‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 159 sur 282 · D.IO-G · texte numérisé non relu

D.IO-G

(1) }yiener med., Wochemchr., n»» 8 et 40, 1894.

On voit que :

La voix haute est perçue à 10 cent, à droite,

— — à 4 cent, à g'auche, La voix chuchotée — à 2 cent, à droite,

— — ai cent, à gauche.

Le Weber est latéralisé à droite.

Le Rinne anormal à droite.

Le Schwabach et le Gellé positifs à droite.

Ce tableau se prolonge à volonté.

Réactions électriques du nerf auditif. — Cette méthode, imaginée par Brenner en i869, consiste à faire passer un courant électrique continu à travers Toreille. L'anode (pôle positif) est appliquée sur le côté du cou et la cathode (pôle négatif) sur le tragus. Si le nerf réagit normalement, il doit percevoir au début une sensation sonore, puis une élévation du son, enfin des bourdonnements ; mais il faut dire que des douleurs, des convulsions, des vertiges ou des nausées contraignent souvent à renoncer à l'épreuve électrique de Brenner.

Épreuve des deux diapasons, aigu et grave. — Les recherches d'ilartmann tendent à prouver que si la perception des sons graves est perdue, une sclérose tvmpaniquc est probable, et qu'au contraire, si c'est la perception des sons aigus qui est abolie, l'affection est plutôt labyrinthique.

Dans la pratique, l'essai de l'oreille aux deux voix, haute et basse, l'épreuve de Weber, celle des trois diapasons et l'épreuve de Gellé suffisent.

Surdité simulée. — Les moyens à employer diffèrent, selon que le simulateur se dit sourd d une seule oreille ou des deux.

S'agit-il d'une seule oreille, on peut recourir au moyen de Moos (d^Heidelberi;;') : mettre dans l'oreille avouée saine un tampon de ouate et faire vibrer le diapason sur le vertex. Dans ces conditions, le sujet doit entendre, au moins de l'oreille saine. Si, trompé par l'occlusion de sa bonne oreille, il dit n'entendre ni à droite, ni à gauche, c'est un simulateur.

Si le sujet en observation se dit sourd des deux oreilles, on cherche à le surprendre, quand il ne s'y attend pas, par

exemple au sortir du sommeil chloroformique. L'examen direct de l'oreille apporte des renseig'nements. D'une manière générale, le vrai sourd fixe attentivement son interlocuteur, cherchant à lire sur ses lèvres : le faux sourd baisse la tête et joue rinattention. L'attitude seule doit mettre en éveil la méfiance du médecin.

Examen de VauditioD chez les entants. — Quand on

a des doutes sur l'audition d'un enfant, il faut procéder à l'emploi des voix haute et chuchotéc dans un silence ambiant absolu.

Un bon moyen est la dictée au tableau noir (Gellé). On surprend l'enfant hésiter à écrire ou écrire le mot à peu près, « loyer » pour « noyer, » par exemple. On dictera des phrases incohérentes pour que le sens de la phrase n'aide pas l'enfant. De la sorte on peut ensuite placer les élèves dans la classe, plus ou moins près du professeur, selon la portée auditive de chacun.

Moyenne de l'audition normale. — Nous avons entrepris, Lajaunie et mqi, un certain nombre de recherches sur la moyenne de l'audition normale afin de pouvoir mieux évaluer ce que les diverses affections de l'oreille lui font perdre de la valeur acoustique. Cette comparai* son nous parait avoir sa portée pratique dans plusieurs circonstances. Par exemple pour apprécier les pertes audi» tives à la suite d'un accident de travail ou encore pour déterminer inaptitude au service militait^, ou pour décider de l'admission de candidats à certaines écoles professionnelles. C'est principalement dans ces cas qu'un terme de comparaison manque pour établir un jug'emcnt.

Nos expériences portent : 1° sur le champ auditif, 2** sur la durée de perception auditive, .3^ sur l'évolution physiolog-ique et l'audition aux divers âges.

