II. — Blocage du cœur
On admettait généralement autrefois (pie la musculature des oreillettes ne se continuait en aucun point avec celle des ventricules. Dès 1876, cette opinion fut contestée par Giovanni Paladino. Puis, de patientes recherches anatomiques, inaugurées en 1883 par Gaskell, ont établi qu’il existe entre ces deux cavités cardiaques un lien fonctionnel constitué par un faisceau musculaire, le faisceau auriculo-ventriculaire. Gaskell en démontra l’existence chez la tortue, et Stanley Kent, dix ans plus tard, l’observa et le décrivit complètement. Ensuite, II is constata ce même faisceau chez l’homme, et ses recherches furent complétées par celles de Retzer, de Frédéricq, d’Humblet, de Braeunig (2).
(1) Gaskell, Journal of Physiology, 1883. — Stanley Kent, Journal of Physiology, 1893. — IIis, Arbeit. aus (1er med. klinik zu Leipzig, 1893. Wiener med. Blcilter, 1894. Centralbl. /'. Physiol., 1890. Contrés des physiologistes de Berne, 1903. — Retzer, Arch. für Anal. u. Physiol., 1904. — Frédéricq, Archives internai, de physiol., vol. I, II, III. — Humulet, Ibid. — Braeunig, Arch. /'. Anal. u. Physiol., 1904. — Héhing, Arch. f. gesammle Physiol., 1903-1900. — Snyers, L’allorythmie et les lésions du faisceau de i I is dans la maladie d’Adams-Stokes. Liège, 1907. — Giuson et Ritchie, Further observations on heartblock (Practitioner, May 1907). — Lépine, Sur un cas de syndrome de Stokes- Adams sans blocage ( Semaine médicale, 1907). — Esmein, Ralentissement permanent ou temporaire «lu pouls par lésion intracardiaque. Thèse de Paris, 1908. — A. Dcmas, Bradycardies et faisceau de IIis. Thèse de Lyon, 1909. — Giuson et T. Ritchie, A historié instance of the Adams-Stokes, syndrome to hoart-block (Edinburgh medical journal, 1909). — James Mackenzie, Nodal bradyeardia (lleart, 1909).
(2) Il est intéressant de rappeler que dans une élude sur le ralentis-
MALADIE DE STORES-ADAMS-
Depuis le récent travail de Tawara, inspiré par Ascii o fl et confirmé par celui de Keith et Flack, on peut se former une conception exacte de la constitution et de la distribution du faisceau (1). Tawara montra qu il existe, dans les parois auriculaires, un réseau de fibres musculaires spéciales formant une sorte de nœud dans le septum interauriculaire, juste audessus de l’insertion de la valvule triscuspide moyenne. De ce nœud un faisceau musculaire descend a travers 1 anneau fibreux auriculo-ventriculaire, el dans le septum interventriculaire se divise en deux branches, une pour chaque ventricule. Les fibres de chacune des branches passent ensuite, comme les libres de Purkinje (qui n’en diffèrent point) dans le tissu sous-endothélial et se terminent dans les fibres cardiaques ordinaires des ventricules, ainsi que dans les muscles papillaires. Celle terminaison se fait souvent chez, l'animal, exceptionnellement chez l'homme, sous forme de tendons aberrants que j’ai eu l’occasion d'étudier en 1893 et dont j'exposerai l’histoire clinique.
Le faisceau auriculo-ventriculaire contient quelques fibres nerveuses et même des ganglions. 11 ne constitue donc point un lien purement musculaire, mais de toute façon il constitue sans doute le seul lien qui unisse les fonctions de l'oreillette et du ventricule, comme l'expérimentation l’a établi. 11 a été démontré, en effet, qu’après la section du faisceau, aucun stimulus de contraction ne peut plus être transmis des oreillettes aux ventricules, ni en sens inverse. Le rythme et la vitesse des contractions auriculaires ne changent point, mais les ventricules se mettent à battre beaucoup plus lentement et avec un rythme indépendant. Par conséquent, de la section du faisceau résulte une dissociation complète du rythme auriculo-ventriculaire, un réel blocage du cœur
seraient des pulsations cardiaques ( Gazelle hebdomadaire de médecine el chirurgie, 1879) Blachez a dit que ce ralentissement « résulte de causes diverses, agissant, tantôt sur le tissu même du cœur, tantôt sur l’innervation de l’organe ».
(1) Tawara, Das reizleitungssystem des sângethierherzens, 1906. — àschoff, Congrès de Toronto, 1900, in Britisk med. Journal, 27 oct. 1906. — Keith et Flack, Lancet, 1900.