‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 244 sur 282 · BÉDECIRE LÉGALE ET EXPERTISES · texte numérisé non relu

BÉDECIRE LÉGALE ET EXPERTISES

nique ou labyriothiqae restée latente jusqu'alors, le nervo* sisme du sujet provoque une série tapag^euse de manifcs* tatioDs hystériques absolument hors de proportion. La constatation d^autres stig'mates permet de rattacher les troubles à leur cause réelle ; tels rhémi-anesihésie, la diminution du champ visuel. Les auteurs attachent de Timportance à Tanesthésie du conduit auditif et de la membrane ty m panique. Si je m'en réfère à mes examens personnels, je ne peux adopter cette manière de voir, car toujours, même en cas d'hystéro -traumatisme, j'ai trouvé le fond du conduit sensible au stylet, et j'ai provoqué invariablement un geste de retrait en touchant la surface de la membrane tympanique. Les études récentes de Babinski sur le vertig'e voltaîque nous ont apporté un nouveau moyen de disting'uer à l'oreille une lésion matérielle d'une surdité hystéro-traumatique.

Si on fait passer un courant continu d'une oreille à l'autre chez un sujet sans lésion d'oreille, sa tête incline bientôt vers le pôle positif.

Si une lésion unilatérale existe, la tète incline du côté de celte lésion, quelle que soit la place du pôle positif.

Donc, suivant que la tète inclinera ou non vers le pôle positif, on conclura à l'absence de lésion, c'est-à-dire à rhysté rie ou à l'existence d'une lésion (rupture, hémorrag'ie, etc.). Le diag'nostic serait incomplet s'il ne s'enquérait de la vision, de Toi faction souvent atteintes dans l'accident.

Reste la question des simulateurs. Mais d*abord il s'en rencontre rarement dans les expertises raédico-lég-ales, con* trai rement à ce qui se voit dans les conseils de révision. Si vous suspectez le blessé, voyez comment il vous reg'arde quand vous lui posez des questions. Seul le vrai sourd fixe ses yeux sur vos lèvres pour tâcher d'y lire vos paroles ; le simulateur au contraire jug'c habile de baisser les yeux ou d'avoir l'air distrait. Questionnez à l'imprpviste pour sur^ prendre la vig'ilance du simulateur. Au besoin mettez de Touate dans l'oreille que le sujet déclare bonne, et faites vi* brer le diapason sur son vcrtcx. Vous savez que le son doit se porter à l'oreille fermée. Le blessé l'ig-nore. Dès lors il raisonne comme suit : « J'ai dit qu'une oreille était perdue

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et on vient de me boucher la bonne. Je vais donc répondre que je n'entends plus, ni à droite, ni à gauche ». Et c'est ainsi qu'il se fait prendre.

Je renvoie pour les autres moyens qui pourraient être utiles dans un cas donné, à l'exposé que j'en ai fait dans mon rapport sur la médecine légale de Toreille (i).

Encore ne puis-je en garantir Tinfaillibilité, car le trompeur déjoue parfois la plus savante tactique. Mais, je le répète, le simulateur se présente rarement devant l'expert. Si la simulation est rare, l'exagération, consciente ou non, est la règle et c'est plutôt contre elle que Tcxpert doit se prémunir.

Pronostic. — * Le pronostic de ce genre d'accidents est généralement grave, surtout au point de vue de la validité professionnelle.

Cependant la gravité diffère pour les divers troubles résultant du traumatisme.

Le blessé est particulièrement gêné par la surdité, les bruits d'oreille et les vertiges. Or la surdité ne s'améliore pas, au contraire, à moins qu'elle no soit purement nerveuse» comme dans les cas d'hystéro- traumatisme. Et c*est surtout à cause de cette diminution de Touïe que le blessé fera bien de ne pas accepter trop facilement le règlement de son accident par son patron ou la Compagnie d'assurance qui le représente. L'avenir aggravera plutôt sa surdité.

Il en est autrement pour les bourdonnements. Ils ont tendance à disparaître après un temps toujours assez long: trois, six, douze mois.

De môme et plus encore pour les vertiges. 11 sont en général les premiers à disparaître parmi les etlcts majeurs de l'accident. Et c'est fort heureux pour le blessé, car ils constituent le trouble le plus nuisible. Comment l'ouvrier pourrait-il monter sur une toiture ou même à une échelle s'il ne pouvait compter sur son sens d'équilibre? La persistance des vertiges aggraverait donc notablement le jugement à porter sur l'incapacité professionnelle.

