INTERNE
Etiologie. — L'oreille interne est le plus souvent lésée par action indirecte. Les causes les plus fréquentes sont des soufflets sur Toreille, des bruits très violents, des coups de canon, des coups sur la tète, une chute d'un lieu élevé amenant une fracture de la face ou du crâne.
Il existe donc deux sortes de causes. D'une part, les fracturcs du rocher ; d'autre part, l'ébranlement du labyrinthe sans fracture. Dans ces cas, la lésion de l'oreille interne serait le fait d'un refoulement brusque du tympan, qui, enfonçant la platine de Tétrier dans la fenêtre ovale, déterminerait, dans le labvrinthe membraneux, un ébranlement considérable, suivi de lésions matérielles des extrémités du nerf acoustique. En effet, la surdité complète et persistante qui suit ces accidents ne peut être mi.se sur le compte de la déchirure du tympan, car ces plaies guérissent facilement et ne gênent qu'imparfaitement l'audition. D'ailleurs, le tympan peut résister et, d'après Poli tzer, les lésions de l'oreille interne sont, dans ces cas, bien plus graves.
Les fractures de la ha.se du crâne, intéressant le rocher, atteignent fréquemment le vestibule et le labyrinthe ; les malades sont complètement sourds et ont le plus souvent des vertiges, de la titubation, des tintements violents d'oreille.
Enfin on a souvent observé la perte complète de l'ouïe à la suite d'un ébranlement violent du crâne, sans qu'il y ait
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fracture. Dans ces cas, rintég'rité de la caisse étant constatée, on est bien forcé d'admettre roriginelabjrinthique delà surdité. Les lésions labjrinthiques ainsi provoquées sont variables : ce peut être une simple commotion des extrémités terminales du nerf acoustique ; on a trouvé à Tautopsie des lésionsévidentes ; Toynbcc a signalé un épanchement sanguin dans le labyrinthe membraneux et le limaçon d'un homme devenu sourd à la suite d'un coup reçu sur le crâne. Moos rapporte un cas semblable.
Les surdités traumatiqucs s'améliorent très rarement. La possibilité de la résorption de l'épanchement sanguin fera réserver le pronostic. La surdité peut être partielle, porter êuv les tons bas ou sur les tons élevés, suivant le point lésé du labyrinthe. Schwartzc a observé le cas d'un individu qui perdit subitement la faculté d'entendre les sons aigus sous l'influence d'un coup de sifflet de locomotive. Moos a observé un cas d'abolition de la perception des sons graves.
Traitement. — En présence d'une lésion du labyrinthe, le chirurgien est bien désarmé. Tout au plus peut-il faciliter la résorption d'un épanchement sanguin.
Il fil ut surtout prévenir, par un traitement approprié, les complications qui peuvent survenir et faire en sorte que la lésion s'améliore d'elle-même, à Tabri de tout agent infectieux pouvant venir du dehors.
Commotion labyrintbique. — Parmi les traumatismcs de l'oreille, il en est un si caractéristique et si fréquent que nous croyons devoir l'étudier à part.
11 faut entendre par commotion lahynnthique, les cas, où, du fait d'un traumatisme direct ou indirect à la tête, l'ouYc est compromise de façon plus ou moins durable. C'est une variété des surdités traumatiqucs qui fait (c un sourd par accident ».
On ne trouve que de rares documents écrits sur la question. Je dois d'autant moins manquer de rappeler l'importante communication de Szenes (de Buda-Pesth) (1) sur les lésions
(I) Ve Congrès international d'otoloîçic(Florcnce. 26 septembre 181)5).
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traumaliques de V organe auditif. Un élève de ma clinique, F. Wettcrvald, a pris la question pour sujet de sa thèse inaugurale, basée sur Inobservations. Cellesque j ai pu recueillir personnellement sont au nombre de 10. Le cas n*est donc pas si rare et si l'on en parle peu c'est qu'il n'a pas intéressé. On peut d'autant plus s'en étonner qu'il se rattache à des questions importantes de médecine légale.
