II. — TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE DU CRANE
Ces tumeurs peuvent naître soit au niveau de la voûte, soit au niveau de la base ; les tumeurs nées de la base, inaccessibles au chirurgien, n'offrent pour nous qu'un intérêt médiocre.
Parmi les tumeurs osseuses, il en est de très rares comme les kystes liydatiques, les chondromes, les carcinomes, etc. ; il en est au contraire qui sont moins rares, comme les exostoses et surtout les sarcomes.
]" Kystes hydatiques. — Les kystes nés dans la paroi osseuse du crâne doivent être considérés comme très rares. Le plus souvent on est en présence de kystes nés au niveau de la face externe de la dure-mère, entre cette membrane et l'os, ou au niveau des sinus voisins de la base du crâne, et ayant envahi secondairement les os du crâne. Quoi qu'il en soit, le nombre des cas publiés en 1905, au moment où a paru l'article qu'Antoniu a consacré à leur étude dans la Presse médicale (28 juin 1905), s'élevait à huit.
Ce sont les cas de Guesnard, Keate, Langenbeck, Verdalle, Stolz, Vegas et Cranwell, Kredel, Antoniu. J'y ajouterai le cas de Forgue, cité dans la thèse d'Alverhne {Kyste hydatique osseux du crâne, Montpellier, 1902-1903, n" 79).
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Trois fois les kystes s'étaient développés dans le sinus frontal ; une fois le kyste était situé entre la dure-mère et les parois latérales du crâne (temporal et pariétal) : deux fois dans l'épaisseur de l'apophyse mastoïde ; trois fois enfin il s'agissait d'un kyste de la voûte du crâne.
Le plus souvent le kyste était uniloculaire ; on en a vu cependant de multiloculaires. Le volume a varié suivant les cas : dans le cas de Kredel, la vésicule avait la grosseur d'une cerise; dans celui d'Antoniu, le volume d'un œuf d'oie; dans celui de Guesnard, elle présentait deux fois le volume d'un œuf de poule. Le contenu du kyste est tantôt un liquide clair, limpide, avec ou sans vésicules filles, tantôt un liquide purulent, jaunâtre.
Lorsque le kyste se développe à l'intérieur de la cavité d'un sinus, il écarte et amincit les parois osseuses limitantes ; celles-ci deviennent irrégulières et, à un moment donné, elles peuvent se laisser perforer; chez un malade de Verdalle, les bords de la perforation étaient comme taillés à l'emporte-pièce. Au contact d'un kyste, les os subissent en
somme une altération analogue à celle ([u'ils rprouvent, lorsqu'ils sont en contact avec un fongus de la dure-mère.
Le développement du kyste peut se faire soit vers l'extérieur, soit vers la cavité crânienne, où il peut comprimer et déformer le cerveau, soit encore en cas de kyste du sinus frontal vers les cavités orbitaires.
SYMPTOMES. — Ces kystes ont été observés plutôt chez de jeunes sujets. Ils ne trahissent leur présence par aucun symptôme jusqu'au jour où apparaît la tuméfaction osseuse, qui peut prendre un volume plus ou moins considérable, atteindre celui du poing et qui se présente sous la forme d'une saillie arrondie, de consistance variable suivant la période d'évolution du kyste; dure lorsque la paroi osseuse n'est pas profondément altérée; donnant la sensation de crépitation parcheminée ou la sensation d'un couvercle qui se laisse déprimer lorsque la paroi est notablement amincie: fluctuant lorsque le kyste fait saillie au dehors à travers une perforation de l'os. En cas de kyste développé dans le sinus frontal, la tuméfaction débute à la racine du nez ou à la tête du sourcil.
Lorsque la tumeur, après avoir usé la table interne de l'os, est venue se mettre au contact des méninges et du cerveau, elle peut être animée de battements et de mouvements de soulèvement, qui lui sont transmis par les organes voisins. Elle peut, de son côté, provoquer du côté de l'encéphale des phénomènes de compression, comme toutes les tumeurs susceptibles de diminuer la capacité crânienne. Le développement du kyste vers l'orbite peut amener des troubles de la vision; il y a exophtalmie, et on a noté l'œdème de la papille. L'évolution du kyste se fait très lentement, sans phénomènes douloureux; mais cette évolution est parfois troublée par l'apparition de complications.
Le kyste peut s'enflammer, suppurer; il peut s'ouvrir spontanément au dehors, laissant persister un trajet fistuleux, qui conduit dans la cavité fongueuse du kyste.
DIAGNOSTIC. — Une exostose du crâne, un foyeh n'osTihrE com- MELSE OU d'ostéite tuhekculelse, un s.vHcoME pcuvcut être confondus avec un kyste hydatique de la paroi crânienne. Le diagnostic de la nature hydatique de la tumeur présente de bien grandes difficultés, étant donnée la rareté des kystes hydatiques, auxquels on ne songe pas. Une ponction exploratrice, lorsque celle-ci est possible, lèverait tous les doutes en ramenant un liquide clair, limpide, renfermant des crochets caractéristiques.
TRAITEMENT. — Le seul traitement qui convienne est la trépanation de la paroi osseuse qui recouvre le kyste, l'ouverture de celui-ci,