(1) A. Castex, La médecine légale dans les afTeclions de l'oreille, du nez, du larynx et des organes connexes (Annales d'hygiène et de médecine légale, i898, t. XXXVIII).

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Le pronostic s'assombrit encore de quelques autres conséquences, constatées souvent chez les blessés soumis à nos expertises : telles la perte de mémoire, des mélancolies, la paralvsie agpitante, l'atrophie musculaire progressive.

Nous avons parfois à dissuader les blessés d'essaver d*une opération. Chez deux hommes, dont j'ai l'observation, on incisa la membrane du tympan sans indication suffisante et les cas en furent ag-gravés. L'intervention avait été demandée avec insistance par les blessés.

Le rôle de la thérapeutique est très limité dans cet ordre d'accidents.

Si la caisse du tympan a été ouverte par rupture, il n'y a qu'à assurer l'asepsie, en fermant le conduit auditif avec un tampon de gaze iodoformée faible, sauf à faire plus tard des insufflations d'air par les trompes d*Ëustache pour remettre en état l'oreille movenne.

Contre les lésions de l'oreille interne, nous avons : l'iodure de sodium, à doses faibles mais prolongées, pour dissoudre les infiltrats persistants. Les injections hypodermiques de chlorhydrate de pilocarpine sont faites pour la même indication. Le sulfate de quinine, selon les règles formulées par Charcot, s'adresse aux vertiges. Enfin les courants continus faibles peuvent rendre un peu de vitalité au labyrinthe frappé.

Mais il faut peu compter sur l'effet curatif de ces moyens. Le temps arrange seul ce qui peut être modifié dans l'état du blessé, et en pratique otiatrique, comme dans les aulrcs branches médicales, on note que le mcilleuv* moyen d'améliorer l'état du blessé, est encore de lui assurer le règlement de son accident, car à partir de ce moment il s'en préoccupe moins et retrouve des forces sur lesquelles il n'osait plus compter. <( Le règlement du sinistre, écrit Duchauf* four (1), est un merveilleux traitement. »

Au Congrès de la Société allemande d'otologie, tenu à Trêves les 16 et 17 mai 190i. Hœpke a distingué les cas suivants, comme donnant droit à une indemnité :

(1) A. DucHAUFFOiR, A/inales d'hygiène pubU(jus et de médecine léfjale, 490i, t. XLVIII.

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La disparition totale du pavillon, lés cicatrisations vicieuses du conduitauditif externe, lésion de l'oreille moyenne, suivie de suppuration, la plupart des accidents frappant Torcillc interne.

Les divers éléments que nous venons do passer en revue doivent nous servir à établir les conclusions du rapport médico-légal qui peut nous être demandé par les tribunaux. 4( La principale difficulté d'application que présente la loi, c*est Tcstimation de la réduction du salaire résultant de Tac* cident dont l'ouvrier a été victime » (Duchauffour).

Au moment de conclure, nous aurons présent à l'esprit le texte de la loi et quelques circulaires ministérielles concernant le certificat médical} qui doit spécifier ;

l** Le caractère de la blessure et Tétat du blessé, au mo* ment de la délivrance du certificat.

2^ Les suites probables de i'accidcnt : incapacité permanente totale, incapacité permanente partielle, incapacité temporaire et sa durée.

3*^ L'époque à laquelle il sera possible de connaître le résultat de l'accident.

En cas d'incapacité permanente totale, l'ouvrier a droit ù une rente représentant les deux tiers de son salaire annuel. S*il V a seulement incapacité permanente partielle, il a droit il une rente égale à la moitié de la réduction de son salaire.

Dans votre appréciation, vous avez encore à envisager l'incapacité générale et professionnelle.

La surdité par exemple pourra gêner médiocrement dans certains emplois (dessinateurs, employés aux écritures, etc.) et beaucoup dans d'autres (cochers, domestiques, etc.).

La considération de Tâge doit intervenir aussi. 11 est évident que la surdité, chez un homme âgé, entraîne des conséquence moins graves que sur un jeune sujet.

Terminez toujours votre rapport par des conclusions prononçant sur le genre et le degré de l'invalidité.

Les affections des oreilles au point de vue des aptitudes au service militaire ont été bien étudiées par Chavassc et Toubert (du Val-dc-Cirâce). Le minimum d'ucuilé auditive

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