‹ Maladies du cœurChapitre 77 sur 204 · BLOCAGE BU CŒUR · texte numérisé non relu

BLOCAGE BU CŒUR

( Herzblock, lleartblock). Mon élève Bergouignan et moi, en France, avons élé les premiers à parler de ces faits (1).

Après les effets de la section, on a étudié ceux de la compression progressive du faisceau au moyen d’une pince spéciale (2). En augmentant peu à peu la pression de la pince, on voit une seule pulsation auriculaire sur deux, trois, quatre ou cinq, être transmise au ventricule et suivie d'une contraction de ce dernier ; la conductibilité n'est encore que diminuée, le blocage est partiel. A un degré plus accentué de compression, le blocage devient complet, comme après la section du faisceau; l'oreillette et le ventricule battent sans aucune relation entre leurs contractions respectives.

Bien avant l’acquisition de ces importantes notions physiologiques, la dissociation des systoles auriculaires et ventriculaires avait été observée cliniquement chez l’homme et presque toujours chez des sujets présentant le syndrome de Stokes-Adams. La plus ancienne observation est celle de Stokes qui vit les pulsations de la jugulaire trois fois plus fréquentes que les systoles ventriculaires. On trouve des faits analogues dans la thèse de Blondeau et le travail de Tripier. Mais le cas de Chauveau constitue la première observation nette de blocage du cœur au cours de la maladie de Stokes- Adams. Ses tracés montrent que l’oreillette battait à 05 environ et le ventricule à 24, et que les rythmes de ces cavités étaient dissociés (3).

Depuis lors, des cas analogues ont été de plus en plus signalés, mais surtout à partir du moment où les recherches anatomiques dont j’ai parlé plus haut eurent attiré l’attention sur l’existence et les fonctions du faisceau auriculo-ventriculaire. Signalons seulement le cas de Ilis, un des premiers en date (artériosclérose, syncopes graves et attaques convul-

(1) Huchard et Bergouignan, Journal des praticiens, 1900.

(2) Erlanger, Journal of experimental medecine, 1900. — Von Tadora, Zeitschrift f. exper. Pal h. u. Therap., 1900.

(3) Blondeau, Thèse de Paris, 1879. — Tripier, llevue de médecine, 1883. — Chauveau, Delà dissociation du rythme auriculaire et du. rythme ventriculaire ( Revue de médecine, 1883).

MALADIE DE STOKES-ADAMS

sives avec arrêt du pouls pendant vingt à quarante secondes; 20 à 40 contractions ventriculaires et trois à quatre fois plus de contractions auriculaires par minute) (1). Les autres cas sont très nombreux et se multiplient chaque jour, au point qu’il est impossible d’établir une bibliographie complète.

Dans plusieurs de ces observations, notamment dans celle de Roos et dans une autre, plus récente, de Gibson, on a pu voir le blocage, d’abord incomplet, devenir peu à peu complet avec les progrès de la maladie.

L’administration de la digitale à haute dose, comme l’ont montré quelques observations, peut transformer un blocage partiel en blocage complet et même déterminer la mort rapide, comme je l’ai démontré dès 1892. Elle semble agir à la fois sur le pneumogastrique et sur le faisceau, spécialement quand la conductibilité de ce dernier est tant soit peu amoindrie (2).

L’atropine n'accélère que les oreillettes quand le blocage est complet; toutefois, dans la récente observation de Gibson, elle a pu accélérer à la fois les deux cavités et faire disparaître le blocage pendant une demi-heure environ.

Le heart block doit être étudié au moyen de tracés simultanés des pulsations de la jugulaire et des systoles ventriculaires. Il l'est, encore plus avantageusement par l’examen radioscopique. A l’état normal, la contraction auriculaire précède d’un cinquième de seconde celle des ventricules. L’augmentation seule de cet intervalle indiquerait déjà un défaut de conductibilité. A un degré un peu plus accentué, on peut voir apparaître le blocage partiel, puis le blocage complet.

(1) IIis, Luce, Jaqüet, Deutsche Arch. f. /clin. Mecl., 1899 et 1902. — Gerhardt, Arch. f. exper. Pathol, u. Pharm., 1904. — Gibson. Hav, Edinburgh med. Journ., 1905. — Mackenzie, Brit. med. Journ., 1905-1906. — Pel, Nedul.Tigdsch. Voor Geneerk., 1905. — Vinnis, Proefschrift, 1905. — Brouardel et Yillaret, Arch. de méd. expér. et d’anal, pathol., 1906. — Bari>, Journ. de phgsiol. et pathol . gén., 1900. — Finny, Brit. med. Journ., 1906. Transact. of the Royal Acad, of med. of Ireland, 1906. — Hayand Moore, Lancet, 1906. — Boos, Zeilschr. f. /clin. Med., 1906. — Oddo et Sauvan, Marseille médical, 1907. — Gibson, Quarterly Journal of medicine, 1908.

(2) II. Hiichari), Société médicale des hôpitaux, 1892. — Gibson, The Practitioner, 1907. — Cushny, Arch. internat, de pharmacodynamie et de thérapie, 1905.

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