1^ Champ auditif. — Les auristes divergent sur la signi* fication qu'il faut donner à ces expressions. Il nous a paru qu'il fallait procéder pour l'oreille comme pour l'œil et désigner par champ auditif tout le champ d'espace dan^ lequel une oreille entend.

Les diverses mesures acoumétriques prises séparément

pour les deux oreilles d'un même sujet nous ont amené à construire un graphique dont voici le tracé (R^. 268) :

Le sujet est placé en S écoutant successivement à droite et & gauche.

Ce graphique (iig. 268) est constitué par deux ellipses se superposant en partie et passant par les points extrêmes de la perception acoustique en avant et en arrière, à droite et à gauche du sujet.

Fig. 208

S, situation du sujet examiné. — A, limile anléricurc de l'auiUlion pour les deux oreilles. — P, limite postérieure de raudilion pour les deux oreilles, — D.D', limites auditives à droite et à gauciie de l'oreille. — G. G', Limites auditives à gauche et à droite de l'oreille gauche.

A la voix haute, nous avons trouvé que les deux oreilles entendaient sensiblement de même environ à 30 mètres pour Textrêmc droite et rcxlrémc gauche. Du côté droit, l'oreille gauche entend à i8 mètres, et du cùtc gauche l'oreille droite entend à cette même distance.

En avant les deux oreilles à 21 mètres, en arrière à 22.

En voyant ce tracé, on comprend que la meilleure perception se fera dans la zone où les deux ellipses se coupent.

Les épreuves à la voix chuchotée nous ont fourni des mesures à peu près ég'ales à la moitié de celles obtenues par la voix haute.

Ces chiffres que nous donnons n'ont, je le répète, que la valeur de simples moyennes. Ils varient en effet dans de 1res notables proportions, d'abord d'après les sujets, mais surtout d'après les conditions atmosphériques et d'après le lieu d'expérimentation. Ainsi Fhumidité de Tair et les grands espaces aug'mentent Tun et l'autre la portée auditive.

Mais ces essais se trouvaient limités entre les quatre murs d*un jardin. Nous voulions les transporter dans un grand espace. C'est ce qui nous a décidé à les répéter au Bois de Boulogne. Accompagné de six élèves de la clinique, nous avons répété ces expériences dans la plaine de Longchamps. Nous étions donc 8 expérimentateurs. Quatre écoutaient, deux parlaient ou criaient, les deux autres enregistraient les résultats. Et voici en moyenne et en chiffres ronds, les distances auxquelles les voix cessaient d'être pen;ues :

- Voix chuchotée 20 inôlrcs

Voix haute 50 —

Voix criée 450 —

Dans cette deuxième série d'essais, nous avons retrouvé les deux ellipses d'audition dont j'ai parlé plus haut.

2» Durée de la perception auditive. — Nos recherches ont été faites avec le diapason à marteau de Lucœ pour avoir toujours une note d'intensité à peu près invariable. Elles nous ont montré que chez les sujets à oreille saine, la durée de per^ ccption par la voie aérienne est de 30 à 35 secondes et la durée par la voie osseuse de 25 à 30 secondes. En d'autres termes la durée de la perception par la voie osseuse est moindre de i/6* environ. Cette notion peut servir à l'interprétation de diverses épreuves acoustiques, celle de Schwabach par exemple.

3o Audition aux divers Ages. — L'audition ne nous a pas paru très différente pour les trois âges de la vie, à l*acuité près bien entendu.

Chez Tenfant, la durée de la perception auditive est sensiblement la môme que chez l'adulte. Les diapasons aigus d'une part et la voix chuchotée d'autre part sont moins bien perçus.

Chez le vieillard, la diminution de Tacuitéporie aussi bien sur les sons graves que sur les sons aigus, sur la voix haute que sur la voix chuchotée.

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Gastex. — Mal. du Larynx. 3e éilil. 5i

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