‹ Maladies du crane et de l'encéphaleChapitre 56 sur 123 · TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE. — SARCOMES · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA PAROI OSSEUSE. — SARCOMES

l'extirpation de la poche et le tamponnement avec de la gaze; la cavité s'oblitère secondairement par granulation de ses parois.

2" Chondromes. — On a signalé soit à la voûte, soit ;\ la base, l'existence de quelques cas de chondromes. Ces tumeurs, dont le développement peut se faire soit vers l'extérieur, soit vers la cavité crânienne, sont exceptionnelles et ne méritent pas de retenir plus longtemps notre attention.

3° Sarcomes (1). — Ces tumeurs peuvent siéger en un point quelconque de la voûte ou de la base. Les sarcomes de la voûte ont seuls un intérêt chirurgical et nous occuperont plus particulièrement. On les rencontre dans les deux sexes et à tout âge; Neufeld (2) a même signalé l'existence d'ostéosarcomes congénitaux du crâne. Il semble que, dans un certain nombre de cas, on doive attribuer au traumatisme un rôle prédisposant dans l'apparition de la turncur.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Ces sarcomes présentent des caractères anatomiques analogues à ceux qu'on trouve dans les autres os. On peut rencontrer les formes fuso et globo-cellulaires, le sarcome à myéloplaxes, le myxosarcome, le cystosarcome, l'angiosarcome.

La tumeur naît tantôt aux dépens du périoste, tantôt aux dépens du diploé. Les tumeurs d'origine périostique siègent au niveau de la face externe de l'os, qu'elles peuvent à un moment donné envahir et perforer pour pénétrer à l'intérieur de la cavité crânienne. Ces sarcomes périostiques appartiennent surtout aux formes fuso et globocellulaires (Cushing). On trouve souvent, au niveau de leur point d'implantation, une gangue de périostite ossifiante qui donne en ce point une consistance très dure à la tumeur.

Les tumeurs nées aux dépens du diploé, entre les deux tables de l'os, sont pendant un certain temps recouvertes d'une lame osseuse qu'elles finissent, en la refoulant, par user et détruire, surtout au niveau de leur sommet. Ces tumeurs d'origine diploïque sont généralement constituées par des cellules géantes (Cushing).

La région temporale est une région de prédilection pour l'apparition des sarcomes (3).

Certaines de ces tumeurs atteignent des dimensions énormes : la

(1) Wf.isswangf., Primaren Sarkomen der Wande der Scliiidelhohle {Inaug. Disseri . , Tiibingen, ISOT). — Baeff : Ostéosarcome de la voûte du crâne, 1903, n" 7.

(2) Neufeld, Gongenilales Osteosarkom der Schadels {Beitr. z. klin. Chir., Bd. XIII, 1895, p. 730).

(3) Polosson et Bérard, dans leur Rapport sur les tumeurs des os, au Congrès français de chirurgie de 1899, ont rapporté 21 cas de sarcome du crâne recueillis sur 691 cas de tumeurs des os et repartis, au point de vue de leurs variétés, de la façon suivante : 3 ostéosarcomes d'origine médullaire, 13 ostéosarcomes d'origine périostique, 5 tumeurs à myéloplaxe.

figure 82, empruntée ù l'ouvrage de Cushing, montre le volume considérable qu a pu prendre chez un enfant un sarcome périostique de la région temporale, accompagné de métastases cervicales.

Quelle que soit l'origine du sarcome, celui-ci a toujours une marche envahissante: il s'étend parfois fort loin dans l'épaisseur de l'os lui-même ; il peut gagner en surface, envahissant les enveloppes péricraniennes et la peau, qu'il linit par détruire ; il peut se développer en profondeur, refoulant la

Fip 82. - Knorme sarcome périostique de la région Ju,e-mère, qu'il reStemporale, avec métastases cervicales (Johns Hop- '

kins llospitali (daprès Cushing). pecle généralement;

il est parfois en

même temps extra et intracranien ; enfin, au niveau de la base, il peut s'insinuer dans les cavités voisines du crâne (cavités nasale, orbitaire, sinus) ou, prenant un développement intracranien, se melti-e au contact du ganglion de Gasser ou des nerfs de la base qu'il comprime.

La généralisation sarcomateuse peut être observée.

SYMPTOMES. — Il est exceptionnel que la tumeur révèle son existence au début par des phénomènes de compression intracranienne; c'est cependant une hypothèse admissible dans le cas d'une tumeur née des parties profondes de l'os et à développement intracranien. Le plus souvent le sarcome se manifeste au début par une tuméfaction dure et régulière de l'os. A mesure que le sarcome se développe et amincit la paroi osseuse en l'envahissant, la tumeur prend un aspect moins régulier, sa consistance devient inégale, parfois môme elle est animée de battements, et elle peut présenter à un moment donné le phénomène de la crépitation parcheminée. Les téguments, qui d'abord étaient mobiles à la surface de la tumeur, deviennent bientôt adhérents ; la peau est recouverte de veines dilatées; elle prend un aspect irrégulier et finit par s'ulcérer. Ces ulcérations, à travers lesquelles la tumeur s'étale au dehors sous forme d'une masse fongueuse, deviennent la source d'hémorragies et de j)hénomènes d'infection.

Page 1