I. — Quelques principes de physiologie
u La physiologie expérimentale, en devenant la hase naturelle de la médecine expérimentale, ne saurait supprimer l’observation du malade ni en diminuer l'importance, » Huchard. — Consultations médicales, t. II. 13
arythmies cardiaques.
« Ceux qui veulent aujourd'hui tout expliquer en médecine par la physiologie, prouvent qu ils ne connaissent pas la physiologie et qu’ils la croient plus avancée qu’elle n’est. Ceux qui repoussent systématiquement les explications physiologiques en médecine, prouvent qu ils ne comprennent pas le développement de la médecine scientifique et qu’ils se trompent sur leur avenir. »
Qui a dit ces profondes vérités ? C'est Claude Bernard dans deux volumes (pie les médecins devraient sans cesse méditer: Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (18l>5); Leçons de pathologie expérimentale (1872). Et si je fais ces deux citations au début même de cette étude qui veut, qui doit rester clinique avant tout, qui a la seule prétention de s’appuyer aussi sur la sanction thérapeutique, c’est parce que dans ces derniers temps on croit avoir tout dit en étudiant simplement les arythmies dans leurs rapports avec les acquisitions ou données nouvelles, encore discutables, de l'anatomie pathologique et de la physiologie.
Les médecins sont partagés en deux camps : les uns en plus grand nombre, dont je suis depuis longtemps, — puisque j’ai exprimé, avec quelques restrictions cependant, celte idée dès mes premières leçons sur les maladies du cœur en 1889 et que trois ans plus tard j’ai inspiré une thèse sur ce sujet (1), — les uns admettant la théorie myogène, c’est-à-dire la notion de la contraction du cœur puisée dans son seul muscle; les autres, persistant à soutenir, avec de Cyon, la théorie neurogène qui attribue au système nerveux un rôle important dans les mouvements rythmiques de l’organe.
Cette question est intéressante au point de vue pratique, à la condition de mettre d’accord les données expérimentales avec l’observation des malades. Pour ceux qui veulent l'oublier, je rappelle que je l'ai traitée à ce double point de vue à la Société médicale des hôpitaux au sujet du rythme couplé
(1) Giocanti. Contribution à l'étude de l’arythmie cardiaque consécutive aux lésions du myocarde. Thèse de Paris, 1892.
QUELQUES PRINCIPES DE PHYSIOLOGIE
(1892), dans la Thérapeutique appliquée de A. Robin (1890), dans les trois éditions de mon Traité des maladies du cœur (1889, 1893, 1899-1905), enfin tout dernièrement dans la « Clinique thérapeutique du praticien » en collaboration avec Ch. Fiessinger (1909).
Trois propriétés du myocarde interviennent dans la production du rythme cardiaque : l’excitabilité, la contractilité, la conductibilité, h' excitabilité n'est autre (pie la sensibilité musculaire au passage de Fondée sanguine ; la contractilité est la réponse du muscle à l’excitation sanguine; la conductibilité est la transmission des ondes contractiles de l’oreillette au ventricule par un faisceau musculaire les reliant tous deux. On persiste à le désigner sous le nom de « faisceau de Mis », alors qu’on doit plutôt l'appeler faisceau de Gaskell, du nom de Fauteur anglais qui en 1883, c’est-à-dire dix ans avant l’anatomiste allemand, en a démontré à la fois l’existence anatomique et la valeur physiologique.