‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 193 sur 282 · V. — BOUGIRAGE · texte numérisé non relu

V. — BOUGIRAGE

Un grand nombre d'affections de la trompe d'Eustache doivent être traitées par l'introduction de bougies. C'est

pourquoi nous étudions le bougirage à part, à la fin de ce chapitre.

On désig'ne sous ce nom l'introduction d'une fine bougie dans la trompe d'Eustache, en l'y conduisant à travers une sonde d'Itard mise d'abord en place.

Cette méthode, imag^inée par Saîssy (de Lyon), adoptée par Itard, Kramer (de Berlin), a été vulgarisée par P. et E. Ménière.

Le bougirage est indiqué toutes les fois que l'insufflation simple n'arrive pas à envoyer de l'air dans la caisse, en particulier dans le traitement des scléroses tympaniques et des catarrhes tubo-tym paniques.

Technique. — On prend une sonde d'Itard de moyen calibre. Pour les bougies, on a le choix entre les bougies en gomme, en celluloïd, en baleine et même en argent femelle qui est malléable. Les premières sont préférables parce que le celluloïd est cassant.

Elles sont calibrées (fig. 260, p. 802) suivant la filière Charrière :

No i

i/3 de millimètre

No 3

Il est bon d'avoir aussi le n® i/2 (i/6 de millimètre).

Pour les maintenir aseptiques, on peut les conserver dans des tubes de verre hermétiquement fermés et dans le fond desquels est déposé du trioxyméthylène.

Les sondes et bougies en gomme et en caoutchouc sont très bien stérilisées par un séjour de trois quarts d'heure dans le stérilisateur à vapeur ordinaire. Cette stérilisation est soumise à deux règles principales dont il ne faut pas s'écarter si on veut obtenir un bon résultat: i® les sondes doivent être isolées les unes des autres, 2® immédiatement après la stérilisation les sondes doivent être retirées du stérilisateur.

L'isolement des sondes et des bougies se pratique en enveloppant isolément chacun de ces instruments soit dans un linge, soit dans un papier filtré.

La sonde étant eu place, et la bougie enduite de vaseline

mentholée, on s'arrange pour ne pas l'enfoncer au delà de quatre centimètres chez l'adulte. Un mouvement de déglutition du malade facilite l'entrée de la bougie dans le pavillon. Pour savoir à quelle profondeur on a pénétré, divers moyens existent: quelques bougies sont graduées en centimètres, sur d'autres on dispose de petits curseurs qu'une vis peut fixer au point voulu. Si la bougie est arrêtée au niveau del'isthme, on attend un instant en la laissant en place, puis on pousse en avant, le spasme a disparu et la bougie pénètre. Dansquelques cas, une bougie un peu forte passe mieux qu'une autre. Elle s'embarrasse moins dans les plis delà muqueuse.

Certains signes d'ailleurs sont un indice de cette pénétration : d'abord la fixation de la sonde qui reste en place, même dans les mouvements de déglutition, fixée qu'elle est par la bougie ; puis la sensation du malade qui sent un picotement dans son oreille et non dans le pharynx. Au moment où la bougie franchit l'isthme, il semble au malade que son oreille va éclater et quand on la retire, il éprouve une sensation comme si on vidait quelque chose dans cette oreille (Bonnafont^. La présence de l'extrémité de la bougie dans l'oreille moyenne a pu déterminer de l'hypersécrétion salivaire, ce qui s'explique par l'irritation de la corde du tympan.

La sonde sera laissée en place pendant dix minutes environ ai on la passera deux ou trois fois par semaine. Une insufflation d'air devra suivre immédiatement le retrait de la bou-

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