TECHNIQUE OPÉRATOIRE
peutique spéciale. — Les tlbehcli.omes liAMoi.us, à TétuL trabcès froid, seront traités par louverlure de l'abcès, suivie d un curcttage léger et d'un drainage.
Le traitement des kystes est dillerent suivant la variété de kyste observée :
Les KYSTKs SIMPLES sorout incisés et drainés ou mieux extirpés; mais il ne faut pas les confondre, ce qui n'est pas toujours facile, avec les kystes néoplasiques (sarcomes ou gliomes kystiques), dans lesquels l'élément kyste peut être prédominant ; ces tumeurs kystiques ne sont pas justiciables d'une simple incision, qui serait bientôt suivie de récidive, mais de l'extirpation de la poche et de la substance nerveuse voisine qui l'entoure ;
Les KYSTES UYD.vTiouEs, après avoir été reconnus le plus souvent par la ponction, seront traités par l'évacuation lente du contenu, l'incision delà paroi kystique, l'extirpation de la membrane mère, suivie de la suture; c'est incontestablement la méthode de choix. On se contentera d'un drainage superficiel entre l'os et la dure-mère. Il est préférable de ne pas injecter de solution formolée à l'intérieur du kyste avant d'en faire l'ouverture, par crainte que le liquide ait une action nuisible sur la substance nerveuse voisine.
Les KYSTES DERM0ÏDES scrout traités par l'ablation de la poche, et, dans le cas où celle-ci seraitimpossible, on se contentera d'un curetlage de la cavité suivi d'un tamponnement, et la guérison sera obtenue par bourgeonnement secondaire.
Les ANGiOAUis, lorsqu'ils sont localisés, peuvent être enlevés comme une tumeur; lorsqu'ils sont diffus, racémeux, formés de vaisseaux tortueux, l'extirpation doit être précédée de la ligature des vaisseaux qui entourent la tumeur. La simple ligature des gros vaisseaux a même fourni, dans certains cas, d'heureux résultats.
Les ANÉvitYSMEs dcs artères cérébrales seront de préférence extirpés après ligature des bouts afférents et efférents ; mais la ligature à distance des carotides est un moyen avec lequel on peut également compter.
Les accidents qui peuvent survenir au cours de l'opération sont : I'hémorragie et I'ouverture des ventricules. L'hémorragie sera combattue par les ligatures (en cas de blessure des sinus, on pourra faire la ligature totale ou latérale des sinus), le tamponnement, la compression. L'ouverture des ventricules est une complication qu'il faut autant que possible éviter, bien que les dangers de cette ouverture semblent avoir été exagérés et que l'on cite un certain nombre de cas où elle n'a pas eu de suites fâcheuses.
Les accidents post-opératoires sont : le shock traumatique ; I'hyperthermie (40, 41, 42 et même 43°), apparaissant tantôt dans les premiers jours après l'opération, tantôtplus tardivement et survenant à la suite d'opérations laborieuses et de l'ouverture des ventricules ;
il semble qu'elle doive être attribuée à des causes diverses (Duret) infection suraiguë, toxi-infection des tumeurs, lésion ou irritation des centres thermiques; des troubles convulsifs (attaques épileptiformes) et parai.ytiolks f hémiplégies, monoplégies, aphasie, anesthésies, etc. ), qui sont souvent transitoires, niais peuvent persister en cas de lésions destructives (Duret) ; de la toupelr cérébr.vle, qui disparaît en cas de guérison; des troubles de nature infectieuse: méningo-encéphalite, hernie cérébrale consécutive qu'il ne faut pas confondre avec la hernie primitive survenant par suite de l'hypertension intracranienne dès que le crâne est ouvert.
Il résulte des statistiques les plus récentes que l'opération a été pratiquée trois fois plus souvent chez l'homme que chez la femme, probablement parce que l'homme est plus exposé aux traumatismes, qui favorisent la production des néoplasmes chez des sujets prédisposés; que le maximum de fréquence des opérations a été de vingt à cinquante ans; enfin que les tumeurs opérées occupaient la région motrice dans la proportion de 61 p. 100 des cas.
Résultats opératoires. — Il nous reste à apprécier les résultats de l'intervention chirurgicale dans les tumeurs inlracraniennes. Il importe, à ce point de vue, de distinguer les résultats fournis parles opérations concernant les tumeurs intracraniennes d'origine méningée, ceux que donnent les tumeurs cérébrales à proprement parler. Les opérations pour tumeurs méningées, surtout lorsque celles-ci n'adhèrent pas au cerveau, sont relativement bénignes; c'est ce qui ressort des faits publiés dans la thèse de Couronnet (1903) et de la statistique des chirurgiens hollandais, citée par Duret, qui ont obtenu 5 succès complets et définitifs sur 10 opérés de ce genre.
Les opérations pour tumeurs d'origine nerveuse sont certainement beaucoup plus graves, et, parmi ces tumeurs, celles qui occupent la région du cervelet ont un pronostic opératoire bien plus sombre.
Dans la statistique qu'il a récemment publiée (1905) et qui porte sur 400 cas de tumeurs encéphaliques, Duret, envisageant en bloc les résultats obtenus dans les opérations tant palliatives que curatives, af rive aux conclusions suivantes : « Les malades succombent aux accidents primitifs de l'opération (shock, hyperthermie, hémorragie, méningo-encéphalite) dans la proportion de 19,5 p. 100 ; /
Le nombre des malades ayant bénéficié de l'intervention s'élève à 73,25 p. 100;
Un examen sévère et consciencieux montre que 258 opérés sur 400, c'est-à-dire plus de la moitié (3 sur 4) ont eu des améliorations notables, persistantes, ou des guérisons.
On possède des documents sur 134 d'entre eux, qui permettent d'affirmer qu'ils y ont gagné une prolonijation de l'existence, assez souvent pendant plusieurs années : pour un certain nomlire, la guérison paraît devoir èti'o définitive. 11 ne faut pas oubliei' (jue, dans près de