‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 158 sur 282 · VIII. AuBCulttttion de l'oreille. — Tandis que In poire · texte numérisé non relu

VIII. AuBCulttttion de l'oreille. — Tandis que In poire

envoie de l'air dans la trompe, un tube de caoutchouc, dil

^^^^ tube d'auscultation, inter-

^m^^^^^^ f^^ entre l'oreille du ma-

-j^^Wr ^H^fc» '"^^ "' cel'^du médecin, in-

^^m m Jï^^ ^''''"^ àcelui-ci si l'air passe

^L^^ MM dans la trompe. Le Fait lui

^^^^M^ ^^' révélé par le souffle un

K- uDi .r 1. . peu rude qui lui est trans-

t\e,. Î81. — Tube Dloacope pour . r, . ■

ausculter l'oreille iiendant mis. Ueux embouts de verre

ciu'on fait une insuniation terminent ce tube otoscope,

d'air dnns la trompe d'Eus- ni-. ^ ■ ■ > <

j^çl,g ^ " Pohtzer en a imag-mé un à

trois branches, dont dcus .sont dans les oreilles du malade et la troisième dans celle du médecin; il permet de contrôler l'état des deux oreilles.

Curtis est l'inventeur d'un céphaloscope, siétoscope à large ouverture, qui permet d'ausculter en emboîtant le pavillon.

Qu'entend-on par cette auscultation de l'oreille ?

Si la trompe est normale, c'est un bruit desoufDc. Le bruit est faible et aigu, si la trompe esl étroite. Fort et grave si elle est large, intermittent quand il y a des rétrécissements. On entend dos râles crépitants quand les liquides contenus dans la trompe cl la caisse soni .séreux, de gros râles quand ces liquides sont plus épais. Enfin' on perçoit parfois un bruit de clapotement signalé parDeleau et qu'il attribuait aux soulèvements des lèvres du pavillon par l'air qui ressort de la trompe. Ces bruits s'entendent au moyen du tube otoscope (fig. 201).

L'auscultation de l'oreille permet encore d'entendre les

bruits musculaires que font les muscles de la caisse et du voile du palais et les bruits vasculaires.

Okuoeff (de Saint-PélersbourK^) remplace, sur le tuLc d'auscultation, une des olives par un petit spéculum de Toynbee en ébonite. Faisant vibrer un diapason sur la bossé pariétale, il promène le Toynbee autour de Toreilie. Là où le son est affaibli existe une lésion profonde. Il a pu, delà sorte, diagnostiquer une thrombose, du sinus latéral.

Enfin la percussion de Tapophyse avec un petit marteau spécial, l'éclairage électrique par le conduit auditif, la radioscopie sont encore des moyens utilisables pour le plus complet examen de l'oreille moyenne et de ses dépendances.

Après s'être renseigné sur l'état des deux premières parties de l'appareil auditif, on doit examiner Toreille interne. Le problème du diagnostic y est surtout difficile et important. C'est l'examen de l'ouïe dans ses diverses modalités et sa mensuration (acoumétrie) ,

Examen complet de Vouîe. — Pour faire un examen complet de l'ouïe, il faut chercher successivement :

1^ La portée, c'cst-à-dirc la distance à laquelle une oreille entend la voie haute et la voie chuohotée.

2^ La durée de l'impression sonore. Quand une oreille est normale, elle doit étouffer les sons dès qu'ils ont été perçus, afin de percevoir ceux qui se produisent après. Or, dans quelques cas pathologiques, la sensation se prolonge désagréablement en survivant au son. Je parlerai plus loin de l'épreuve de Schwabach qui sert à reconnaître ces cas particuliers.

3" L* étendue j que l'on mesure avec une série de diapasons allant du grave à l'aigu.

