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RÉSULTATS OPÉRATOIRES

la moitié des cas qu'on opère, il s agit de sarcomes et de gliomes ; et nous n'obtenons pas de meilleurs résultats, pour ce genre de néoplasmes, dans les autres régions de l'économie. »

Malheureusement ces statistiques globales n'ont à mon sens qu'un intérêt relatif, d'abord parce qu'elles sont certainement incomplètes, un grand nombre de cas malheureux n'y figurant pas (j'en connais qui n'ont jamais été publiés), ensuite parce qu'on y apprécie en bloc les résultats fournis par des opérations faites dans des conditions absolument dissemblables. Il importe, en effet, de juger séparément les résultats des opérations palliatives et curativcs; et, sansenlrer ici dansl'appréciation toujours fastidieuse des chiiïVes, je pense qu'on peut accepter actuellement les conclusions suivantes: Les opérations palliatives ne sont pas des interventions graves, à la condition qu'on s'abstienne d'explorations cérébrales prolongées et inutiles ; cependant leur mortalité opératoire est assez élevée parce que les malades sont opérés très souvent dans un état d'affaiblissement profond. Les résultats qu'elles fournissent sont appréciables; mais naturellement de durée éphémère. On rencontre cependant un certain nombre de malades dont l'existence a été prolongée de plusieurs années, au delà môme de cinq ans chez des opérés de Cushing. Quelques patients opérés dans un état comateux ont cependant bénéficié de l'opération. Généralement on constate la diminution ou la disparition des douleurs et un retour de l'intelligence ; les paralysies sont améliorées, les convulsions atténuées ; on a noté dans un assez grand nombre de cas le retour complet de la fonction visuelle par disparition de l'œdème papillaire ; d'après Rohmeret Dupont, on observerait, aupointde vue des troubles visuels, après les trépanations palliatives : 28,57 p. 100 de guérisons, 42,85 p. 100 d'améliorations et 28,59 p. 100 de résultats nuls. Tout dépend, en pareil cas, de l'état plus ou moins avancé des lésions du nerf optique (1 ).

(1) Pour Sacngei" [Berlin, klin. Wochenschrifl, 12 nov. 1906), la trépanation palliative du crâne est, dans l'état actuel de la chirurgie, une opération presque dépourvue de danyer et qui donne des résultats sensiblement meilleurs que ceux de la ponction lombaire ou de la ponction des ventricules latéraux. C'est une intervention des plus bienfaisantes que l'on peut recommander dans toutes les tumeurs inopérables du cerveau pour soulager les souffrances du malade et pour le préserver d'une cécité imminente. Saénger a pratiqué la trépanation palliative dans dix-neuf cas; le résultat fut des plus favorables chez quatorze malades; les troubles diminuèrent sensiblement et dans quelques cas disparurent même tout à fait. Dans les cinq autres observations, deux fois l'eU'et favorable de la tréj^anation ne s'est montré qu'après agrandissement de la brèche crânienne pi imilive; chez deux autres malades, le résultat de l'opération l'ut nul, et, dans un cas de tumeur à la base du cerveau, la trépanation fut immédiatement suivie d'un état soporeux qui ne larda pas à aboutir à la mort. Le moment précis de l'intervention opératoire palliative est, pour l'auteur, le début de l'alTaiblissement de la vue. Eu opérant plus tard, on risque d'exposer le malade à une atrophie définitive du nerf optique.

Chirurgie. XIII. 23

Les opérations curatives ont un pronostic opératoire qui varie avec le volume, la nature de la tumeur, son siège superficiel ou profond, la région qu'elle occupe. C'est à la suite de ces opérations curatives qu'on a pu constater des améliorations durables ou même des guérisons; dans la statistique de Duret, on voit que, parmi les opérés qui ont pu être suivis, il y en a 44 dont la guérison persistait de trois mois à un an après l'opération; 21 de un an à deux ans; •22 de deux à trois ans; 14 au delà de trois ans. Ce sont là des chiffres qu'il faut prendre en séi'ieuse considération, mais peut-on dire que ces malades « guéris >> étaient revenus à l'état de santé antéi-ieure ? Non assurément; dans la plupart des cas, où il s'agit de tumeurs ayant lésé la substance nerveuse, la reslitiitio ad inlegriim n'est pas complète; il persiste chez les opérés (fait sur lequel n'insistent pas suffisamment les auteurs) des troubles de l'intelligence, des troubles de la sensibilité et de la motilité en relation avec la destruction de certains centres, des crises convulsives entretenues quelquefois par une cicatrice succédant à l'ablation de la tumeur. Les malades sont certainement très améliorés par l'opération, mais ils n'ont pas vu disparaître tous les troubles qu'ils éprouvaient.

Chez l'opéré du professeur Poirier, auquel on enleva un angiome sous-cortical de la région rolandique et dont j'ai cité l'observation dans ma thèse, le résultat de l'opération était sans doute très satisfaisant, cependant on ne peut pas dire que la guérison fût absolue au sens propre du mot; en effet, si le mal de tête avait complètement disparu, si les fortes crises d'épilepsie avaient cessé, si la paralysie s'était notablement améliorée, il faut reconnaître qu'il existait encore des ébauches de crises épileptiques, rares il est vrai, durant d'une à deux minutes, sans douleur et se répétant à des intervalles très variables : la vue ne s'était pas améliorée à gauche, et le bras anciennemenl paralysé, quoique susceptible de rendre au malade de grands services, fonctionnait moins bien que la jambe correspondante; ce sont les mouvements des doigts qui étaient le moins satisfaisants, surtout ceux du pouce et de l'index. C'est ce qui explique que le malade, qui était jadis imprimeur lithographe, ait été obligé d'abandonner son métier pour exercer celui de concierge. Que d'exemples semblables on pourrait citer !

Et cependant ces résultats seraient encore très appréciables si les opérés, du fait de la nature de la tumeur, n'étaient exposés à des récidives trèsfréquentes ; dans plus de la moitié des cas, en effet, d'après les statistiques, les tumeurs opérées étaient de nature maligne, c'est-à-dire sujettes à récidive, comme le sont les autres tumeurs malignes de l'organisme ; il est vrai que certains malades ont été réopérés jusqu'à trois ou quatre fois et qu'on a obtenu ainsi des prolongations d'existence variant de quelques mois à un an et même davantage.

Malgré ces réserves dans l'état actuel de la chirurgie des tumeurs

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