulé des conclusions moins favorables que je rappellerai plus loin au sujet des angineux et de certains artérioscléreuv.

Je ne parle pas ici seulement au nom de mon expérience personnelle, mais encore au nom de celle des médecins exerçant depuis de longues années sur le littoral. Pour le moment, je ne citerai que deux opinions, celles de G. Sardou (de Nice) et de Daremberg (de Cannes).

« Tel cardiaque valvulaire, jeune et nerveux, a écrit G. Sardou, a pu sur le littoral, par le retour et l’entretien

(1) A. Piatot, Traitement des maladies du cœur par les agenls physiques. Thèse de Paris, 1808.

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d’un bon état général après l’infection causale, n avoir jamais pendant de longues années aucun phénomène fonctionnel, malgré des souffles caractéristiques intenses et permanents o (1).

J'ai interrogé Daremberg dont l’opinion sur la climathérapie est si autorisée, et la note qu’il m‘a communiquée est très importante. Il est également d’avis que les cardiaques, loin d'ètre aggravés, comme on l’a cru trop longtemps, par le séjour sur le littoral méditerranéen, sont presque toujours améliorés.

Du reste, les statistiques les plus sérieuses le démontrent amplement. Dans une longue série d’études climatiques et hydrologiques, Chiais, comparant le climat de Paris et de Menton, arrive à des conclusions intéressantes. A Paris, la mortalité générale subit une première accentuation quand la moyenne hebdomadaire de la température descend définitivement au-dessous de IIP. Une seconde accentuation, plus marquée encore que la première, se réalise quand l’abaissement de cette moyenne hebdomadaire au-dessous de 10° s’accompagne d’un abaissement de la moyenne hebdomadaire de la tension de la vapeur d'eau au-dessous de 5 millimètres, c’est-à-dire lorsque le mètre cube d’air respiré contient moins de 5 grammes d'eau. Les années qui, de novembre à mai, présentent à Paris les plus longues périodes de l'abaissement de la vapeur d’eau au-dessous de o millimètres, sont aussi celles qui présentent pendant ces mêmes mois la plus haute mortalité. La recrudescence de celle-ci est due aux maladies atteignant les voies respiratoires et le cerveau chez les malades atteints d’affections du cœur, de sénilité, de bronchite chronique, de tuberculose pulmonaire, de lésions rénales, d’artériosclérose cardio-pulmonaire ou cérébrale.

Constater ce fait, d une part, et constater, d’autre part, qu'à Menton (et certainement dans les autres stations du littoral

(1) G. Sai\oou, Index médical des principales stations thermales et climatiques de France. Paris, 1903.

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la moyenne hebdomadaire de la température ne tombe que très exceptionnellement au-dessous de 10° dans la période de novembre à mai, et que la moyenne hebdomadaire de la tension de la vapeur d’eau ne tombe que très rarement au-dessous de 5 millimètres, c’est reconnaître qu'il y a bénéfice à venir des régions du Nord dans le Midi « pour les prédisposés aux inflammations des voies respiratoires, pour les vieillards, pour les cardiaques , pour les tuberculeux, pour les bronchitiques, pour les asthmatiques arthritiques et pour les néphritiques » (1).

Voilà donc un fait bien établi : l’innocuité et même les bons effets du séjour sur le littoral méditerranéen pour les cardiopathes valvulaires ou artériels. J’ai constaté maintes fois ces effets favorables, mais à la condition expresse pour les malades de prendre de nombreuses précautions; car il ne suffit pas d’aller dans le Midi, il faut encore savoir s’y conduire.

Il y a quelques années, j’ai envoyé à Nice un cardioscléreux qui s’est rendu coupable des plus graves imprudences. A peine arrivé, après un voyage long et pénible, puisqu’il venait du nord de la France, il circule dans la ville pendant deux jours entiers pour chercher un appartement ou une villa, montant les étages et sortant tous les jours, sans souci de la période d'adaptation climatique , ou période d’acclimate ment, qui se traduit, comme s’il s’agissait d’une véritable poussée thermale, par certains accidents d’excitation sur l’appareil circulatoire. Quelques jours après, il fut pris d’accidents très graves d’insuffisance urinaire et de défaillance cardiaque auxquels il a failli succomber.

