I. — TROUBLES CIRCULATOIRES
i^ Anémie du labyrinthe. — Etiologie. — Toutes le« conditions qui amoindrissent la circulation sanguine dans Torcilie interne peuvent déterminer des troubles spéciaux. Parmi les principales figurent la chloro-anémie, l'affaiblissèment qui survient après les maladies graves, la syncope, les hémorragies abondantes. Urbantschitsch a communiqué l'observation d'une cophose bilatérale à la suite d'une épistaxis prolongée. Des cécités ont élé observées dans les mêmes circonstances.
Le sujet qui est dans ces conditions entend des bruiU anormaux, a des vertiges et devient sourd. Mais il suffit
qu'il congestionne son labyrinthe en se couchant ou en faisant un effort pour que l'ouïe revienne. Tel ce malade d'Abcr^ crombie, qui n'était sourd que dans la station verticale. Lerin oyez a communiqué, en 1896, à la Société française d'otolog-ie, l'intéressante observation d'un malade chez lequel les troubles cessaient par l'inhalation de cinq ou six gouttes de nilrite d*amyle dont l'action est vaso-dilatatrice. Comme cet agent augmenterait au contraire les troubles similaires dus à l'hypérémie labyrinthiquc, Lermoyez propose, en cas de doute, de recourir à cette épreuve du nitrite d'amyle.
Traitement. — On guérit les troubles labyrinthiques par le traitement de l'affection causale, par les ferrugineux, l'absorption de l'oxygène, les séjours d'altitude. Lermoyez a pu guérir son malade en ayant recours à l'action vaso-dilatatrice persistante de la trinitrine. Nous recommandons la formule de Huchard :
Solution alcoolique de trinitrine à
1 p. 100 XXX gouttes.
Eau distillée 300 grammes.
le malade en prendra chaque jour de trois cuillerées à dessert à trois cuillerées à potage, pendant une vingtaine de jours tous les mois.
2^ Hypérémie du labyrinthe. — Les bruits d'oreille, les maux de tête, les vertiges et la surdité surviennent, comme dans ranémie, mais il s'y ajoute cette particularité que la membrane tyiupanique se montre hypérémiéc surtout au niveau du marteau. La douche d'air aggrave les symptômes auriculaires (Schwarlze).
Etiologie. — Les causes en sont assez nombreuses. D'abord toutes les congestions céphaliques, celles de la scarlatine et de la fièvre typhoïde, puis les diverses otites moyennes, les troubles vaso-moteurs des hystériques, lorsque, d'après Hartmann, l'action constrictive du grand .sympathique s'affaiblit. Les troubles auditifs qui surviennent après l'emploi de la quinine ou du salicylate de soude, comme dans les ivresses alcoolique, chloroformique, sont bien atlribuablcs à la con-
gestion de Toreille interne, puisque Roosa et Kirchner, avant administré à des animaux des doses excessives de quinine et d'acide salicylique, ont constaté un état apoplectique de la membrane tympanique et des oreilles moyenne et interne.
Traitement. — Les principaux moyens thérapeutiques sont l'application de sang'sues à la rég^ion mastoïdienne, la dérivation intestinale par les purg'atifs salins, les courants électriques continus sur la portion cervicale du grand sympathique.
30 Hémorragies du labyrinthe. — Etiologie. — Les
traumatismes de Toreille, et notamment les fractures du rocher, peuvent être cause d*un épanchement sanguin dans le labyrinthe. Une commotion céphalique ou simplement un bruit violent peuvent produire le même résultat (Moos). Les diverses inflammations aiguës ou chroniques de Toreille déterminent aussi parfois des hémorragies labyrinthiqucs. Hartmann cite le cas d*un jeune sourd-muet qui avait été frappé d'hémorragie du labyrinthe dans un accès de toux de coqueluche. Enfin Moos a bien établi, par ses recherches microscopiques, que les troubles auditifs de la pachyménîngitc hémorragique étaient attribuables à des épanchements de sang dans Toreille interne qui y auraient pénétré par diapédèse. C'est le plus souvent par des hémorragies labyrinthiqucs que deviennent sourds les ouvriers travaillant dansTaircomprimé (cloches à plongeurs, etc.).
Symptomatologie. — Elle est en rapport avec la quantité de sang épanché. Le labyrinthe est-il rempli? Des bruits d'oreille et des vertiges intenses éclatent, laissant après eux une surdité prononcée ou même une cophose absolue et souvent définitive. Les désordres .sont moins graves si Tépanchemenl de sang est peu abondant.
Traitement. — Le traitement de rafîeclion causale, le repos absolu, l'application de vessies de glace sur la région sont les moyens les plus utiles.