‹ Maladies du cœurChapitre 74 sur 204 · SYNDROME ET MALADIE · texte numérisé non relu

SYNDROME ET MALADIE

des contractions cardiaques et des diastoles artérielles.

2° Dans cette maladie, il y a souvent complication de néphrite, avec accidents urémiques, comme il peut y avoirdes accès d’angine de poitrine par endartérite coronarienne. Alors, pourquoi désigner cet état morbide par un syndrome plutôt que par un autre?

3° La désignation de « pouls lent permanent avec attaques syncopales et épileptiformes » a l’inconvénient d’être moins large que celle de maladie de Stokes-Adams et de s’appliquer trop spécialement au pouls lent permanent dû à la compression des pneumogastriques, à la compression du bulbe et de la partie supérieure de la moelle, ou encore aux lésions périphériques (contusion d’un nerf, du plexus solaire). Dans ces cas de pouls lent d’origine nerveuse, les crises syncopales ou épileptiformes peuvent s'observer, mais les accidents cardiaques, angineux et urémiques, si fréquents dans la maladie de Stokes-Adams, font toujours défaut.

Bien avant Adams et Stokes, des faits semblables ont été signalés, mais d’une façon incidente. On trouve dans Morgagni l'histoire d’un homme de soixante-huit ans, atteint à cet âge d’accès d’épilepsie qui « laissèrent après eux une extrême rareté du pouls ». Cette observation montre même que la bradycardie n’était pas permanente : « L’inégalité du pouls s'est ensuite jointe tout à coup à son extrême rareté, de sorte (pic très souvent il était beaucoup plus rare, qu’ensuite il ne l'était pas plus qu’à l’ordinaire, et qu’après il le devenait beaucoup plus ». Ce malade avait encore une « grande difficulté de respirer».

Au triple point de vue nosologique, clinique et thérapeutique, il y a une distinction capitale à établir entre :

1° Pouls lent permanent avec attaques syncopales et épileptiformes d’origine nerveuse. — 11 est dû à une chute sur la tète, aux traumatismes et aux fractures de la partie supérieure du rachis ou au rétrécissement du canal vertébral avec proéminence de l’apophyse comprimant la protubérance

MALADIE DE STOKES-ADAMS

et le bulbe (Lépine, Halberton, Gurlt, Ilutchinson), ou encore au rétrécissement du trou occipital (Boffart), enfui à la compression des nerfs pneumogastriques par une tumeur (Prentiss, Figuet, Masoin, Stackler), à une lésion syphilitique ou autre du nerf vague (Thomson, Kocher, Rendu), à une tumeur englobant le grand nerf cardiaque droit (Heine), à la suit e de contusion du plexus solaire (Potain), paradénopathie trachéobronchique (Guéneau de Mussy), dans 1 hystérie d’après les observations de Triboulet et Gougerot, Debove (1).

2° Pouls font d'origine artérielle. — Je le répète, outre les accidents syncopaux et épileptiformes, il se complique presque toujours de sclérose myocardique, souvent de sténocardie coronarienne, ou d’accidents urémiques dus à la participation fréquente du rein et du cœur à la sclérose généralisée, ou encore plus rarement de gangrène des extrémités (fait de Chaplain). Son siège bulbo-protubérantiel semble démontré dans certains cas, soit par l'association de plusieurs symptômes, comme dans une observation de Brissaud où la bradycardie était associée à une paralysie faciale et à une névralgie du trijumeau, soit par des lésions athéromateuses avec rétrécissement et presque oblitération des artères bulbaires, cérébelleuses supérieures et postérieures (2).

3° Pouls lent d'origine cardiaque. — Dans d'autres cas, observés surtout ces dernières années, le siège principal de

(1) Heine, Mu ller’s Arcli.f. Physiol., 1841. — Tiioiiton, Trans. cl. soc., London, 187b. — Lépine, Lyon méd., 1884. — Bokfart, Arch. de méd. expér., 1890. — Prentiss, Trans. assoc. amer, phys., 1889. — Fiüuet, Thèse de Lyon, 1882. — Stackler, Revue de méd., 1882. — Rendu, Arch. de méd., 1865. — Kocher, Thèse de Paris, 1890. — Chaplain, Normandie médicale , 1903. — Potain, Bull, méd., 1887. — E. IIirtz et, P.-E. Lévy, Étiologie et. pathogénie du pouls lent ; rôle de l’anémie et du surmenage, 1896. — Masoin, Acad, de méd. de Belgique, 1901. — Triboulet et Gougerot, Bradycardie paroxystique hystérique {Tribune médicale, 1904). — Debove, Pouls lent permanent et hystérie ( Presse médicale, 1904).

(2) Brissaud, Paralysie faciale et pouls lent, permanent (Presse médicale, 1896). — Exemples de lésions athéromateuses des artères de la base du cerveau: Bouessée (1891), Dalalande (1892), Mauuet (1899), Gaudon (1905), Thèses de Paris; Hanot et Luzet, Widal et Lemierre, Société médicale des hôpitaux, 1894 et 1902.

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