Or, chez ces malades pour lesquels les longs voyages en chemin de fer sont par eux-mêmes parfois dangereux pour des raisons que j’ai signalées depuis longtemps (2), un repos complet et absolu s’impose pendant huit à quinze jours dès

( 1 ) F. Chiaïs, Nord et Midi ; Paris-Menton (un chapitre de climatologie médicale comparée). Paris, 1897. Menton (analyse climatologique).

(2) Huchard, Journal des praticiens. Traité clinique des maladies du cœur et de l’aorte, 1889, 1899-1905.

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leur arrivée dans la station hivernale. C’est là une précaution très importante dont ils ne doivent jamais se départir.

Leur habitation doit être bien ensoleillée, à 300 ou 500 mètres du bord de la mer, et à l’abri du vent dont on connaît l'action néfaste dans l’angine de poitrine. Du reste, d’une façon générale, les artérioscléreux le supportent mal, ce tpie nous avons expliqué, avec Fiessinger, de la façon suivante : par l’action qu’il exerce sur les nerfs cutanés, il provoque le spasme des vaisseaux périphériques. Or, ce spasme existe déjà du fait de l’hypertension artérielle des artérioscléreux ; en sorte que, chez eux, l’action du vent vient renforcer l’action du mal, en exerçant des effets dans le même sens et en augmentant la contraction des vaisseaux. Là où le vent souffle, des accidents d’hypertension artérielle sont à craindre.

Pour la même raison, le refroidissement subit de la température au coucher du soleil et pendant les heures qui le suivent peut exposer les cardiopathes valvulaires à des poussées rhumatismales et les cardio-artériels aux mêmes accidents d’hypertension sanguine. Donc, à ce moment, les sorties doivent être prohibées, peut-être plus sévèrement encore que pour les bronchitiques. Les promenades sur le bord de la mer, à moins que le temps soit très calme, seront défendues.

Enfin, je terminerai par la citation de quelques passages que j'ai consacrés naguère à l’hygiène du cardiaque, et (pii rentrent précisément dans mon sujet.

« La chaleur excessive, les grandes variations de température, le brusque passage d’une atmosphère très chaude à une atmosphère froide, l’air confiné ou vicié par la respiration d’un grand nombre d’individus, voilà des conditions défavorables pour les cardiopathes, surtout pour tous ceux qui commencent à souffrir de leur lésion et chez lesquels se sont déjà montrés quelques troubles de compensation. Aussi doit-on leur permettre modérément le séjour dans les salles de spectacles et les bals souvent surchauffés, dans les réunions

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publiques et les cercles où la tabagie peut, par elle-même, exercer son influence néfaste sur le cœur (1). »

11 faut encore mettre en garde les malades contre les refroidissements elles courants d’air qu’ils peuvent subir du fait d'une fermeture incomplète des portes et des fenêtres, d’une ventilation insuffisante des cheminées. A la Côte d’azur, on compte tellement sur l’action de la chaleur et du soleil que les architectes se sont à peine occupés autrefois du chauffage des appartements, ce qui a peut-être suggéré cette spirituelle boutade d’Alexandre Dumas père : « En Russie, on voit le froid, on ne le sent pas; en Italie, on ne voit pas le froid, on le sent ». 11 ne faut pas oublier, en effet, que l'habitation a une grande importance pour tous les malades et pour les cardiaques en particulier, puisqu’elle peut créer pour ainsi dire un climat artificiel chez soi, ou qu'elle doit continuer celui de la station hivernale.

2° La solution de la seconde question (quelles sont les contre-indications?) demande peu de développements.

Nous savons déjà que l’asystolie définitive est une contreindication absolue. Il en est de même des anévrysmes et des dilatations de l’aorte, de l’angine de poitrine coronarienne. Encore, pour cette dernière affection, le séjour à 500 mètres ou à 1000 mètres de la mer dans un endroit abrité du vent, c’est-à-dire dans la zone sédative, est-il souvent possible. Contrairement à l'opinion commune, la pseudo-angine de poitrine de nature névralgique (névralgie ou névrite du plexus cardiaque par péri-aortite) est souvent aggravée par le séjour sur le bord de la mer ou non loin d'elle, et cette aggravation se réalise du reste très souvent pour presque toutes les affections névralgiques, les poussées rhumatismales subaiguës ou aiguës.

