VERTIGE NASAL
Parmi les réflexes d'ori(^ine nasale, le vertige est un de ceux qu'il importe le plus d'examiner en détail parce qu'on est exposé à le méconnaître en attribuant à une affection d*o« reille ce qui est dû à la muqueuse nasale.
On a publié des observations où de prétendus vertig'cs de Ménière* avaient disparu à la suite de g'alvanocautérisations des cornets. Nul doute qu'il se .soit agi dans ces cas de ver* tiges nasaux.
Il est donc utile d'insister sur Texpression vertige nasal pour que les praticiens n'ignorent pas cette variété detroubles vertigineux et que les spécialistes soient mieux à mémo d'interpréter la pathogénie.
Michel (de Cologne) est le premier qui en fasse mention dans son Trailé des maladies des fosses nasales (1876). Depuis sont venus les travaux de Hack (de Fri bourg) 1883, de Massei (1885), de Joal (neuf observations inédites, 1887), do Castex et de Lacroix.
Ce vertige a été observé dans un certain nombre de lésions nasales.
Le plus ordinairement c'est dans la rhinite hyperlrophique.
6t6 Maladies du nez
On pouvait s'y attendre éti raison de -la fréquence de celte
altération.
' On Ta signalé dans 'les catarrhes naso-pharyngiens. Moll
(d*Arnheim) Ta noté comme complication de synéchics entre
te cornet inférieur et la cloison.
Je l'ai vu chez une femme de 50 ans qui avait eu une fracture du nez ; Torgane était affaissé par la disjonction des deux os propres. L*os nasal droit avait même dû être extrait çt il en résultait une cicatrice sur le versant correspondant du nez. La cloison avait été tassée et infléchie vers la fosse nasale gauche, de sorte que la respiration était moins libre de ee côté. La malade éprouvait des vertiges, surtout quand ellQ était dans la rue. Elle éprouvait alors des envies de vomir, devenait pâle et se sentait défaillir, mais sans tomber, ni voir tourner les objets autour d'elle.
Dans un autre cas, il s'agissait d'un corps étranger. Un médecin avait mis dans le haut de ses fosses nasales un tampon d'ouate imbibé de solution cocaïnique, moyen qui lui réussissait' assez contre les céphialalgies. Il lui arriva de ne pouvoir le retirer pendant une heure. Durant tout ce laps de temps il fut pris de vertiges. On ne peut incriminer la cocaïne, car le moyen avait été souvent employé sans déterminer les mômes troubles. Seul le corps étranger était eu cause puisque les vertiges cessèrent dès qu'il put être rétibé.
Lacroix a observé du vertige ddhs un cas de myxôme. Guye (d'Amsterdam) le sij^nale dans les végétations adénoïdes. Il n'est point rare dans les diverses sinusites. Enfin Joal le signale dans la pratique des irrigations nasales, à la suite de cautérisations portant sur la muqueuse et par l'action de certaines odeurs fortes.
' Caractères. — Le sujet voit tourner autour de lui, mais il est rare qu'il fasse une chute. Ce vertige est une manifes* talion isolée, mais parfois il peut être associé aux divers autres réflexes que j'ai signalés plus haut. Il complique de préférence les rhinopathies sans lésions graves.
Pathogénie. — Elle est obscure,' car lé vertige, comme au temps d'Axcnfeld, reste une t énigme inexpliquée ». Com^ menî en serait-il autrement ÎOn'n'bst môme pas fixé su^ le
NÉVROSES. D-'ORIGINENASALE 6it
mécanisme phjsiologiquei dé la sensation d'éqûiljbrer Joal admet qu'il ya d*abord excitation di| trijumeau v puis réflexe sûr les vaso-moteurs encéphaliques parvenantpar le gang>lioa deMeckel, d*où. anémie cërébralq et VQrtige.! Donniez croif plutôt à un phénomène d'inhi^itioii. — ^
Diagnostic. • — Ce vertige a nasà imso doit être différeRciéi des autres vertiges, auriculaire, g'astrique, oçùliaire, cérébr^U' utérin, neurasthénique, etc. On. y arrive par Toxamen d^" taillé du malade. Le diagnostic serait indiiscutable si l'excitatjbn. do la muqueuse avec le- stylet coudé amenait des> sensations vertigineuses. i ... '»
Traitement;. -~ On doit d*àbord fâirale^ailêiâéillt: local quindiqueTétat du'Jiez; Cautéiiisâtions, résection de cornets^ etc. Puis on combattra le nervosismc par Thydrothérapie^ ane.curc à Aix, à Néi*is.; .j . »