Schématiqucment, voici le cas:
Un homme tombe sur la tète ; on le relève en état de commotion cérébrale. Au sortir de son coma, quelques heures ou quelques jours après, il se plaint de surdité et de bourdonnements. Impossible alors de porter un pronostic sur les suites possibles au point de vue de l'audition.
Etiologie. — Les causes sont diverses. On peut à leur égard faire deux parts des commotions brusques et des commotions chroniques. Dans le premier cas, ce sera une chute ou un choc .sur L% tète, un soufflet appliqué sur l'oreille. Nous avons pu voir, à la Clinique de la Faculté de médecine, un conducteur d'omnibus qui, dans une discussion avec un voyageur, avait reçu de ce dernier une gifle donnée du revers de la main gauche sur l'oreille droite; immédiatement il eut de la surdité et des bruits qu'il comparait à un gazouillis d'oiseaux. Quand nou.s l'avons examiné trois joui^ après, les bruits cessaient s'il était au calme, mais ils reparaissaient quand il descendait dans la rue. Avec l'otoscope on voyait à la membrane tympanique une petite rupture oblique en bas et en avant. Le soufflet avait atteint Toreillc droite. C'est une exception rare. D'ordinairec'est l'oreille gauche qui est touchée, puisque c'est surtout la main droite qui envoie la gifle. Il y a là une notion de quelque importance en médecine légale.
Souvent la commotion est l'effet d'une décharge d'artillerie, surtout pour les servants qui débutent dans l'école à feu, bien qu'il leur soit ordonné de regarder la bouche de la pièce, afin de se présenter obliquement aux vibrations sonores. On voit des recrues saigner des oreilles à l'exercice et rester plus ou moins sourds.
J'ai examiné un jeune homme dans ce cas, mais chez lui le diapason indiquait la participation de l'oreille moyenne. La
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commotion labyrinthiquc semblait s*étre compliquée d'hcmorrag-ie intra-tympaniqUe. Les explosions, celles de dynamite en particulier, commotionnent le labyrinthe. C'est ce que j*ai pu constater sur les trois survivants de l'explosion du boulevard Magenta.
On trouve, dans le travail déjà cité de Szenes, l'observation d'un médecin qui, au cours d'une injection dans l'attiquc, fut pris de vertig'cs, vomissements, sueui's froides, dyspnée, qui durèrent plusieurs jours et qui ne purent être attribiliés qu'au choc labyrinthique.
Les commotions chroniques ou répétées se rencontrent sur* tout dans les professions à martçau, chez les artilleurs de l'armée de terre ou de là flotte. Ceux-ci en sont particulièrement g-ènés. L'un d'eux me disait: « Je n'entends plus venir le vent: je ne l'entends plus chanter sa gamme dans les cordages. »
Pathogénie. — Elle peut s'interpréter comme suit: L'ébranlement produit se transmet dans les espaces périlymphatiques par les aqueducs du vestibule et du limaçon, et cet accroissement subit de la pression întra-labyrinlhique commotionne les terminaisons du nerf acoustique, surtout si la membrane de la fenfttre ronde est enroidie.
Anatomie pathologique. — Les lésions qui ont été notées dans les nécropsies sont : hémorragies intra-labyrinthiques (Toynbee), rupture de la membrane de la fenêtre ronde, destruction des fibres radiales. Dans quelques cas où le syndrome de Ménière s'est montré, l'autopsie a montré que l'cxtravasation sanguine s'était produite au niveau des terminaisons nerveuses (Politzer, Steinbruprge).
Symptômes. — La clinique de l'affection est assez caractéristique. Nous pouvons y distinguer des symptômes immé* diats ou consécutifs.
Immédiatement, la surdité sera totale ou partielle. Dans ce dernier cas, elle peut exister pour les sons et non pour les bruits (Brunner). Tel autre aura perdu seulement la perception des sons aigus. On voit le danger s'il s'agit — le cas n'est pas rare — d'un mécanicien desservant une locomotive. Le timbre réel d'une sonorité peut être perçu avec erreur.