Il y a encore de sérieuses réserves à faire pour le goitre exophtalmique avec excitation nerveuse concomitante, pour

(1) II. Huchard, Traité de thérapeutique appliquée, 1896.

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la tachycardie paroxystique, pour les cardiopathies artérielles ou valvulaires avec infarctus pulmonaires ou avec hémiplégie, pour d’autres cardiopathies accompagnées de phénomènes d’hypersystolie ou d’éréthisme cardiaque avec palpitations fréquentes.

On a opposé souvent les affections aortiques aux affections mitrales, et l’on a admis trop généralement l’indication du climat méditerranéen pour les secondes et la contre-indication pour les premières. Saris doute, une affection mitrale avec phénomènes d’asthénie cardiaque et d’hyposystolie transitoire peut être favorablement influencée par l'excitation passagère du climat marin, tandis que les affections aortiques sans hyposystolie, mais avec des battements artériels intenses et un certain état d’excitation nerveuse, souvent spéciale à ces maladies, se trouvent mal du voisinage de la mer. Mais la proposition contraire peut être vraie, ce qui revient à dire qu’il ne faut pas seulement voir l’action du climat, mais aussi la réaction de l’organisme, qu'il importe de considérer non seulement la maladie, mais encore le malade. Cela est si vrai que certaines fausses cardiopathies, ou que les cardiopathies compliquées d’éréthisme nerveux ou d’hystérie tolèrent très mal le climat marin, même à 500 mètres du rivage. En voici un exemple que j’ai observé et que Fiessinger a rapporté dans son travail :

Une malade souffrait d’une fausse angine de poitrine d’origine névritique. 11 existait en outre une aortite avec bruit diastolique clangoreux et souffle systolique rude. Le pouls était dur et vibrant. La malade, approchant de la cinquantaine et entrant dans la ménopause, était d’une impressionnabilité nerveuse excessive. M. Huchard conclut à la dissociation des phénomènes : l'angine était une simple précordialgie chez une aortique qui, en plus, était une nerveuse. Le séjour à Cannes aggrava nettement cet état. Les douleurs augmentèrent avec l’oppression. La malade revint à Paris où la médication lactovégétarienne, en abaissant la tension artérielle, amena un prompt soulagement et les douleurs diminuèrent rapidement d’intensité.

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Comme on le voit, la solution du problème ne dépend pas seulement de la nature de la maladie cardiaque, ni même de son degré ou de quelques-unes de ses complications; elle dépend encore du malade avec sa réaction propre et son état nerveux particulier. Les livres, les rapports, les conclusions plus ou moins savantes ne suffisent plus; il faut que le médecin, pour la solution de la question posée, use de son sens clinique, il faut qu’il connaisse son malade aussi bien que la maladie pour décider de l'opportunité d’un séjour dans le Midi. On trouve, dit Balestre, chez les malades tous les degrés de tolérance; «certains supportent tout, d’autres réagissent à la moindre excitation ». Cela revient à dire (pie la climatologie a aussi sa clinique, et (pie celle-ci obéit à la grande loi des indications et des contre-indications thérapeutiques, basées sur la maladie et sur le malade. Cette idée a été ainsi judicieusement exprimée : « Ici, comme en toute autre question thérapeutique, le côté clinique, c’est-à-dire la recherche des effets observés et des résultats obtenus chez les malades, prime les vues théoriques et toute observation préalable ; on peut juger par là que les bases de la climathérapie sont beaucoup plus étendues qu’il ne peut paraître au premier abord (1) ».