\^ La continuité, car il y a des surdités partielles pour certains sons seulement. C'est avec la série continue des diapasons de Bezold qu'on arrive à découvrir ces lacunes diatoniques.

o^ L'acut(^. Cette puissance de l'audition se mesure ave

un dispositif qu'a proposa E. Gellé. Un diapason (la?), monté verticalement sur une lîg:e qui oscille horizontalement, est mis en vibration. A cAté est placé un écran percé d'un trou au niveau duquel se met l'oreille à examiner. On écarte la tige de sa position de repos. Plus l'écartement est grand et plus le diapason passera vite devant l'oreille. On pourra voir, sur un arc gradué placé Bu-drssous de l'ensemble de l'appareil, l'écartement qui correspond ft la vitesse à laquelle l'oreille ne perçoit plus. Ainsi se chilFrera le degré de l'acuité.

Fie. 263. — Diapaso

{[" Duplay).

Divers procédés, d'inégale valeur, existent pour l'examen de la fonction auditive.

La montre, si elle est à la portée de tout examen, n'est pourtant qu'un mojen médiocre car l'intensité du tic-tac est variable cl parce qu'il est d'observation que, chez les ^ens A^és, il est. tout<!S choses égales d'ailleurs, très faiblement entendu. En tout cas, c'est en l'approchant peu à peu du malade que la montre doit élre cmplovéc.

Praut et Koapp ont proposé d'indiquer l'acuilé auililivo par une Traction. Le dénoininalcur jf indique la distance Jt laquelle la montre est entendue par une oreille normale et lo numérateur celle à laquelle entend l'oreille qu'on examine.

Le tifflel de Gallon (fiç. 262) permet d'essayer l'ouïe avec •les sons de hauteur un peu variable.

. Les tliapasoiis sont un Iticn meilleur moyen d'investigation (fi^. 203, 264. 265). On utilise d'abord le diapason ordinaire

lia'), puis on peut recourir à des diapasons graves (ia') ou à des diapasons aij^us (la''), pour savoir si l'oreille ezamiaf-c n'aurait pas perdu l'audition pour telle ou telle autre partie de l'échelle des sons.

Un bon diapason est celui dont le son se prolonge long;-

Icmps. On doit l'attaquer avec un petit marteau garDi do caoutchouc, pour éviter de produire les harmoniques du son.

Le diapason de Lucœ (Rg. 264) porte sur lui-même un mar* tcau qui le frappe avec une force toujours la mâme.

J'ai vu, k la clinique do Luue, à Berlin, un harmonium que le ma tire utilise à ce ^enre de recherches. Moos a démon' tré que les sons graves sont moins utiles pour l'audition que les sons atçus.

Pour les l'xi-mi.iiï i[iil iii'i;i'>sîloi\iî(;-[ii une exploration plus

approfoodie, il y adivcra acoumèlres [de Polilzer,dc U. Levi, de Hartmann, de Boudct (de Paris)], Usaudiphot>e3, les phonographes, la réaction aux courants électriques, l'audiomè- Ire de Ch. Henry {Sg. 266). L'acoumètrede PoJilzer (fi|ç.267) s'utiliçe en faisant frapper le cylindre par le battant et en approchant peu à peu du sujet jusqu'à ce qu'il perçoive le bruit ainsi produit. ,

De tous les moyens, le plus approprié, cesl la parole, puisqu'elle est l'ag'cot usuel du fonctionnement auriculaire. On peut employer d'abord la voix haute en s'approchant du malade jusqu'à ce qu'il perçoive distinctement le mot ou la phrase prononcés. On Dote alors la distance qui sépare du sujet. Puis, approchant de plus en plus, on prend la voix chucholéc

Fi g. 266. —

de Ch. Henry.

cl on note à quelle distance l'oreille soumise à l'examen a entendu distinciemeni. La perception de la voix chucholéc .s'aiTaiblit notablement plus que celle de la voix haute, par exemple dans les cas de sclérose tympaniquc. En moyenne, une oreille saine doit entendre la voix basse à 20 métrés. Les voyelles, les S et IcsH sont particulièrement mieux entendus.

On peut employer des nombres pour cet examen, une oreille qui perçoit le chifTrc un à la distance de 10 métrés, en voix chuchotée, peut être considérée comme excellente.