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D'aulres Mf^ssés sv plaindront d>Ire incnniinmlés f hourdonnoiiiFnU A caractère mtisicol, par Oxaçrératioi touftlcs bniilseï sons. Un degré do plus et ce st^rn i'h t| cousis clou loti reus-e.
Consàculivenient, si les lésions Irophique^ sV-Inblis viennent des maux de iSte, des vertigvs, des lendnnr tomber, à droite ou h i^auebc, de l'exi^italion nerveuse, ni£me des aceHépîlepliforraes.
Diagnostic. — Il n'est pas des plus faciles. M ffliiise n d'une conTusion possible :
■ i" Avee une fraelurc du rocher, i^ui s'accoin pft|[;i)e i fréqueinmenl de «urdité-.Chen-hej! les sig-nrs habitue cette lésion, notamment la paraivsie du fneial ; voyrt quel ^Inl est la membrane l;-mpanîquc.
î" Avec renfoncemenl brusque d'un bouchon de ctru innové du malade. La dirHcullé est pclilc, mais bien iV 3* Ne prenez pas une hémorragie intra-lj- m panique unecommolioudu labyrinthe, Les circonstances éttoloiri sont identiques, mais dans le premier r^s seulement la n biane esl roue^cAire, et le diapason vertex se latéralisé à reillû louchée par le traumatisme. Les deuï peiiren combiner du rcsie ; vous le l'oeonnattrez au\ données du
Pronostic. — Il est grave, surtout au point de vue fonction auditive. Naturellement, on s'inquiéle tout il'.i de la commotion cérébrale, sans songer à celle du labvri qui In complique ; mais quand le trouble cérébral a disj la surdité et les bruits entoliques persistent, s'a^g-n parfois de jour en jour. On pourrait dire, de par celle c dérniion, qu'il n'esiste pas de commotion cérébrale li- Le pronostic audir i^ doit flre réservé. Nous savons d'jiil par les éludes de Kicsselbach que les traumalismes crA: sont bien plus (graves pour l'oreille interne que pourl'o moyenne.
Le difficile esl de présager la curabililé. Duchenu
Itou1o;,;nc n conclu do ses recherches que l'exploration
trique du nerf ne permet pas de ao prononcer h cet épa
Médecine légale. — Sinous envis;iiroon<! la commotii
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labyrinthe au point de vue de la médecine légale, nous voyons deux questions distinctes :
!• D'abord celle des assurancea contre les accidents, La responsabilité du blesseur est amoindrie s*il est établi qu'un peu de surdité ancienne a empêché le blessé d*entendreles signaux. Si vous êtes consulté, engagez votre client à ne pas se presser de signer un règlement, l'avenir de son oreille reste trop incertain.
Ici, comme dans toutes les questions d'assurances-accidents, méfiez-vous des simulateurs, puiqu'il existe une industrie spéciale qui consiste à se porter habilement et ^ans dangers sous les roues des voitures pour réclamer une forte indemnité.
Vient ensuite la question de Vouïc chez îcs employés de chemin de fer. Zwaardemaker estime que les signaux sont trop aigus pour l'intégrité de l'oreille, et qu'un examen spécial devrait être fait tous les trois ans des employés du service de la voie, pour la sécurité des voyageurs.
Traitement. — La thérapeutique n'est guère puissante pour les cas que nous venons d'étudier.
Il faut le repos général pour éviter les congestions consécutives, et le repos particulier par le silence autour du blessé, par les tampons de ouate dans ses oreilles.
Si des troubles de réaction se déclarent, on a recours aux .sangsues sur la région mastoïdienne, à la glace sur la région, à la dérivation intestinale par le calomel.
L*iodure de sodium est indiqué en raison de son rôle résorbant et les courants continus par leur action trophique.
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