Néanmoins, il y a pour le choix de la station hivernale des règles dont on ne doit pas s'affranchir. C’est ainsi qu’il faut éloigner les cardiaques des villes de plaisir où ils ne goûtent pas le repos nécessaire, et qu’il y a lieu de choisir surtout pour les cardiaques des localités calmes et tranquilles, loin du bruit et des agitations de la vie. Sur le littoral méditerranéen, on n'aura peut-être que l’embarras du choix ; mais je signale dès maintenant une contrée étendue d’Hyères à Saint-Raphaël où l’on trouvera à Lavandou , à San Salvadour et surtout à La Croix de Canalaire , à Sylvabelle , les éléments de repos, de lumière et de chaleur dont les malades ont besoin.

Certes, par ce rapide exposé, nous sommes loin d’avoir

(1) Manquât, Les climats thérapeutiques français ; la climathérapie et ses bases ( Bulletin médical, 1902).

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épuisé le sujet; nous avons seulement jeté des jalons pour l’avenir, et celte importante question devra être étudiée à nouveau ou complétée pour d'autres pays pendant 1 été, par exemple en Normandie, en Bourgogne, en Bretagne, qui présente, comme on l’a prouvé, « un régime climatique conforme avec les indications de la climatothérapie moderne 1) ». Elle est complexe, comme on le voit. Le climat n’est pas seulement l’air que nous respirons, la lumière qui vivifie, le soleil qui réchauffe, le sol que nous foulons aux pieds; il a aussi ses adjuvances dans l’habitation, dans le vêtement, dans les eaux, dans l’hygiène et dans toutes les précautions que le malade doit prendre contre l’intensité des rayons lumineux et caloriques, contre les changements subits de température, contre le vent et le refroidissement. A lui seul, le climat ne suffit pas; il faut encore y joindre le consentement de l’organisme et l'observance de tous les principes hygiéniques. D’où cette conclusion qu’on peut exprimer par cette seule phrase :

Aide-toi : le climat t'aidera.

(1) Alexandre Klein, Contribution à l'étude de la climatothérapie en France. Thèse de Paris. 1890.

ARYTHMIES CARDIAQUES. — TRAITEMENT.

I. Quelques principes de physiologie. — Physiologie expérimentale et, observation clinique ; rôle delà physiologie en médecine (Cl. Bernard). Question clinique avec sanction thérapeutique. — Deux doctrines : myogène et ncurogène. Trois propriétés du myocarde : excitabilité, contractilité, conductibilité.

II. Expériences et observations cliniques. — Expériences anciennes de Bartholin et Backins, de Haller, de Brown-Séquard. Inexcitabilité périodique du cœur de Marey. Opinion de Bowditch. — Arythmies d’ordre musculaire et arythmies nerveuses, réflexes toxiques. Arythmie d’ordre mécanique, puis musculaire, dans l'insuffisance mitrale. Extra-systoles.

III. Classification clinique. — 1° Arythmies névrosiques et psy-

chiques; 2° nerveuses et cérébrales ; 3° réflexes ; 4° toxiques ; !i° infectieuses; 6° cariliopathiques. — Arythmies portant : sur le nombre des contractions cardiaques; sur la force inégale des contractions cardiaques; sur la forme de ces contractions. — Intermittences vraies ou fausses, conscientes ou inconscientes, faux pas du cœur. Arythmies périodiques ou cadencées ; rythme couplé du cœur, pouls bigéminé, pouls alternant. Arythmie périodique d’origine respiratoire. Tachycardie orthostatique .

IV. Traitement. — Aveu d’impuissance thérapeutique. Arythmies réductibles et irréductibles. — 1° Arythmies mécaniques : digitale, saignées locales et quelquefois générales, réduction des liquides ; massage, alimentation, médicaments hypotenseurs. Digitale, spartéine, huile camphrée, etc., dans le pouls instable de la convalescence des fièvres. Arythmies de l’hypertension artérielle et médication hypotensive.

— 2° Arythmies nerveuses (d’origine respiratoire, réflexe, toxique). — 3° Arythmies nvjocardiques. Bradydiastolie : réduction des liquides, saignées locales ou générales; pas de digitale. Strychnine, caféine, etc,

— Arythmie palpitante irréductible du rétrécissement mitral. Tachyarythmie irréductible de la cardiosclérose. Arythmie angoissante paroxystique.

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