‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 68 sur 83 · PREMIER CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

PREMIER CHAPITRE ADDITIONNEL

SPHYGMOMANOMÉTRIE

La sphygmomanométrie, c'est-à-dire la mesure de la tension arlérielle, n'a été usitée pendant longtemps qu'en physiologie. C'est Haies, le premier, qui eut l'idée de mesurer la pression sanguine sur la carotide d'un cheval. On connaît les manomètres de Faivre et de Paisenille, l'hémomètre de Magendie, les appareils de Marey, de Chauveau, de Ludwig-, de Setschenow,'etc. Je n'ai pas à les exposer ici, puisqu'il s'agit d'appareils de phyf^iologie. Ceux que je veux décrire, au nombre de trois, peuvent €tre au contraire employés dans la clinique journalière.

1^ Premier sphygmomanotnètre de Basch. — Ce sphygmomanomètre est abandonné depuis quelque temps par son auteur II se <:ompose d'un manomètre à mercure, à deux branches (m) en commumcation au moyen d'un tube en caoutchouc rempli d'eau avec la pelote (p) destinée à être appliquée sur l'artère. En a se trouve un tube en T communiquant avec le manomètre par J anneau b et par le caoutchouc c avec l'entonnoir de verre \/ ■entonnoir que l'on peut séparer par un robinet, de l'appareil rempli d eau ^ (Voir figure 7, à la page suivante.)

2 becond sjihygmomanoinèlre de Basch. — Cet annireil .^ompose d'un manomètre métallique F communit^ri id dun tube en caoutchouc D avec la pelote A. Cett^e ote cT t^'T^'l^, ^'a^issemeiJt. Pour se ^.

pareil, ,1 f.ut avoir mtroduU, au préalable, de l'eau dans \

' Basch. Zeilscnnri filr die Klin. nedicin (Berlin. 1881).

tube D. Pour cela on ouvre un petit robinet E avec une clé mobile G, et dès que Teau a suffisamment distendu l'ampoule, on ferme ce robinet. (Ce liquide une fois introduit peut y rester longtemps et Ton n'a besoin d'en remettre que lorsque l'ampoule s'est de nouveau affaissée et forme une surface concave au lieu d'une surface convexe.) La pelote est renfermée dans une envc-

Fig- ''■

loppe métallique B, mobile à l'aide du ressort G Pour se servir de rinstrument, on prend la tige du petit tambour métallique auquel est fixée la pelote, et on appuie sur elle jusqu a ce que edoigt fixé au-dessous de l'appareil, sur l'artère radiale, ne sen c plus de battements. Il faut se rappeler qu'avec cet appareil, la tension artérielle normale est représentée par le chiffre de 11 a 1(> pour la tension radiale, et par celui de 9 à 12 pour la temporale Basth recommande plutôt l'exploration de cette dernière, par e qu'elle repose sur un plan plus résistant parce j « P superficielle et qu'elle est peu séparée du doigt par les tissus environnants'. (Voir figure 8, à la page suivante.)

^Basch.(56'W/«.A7i«.,iroc/.,1888,n" 12.)

SPIIYGMOJIANOMÉTRIE

3° S2Jhyg7nomanomètre de Potain. — Il se compose d une ampoule en caoutchouc A, d'un tube de transmission B, d'un tube supplémentaire G avec son robinet, d'un manomètre E. J'y ai ajouté une poire en caoutchouc D que l'on adapte sur l'ajustag-e C lorsqu'on veut se servir de l'appareil, et qui est destinée à faire pénétrer l'air dans les deux tubes C et B.

L'ampoule A est en caoutchouc; la partie qui doit être appliquée sur l'artère est en caoutchouc plus faible et moins résistant.

Avant de se servir de l'instrument, on insuffle de l'air dans les tubes B et C au moyen de la poire en caoutchouc D que 1 on presse entre les mains après avoir au préalable ouvert le robmet du tube G. Quand, sous l'influence de cette injection dair, l'aig-uille du manomètre est arrivée à 4 ou 5 divisions du cadran, on ferme le robinet du tube G. Alors, l'ampoule est sufhsamment gonflée par l'air et résistante, et l'on peut appliquer le sphygmomanomètre sur l'artère radiale, et voici quel est son mode d'application : Tavant-bras est d'abord placé horizontalement et dans la demi-pronalion, avec la main pendante vers le bord cubital (Potain). Puis, on place l'ampoule A, par sa partie mmce, sur l'artère radiale, en ayant soin de l'âppliqucr'dTns oVll r'T ^TV'" à la direction du vaisseau,

ment au rW '^^^^^^ unméôl.le-

Tll uf P ^^-^^^^ons du doigt indicateur de façon a effacer complètement l'artère et à empêcher la récurrence

S26 LEÇONS DE ïlIÉa\rEUTIQUE ET DE CLINIQUE MÉDICALES

palmaire. — Alors, les choses étant ainsi disposées, on peut commencer à mesurer le degré de tension artérielle. Pour cela, l'indicateur de la main droite qui tenait l'ampoule sur le vaisseau artériel, appuie progressivement sur cette ampoule, jusqu'à ce que le doigt indicateur gauche appuyé sur la radiale, ne sente plus les battements de l'artère. Le moment précis de la dispari-

Fig. 9.

tion de ces battements est celui où l'on doit hre sur le cadran du manomètre la mesure exacte de la tension ^ "^^ mesuré par les chiffres 16 et 18 ; au-dessous de ««^/^l"^^^;; de l'hypotension artérielle, et au-dessus, il y a de 1 hypertension.

^^uL^lerinaladies qui présente parfois une faiblesse très accusée de tension artérielle est la fièvre tijphoUle, et c est ainsi qu on a vu l'aiguille du sphygmomanomètre jusqu'à 7 o^^ /livisions La maladie qui s'accompagne de la tension arterielh^ plu élevée est l'artério-sclérose, la néphrite .interstitielle, et c es ainli que j'ai pu parfois constater dans ces maladies le chiffre de

^^Quand on ne se sert plus de l'instrument, il.est bon d'ouvrir

SPIIYGMOMAXOMIiïRIE

le robinet du lube C, afin de sortir l'air de l'appareil, et de ne pas laisser l'ampoule dans un état de distension continuelle, qui pourrait altérer ou rompre le caoutchouc. Cette précaution est d'autant plus importante à prendre, que cette ampoule constitue la partie la plus altérable de l'appareil.

Ce sphygmomanomètre, comme tous ceux que je viens de décrire, est défectueux. On n'arrive, en résumé, qu'à une mesure approximative de la tension artérielle. La compression de la pelote ne s'exerce pas seulement sur le vaisseau, mais aussi par ses parties latérales, et tous les sphygmomanomètres ne permettent que de constater les grands écarts de la pression artérielle. Aussi, n'avais-je pas l'intention de les décrire, puisqu'ils devront être remplacés plus tard par des appareils plus sensibles. Je persiste à croire que, sans le secours d'un appareil quelconque, il est permis, sinon de mesurer, au moins de constater l'état de la tension artérielle, et je répète que le retentissement diastolique de l'aorte est un signe qu'il faut toujours savoir rechercher et trouver pour affirmer l'existence de l'hypertension artérielle. L'affaiblissement du ton diastoHque de l'aorte est, au contraire, un signe d'hypotension artérielle.

Enfin, on ne saurait trop répéter que les tracés spliygmographiques ne peuvent, en aucune façon, comme on la cru jusqu'à ce jour, nous renseigner sur l'état de la tension artérielle '

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