Épreuve de Dennert.— Quand on examine une oreille avec la voi.'c, pour bien s'assurer que ce n'est pas l'autre qui entend, quoique couverte, par la main du sujet, on fait couvrir et

découvrir alternativement Toreille examinée. Si de la sorte des différences d'audition ne se produisaient pas, ce serait bien Tautre oreille qui percevrait la voix.

L^cxamen par la parole une fois terminé, il faut inscrire les chiffres de la fonction auditive à la date du jour, pour les comparer avec ceux qu'on relèvera après un ou deux mois de traitement.

C'est le diapason qui est le mode d*cxamen le plus commode. Je rappelle que les vibrations sonores arrivent à l*oreille interne par les fenêtres ovale et ronde et par les parois osseuses qui l'enveloppent. La fonction auditive doit être examinée par deux voies différentes : voie aérienne et voie osseuse.

i* Pour Vexamen par la voie aérienne, le diapason est présenté à l'entrée du conduit auditif. On voit ainsi quelle est la durée delà perception.

âo Pour Vexamen de la voie osseuse (ou solidienne), on le fait vibrer sur Tapophvse mastoYde, sur le vertex, ou sur les dents incisives supérieures. Par la comparaison de ces deux perceptions, on obtient divers renseignements que nous allons exposer.

Les diverses manières d'utiliser le diapason constituent autant d'épreuves différentes désignées d'après le nom de leur inventeur. Nous signalons d'abord celles qui ont conquis le plus de crédit auprès des auristes.

Epreuve de Weber. — Elle est fondée sur ce fait souvent constaté que lorsqu'on fait vibrer un diapason sur le sommet du crâne (diapason^vcrtex), si l'une des oreilles est fermée par l'application de la main sur le pavillon ou par l'introduction d*un tampon de ouate dans le méat auditif, c'est précisément cette oreille qui entendra résonner le son plus fortement. On peut admettre, pour expliquer ce fait, que les vibrations émanant de la source sonore rencontrent un obstacle pour s'écouler au dehors et, retenues dans les cavités otiques, y ébranlent plus fortement l'appareil récepteur des sons. Par suite, répreuve de Wcbor consiste à faire vibrer un diapason sur le vertex et sur la ligne médiane. Si le sujet entend mieux le son à droite, on aura lieu

de penser que la caisse, se trouvant épaissie par une sclérose tympanique ou toute autre lésion, empêche l'issue des vi« brations sonores au dehors. On dît alors que le Weber est latéralisé à droite. L'épreuve peut être faite en mettant le diapason sur le frontal, les dents incisives, Toccipital.

Si on descend le diapason, au contact de la paroi crânienne, du vcrtex vers Toreille qui entend le moins, on arrive à un point neutre où le son est également perçu des deux oreilles. Or plus Toreillc moyenne est scléreuse et plus ce point est voisin de Tautre oreille ; plus un labyrinthe est scléreux et plus ce point est proche de lui.

Si on place le diapasonsur le côté du maxillaire inférieur, c'est Toreille opposée qui entend le mieux, parce qu*un contact plus intime s'établit entre la base du crâne et le con« dyle du côté opposé (i).

Gellé propose Vaudiphone pour apprécier la valeur de l'oreille interne. Il considère ce moyen comme très supérieur à l'emploi du diapason-vertex, auquel il reproche d'être va g'ue. Il a fait construire cet audiphone en celluloïd assez sem« blablc à celui de Dclstanche. L'instrument est placé entre les dents du malade. Ou parle devant lui et les vibrations sont transmises à l'oreille par voie osseuse (2),

Épreuve de Rinne. — Elle est fondée sur cette constatation empirique que, à l'état normal, le diapason présenté près du méat auditif y est plus fortement perçu que si on le fait vibrer sur l'apophyse. Si les conditions de l'expérience ne sont pas telles, on peut en tjrer cette conclusion que l'oreille n'est pas normale. Exemple : un diapason est approché du méat auditif, on attend qu'il ne soit plus perçu. A ce moment précis, on l'applique par son pied sur l'apophyse mastoïdc et le sujet entend encore un reste de tonalité. Nous pouvons alors conclure que la caisse (appareil de transmission) est en cause puisque le son envoyé directement à l'oreille interne par la voie osseuse rencontre moins d'obs-

(1) CouEToux (de Nantes), Ann. des mal. de l'or, et du lar., 1891, p. 391.

(2) Gellé, Ann. des mal. de l'or. ^/e/M /a;*., juillet 189i.

tacle. On dit que le Rinne est positif, ou mieux normal dans les condition^ normales de Texpérience et qu'il est négatif, ou mieux anormal si la voie osseuse s'est montrée la mcil* leure. Dans la rédaction des observations, on note: Rinne-|-, ou Rinne — .

Épreuve de Schwàbacb. — Elle repose sur la durée comparative de la perception sonore sous le diapason-vertex. Est-elle plus longue que sur une personne normale, on peut conclure à une affection de l'appareil de transmission (oreille moyenne) ; est->elle plus courte, l'oreille interne doit ôtre en cause.

Pour s'assurer qu'un diapas«on a réellement fini de vibrer, il faut lui faire exécuter des oscillations brusques. L'image de rinstrumcnt se montre striée, seulement s'il vibre encore. Épreuve de Bing. — Quand le diapason-vertex a cessé d'être perçu, on obture avec l'index l'oreille à examiner. S! cette obturation fait entendre un reste de sonorité (perception tardive de Bing), on conclut que les oreilles moyenne et externe sont libres, sinon ce son retardé ne se fât pas produit. Épreuve de Gellé (ou des pressions centripètes). — Ce procédé très ingénieux a pour but de nous renseigner sur la mobilité de Tétrier dans la fenêtre ovale et par suite sur les chances de succès d'une intervention de mobilisation. Si, tandis qu'un diapason vibre sur le vertex d'une façon continue, on exerce dans l'oreille externe, à l'aide du spéculum de Sicgle par exemple, des pressions successives, la compression se transmet à la membrane du tympan, puis aux osselets et Rnalement à la platine de Tétrier. Celle-ci s'enfonce à chaque coup dans la fenêtre ovale et le son so trouve interrompu. Si donc, pendant que le diapason vibre, une série de pressions sur la membrane laisse le son avec sa continuité, on peut en conclure que la palatine ne s'enfonce pas et que l'étrier se trouve ankylosé dans le pehia ovalis. Épreuve de Corradi. — Corradi (de Vérone) (1) a remarqué que si un diapason vibrant sur l'apophyse mastoïde est enlevé dès que la sensation auditive a cessé, puis remis

(1) C. Corradi, Arch. fur Ohrenheilk., Bd XXX, Helt 3.

■ ALADIE8 DES OREILLES

en place au bout de quelques secondes, raudîtion reparait encore. L'expérience peut être réjpétée deux^'ou trois fois (perceptions secondaires). Il semble donc qusle nerf auditif ait besoin de repos. Or, d'après Corradi, Tafllsence des per^ ccptions secondaires correspondrait à des lé/ions profondes dans les éléments nerveux de Toreille interii/.

Épreuve d*Eitelberg. — Quand il sev^prodoit des variations dans la perception d'un son continu, c*est l'indice d'une lésion labjrinthique.

Dans toutes ces épreuves, il importe de faire la différence entre le son perçu ou le frémissement du diapason.

Quand le labyrinthe est détruit, le nerf auditif peut entendre sans participation de l'appareil percepteur (Lucœ, Bonnier, Masini). La perception se produit par les divers points du squelette.

D'après les recherches de Rohrer sur la a torpeur du nerf acoustique », quand on hésite sur la question de savoir si c'est le labyrinthe ou le nerf acoustique qui est en cause, on cherche si Touïc est conservée pour les sons élevés de 7000 àSO.OOO vibrations. S*ils sont perçus, c'est que le limaçon est normal (i).

Les épreuves de Weber, de Rinqc, de Schwabach et de Gellé sont les plus usuelles.

Une fois toutes ces recherches terminées, il importe de noter, aux diverses dates ou on revoit le malade, les résultats obtenus.

J'ai adopté pour mon usage personnel un système de tableau que voici et dont on comprendra facilement la sigpnification.

Page 1