PRÉLIMINAIRES DE L'EXAMEN
Renseignez- VOUS sur la santé générale et sur l'état des prin cipaux organes, en spécifiant : restomac ? les poumons ? Tu térus ? etc.
Que votre enquête aille ensuite au passé patholog-ique, tan pour Torgane souffrant que pour l'ensemble de l'organisme, sans oublier les antécédents héréditaires.
Dans cette conversation avec votre malade, ne posez pas une seule question qui n'ait son but précis. S'il s'égare, ramenez-le doucement. Plusieurs, en commençant, croient devoir vous exposer longuement les traitements qu'on leur a appliqués déjà ; il vous tendent même une collection d'ordonnances. Dites-leur que ce sera pour la fin de l'examen, et, de fait, à ce moment, ces documents peuvent ne pas vous être inutiles.
Vous êtes à même maintenant de savoir par quel organe vous devez commencer l'exploration physique.
Alors de deux choses l'une :
i^ Il y a un symptôme dominant. Suivez cette indication^ en explorant d'abord la partie qui en est le siège. Est-ce un bourdonnement ? Voyez d'abord l'oreille ; de l'obstruction nasale ? prenez d'emblée le spéculum du nez.
2o II n'y a pas de symptôme dominant. Procédez alors du simple au compliqué, surtout s*il s'agit d'enfants qu'il importe de ne pas effaroucher. Commencez par les oreilles,, parce que l'introduction du spéculum est peu gênante, puis passez au nez, à la gorge et réservez pour la fin le toucher naso-laryngien plus désagréable. Un bon moyen de décider l'enfant récalcitrant est de lui montrer les premières manœuvres de l'examen sur sa mère ou la personne qui l'accompagne; quand il aura vu qu'il se fait sans douleur, il se décidera à l'accepter.
ASEPSIE ET ANTISEPSIE
Noire prûoccu patio D première, dans la pratique, doit êtrtr (le n'ahonler le malade que dans les conditions prescrites par la scicnc4! actuelle. Pour nous, l'asepsie et l'oDlisepsie sont naturellement un peu différeules de ce qu'elles doivent élnpour les autres spécialités.
Exainiaons ces deuï procédés lecliniques, ofFennir et Aéfensif, le premier qui détruit les palhoç^nes par la chaleur et l'autre qui les poursuit avec les aji^nts cbiiniques.
Noos devons rét|;ler notre manière de faire pour deux actes successifs : l'examm et ropération, cl dans chacun, notre alLenliun doit se porter : a) sur nous, b) sur le malade, c} sur les moyens d'uclîoa (instruments, solution», etc).
I. Examea du malade- — Dans la salle des examens d'une clinique, le spéi'ialislo doit se vêtir d'une blouse et prendre uu Ulilier. Il procédera d'abord au neltova^ technique de ses maius et aura près de lui une solulioii de sublimé h l/iOOO uu d'oxvi:vanure d'b^drarj^/re à 3/1000 pour y tremper xcs mains avant de prendre les instruments.
Le malade doit se présenter sans préparation, car s'il se débarrassait du pus qui peut être dans son oreille ou ses fosses nasales, un élément manquerait nu dia^ostîc.
Pour les initruments, le spécialiste a près de lui une solution de phénosalyl îi 2 p. 100 qui détruit les pvotfènes t-t bacilles (de Christmas) ; W instruments sont dans une boite en verre qui a subi le uettoyaf^ avec une solution de carbonate de soude à 1 p. lOU. Pour La siérîlisalion habituelle un aura recours li l'autuclave, ou plus simplement ù l'ébulUlion pendant un quart d'heure dans de l'eau contenant du carbotoude. louant aux inairuments qui ne supportent pas r^bullition, tels <[ue les miroirs, Trétrop (d'ADvers) rcrom-
4 ASEPSIE ET ANTISEPSIE
mande Timniersion pendant 24 heures dans la solution
Formaline pure à 40 0/0 50 gr.
Eau 950 —
Une boîte de métal contient des carrés de linge stérilisa pour tenir la langue du malade. A portée se trouvent d< bocaux d'eau bouillie, ounaphtolée, ou résorcinée, en vue d< injections nécessaires. Ayez encore un chalumeau ou ur lampe à alcool pour flamber certains instruments etdel'oua hydrophile stérilisée.
Dans un cabinet de consultation, la blouse et le tablier n servent que par occasion, mais conservez tout le reste et soye d'une propreté rigoureuse. Si, l'examen terminé, votre clier ne vous voit pas vous laver les mains, il en inférera qu vous ne les aviez pas lavées après avoir examiné la pei sonne reçue avant lui.
Certains de nos malades sont des contagieux. Nou avons à nous méfier des syphilitiques et des tuberculeux.
Les syphilitiques, il faut tâcher de les reconnaître aux pla ques muqueuses des lèvres, des bords de la langue, et prendr aussitôt des instruments spéciaux désignés par un signe quel conque, tel qu'un manche différent de celui des autres. Prene: garde que le syphilitique ne tousse en face de votre figure Il y a des observations de chancres contractés de la sorte Il est de règle que chaque malade ait sa sonde d'Itard, ainsi vous ne risquerez pas d'être accusé d'une contamination.
Les tuberculeux auront des instruments spéciaux dans um boîte particulière. Ne causez pas en face avec eux, vous pourriez contracter leur maladie. Pour les examens faits au domicile du malade, il faut avoir deux étuis faciles à distinguer, fermant hermétiquement et aisément stérilisables avec leur contenu. Le premier contient les instruments aseptiques et l'autre les instruments contaminés après examen du malade.
Isolez les otites moyennes suppurées. On a produit des observations de contagion (Lermoyez).
II. Opérations. — Pour l'intervention chirurgicale, le spécialiste sera dans la tenue classique, manches retroussées,
ASEPSIE ET ANTISEPSIE 5
mains looguement désinfectées, passées au permang'anate et au sublimé. Il doit réaliser l'asepsie de ses mains et des vêtements superficiels. Proportionnez pourtant les préparatifs à rimportance de Topération, et n'allez pas à la section d'une loelte comme vous iriez à Tablation d*un larynx.
Le malade doit être préparé de façon différente, suivant la région à opérer.
Un pharynx sera désinfecté avec des solutions chaudes de résorcine ou d*hydrate de chloral. Chez les enfants, Teau naphtolée est indiquée, car il est sans inconvénients qu'ils en avalent. Mieux que les gargarismes, les irrigations détergent, surtout si on les pousse jusqu'à produire la nausée qui ouvre largement l'arriérc-bouche. On s'assurera que les dents sont en bon état et n'ont pas besoin d'être désinfectées.
Un larynx recevra, avant l'intervention, des pulvérisations phéniquées ou mentholées à i 0/0 ou des attouchements de naphtol camphré à i/2.
Les fosseê nasales seront désinfectées avec les poudres d'aristol, de dermatol, ou avec des injections antiseptiques chaudes données sous pression très faible, dans une direction horizontale et le sujet respirant par la bouche. Ces irrigations, pratiquées plusieurs jours d'avance, permettent notamment d'opérer les adénoïdes à froid, par conséquent sans hémorragies ni autres complications. Sans doute le mucus oasal est bactéricide, mais quand on voit quels paquets de muco-pus font sortir les irrigations, on ne regrette pas d'en avoir expurgé le champ opératoire.
Toutes ces cavités peuvent encore être désinfectées ensemble au mojen des inhalations, avec la solution :
Eau oxygénée médicinale ^0 gr.
Menthol 1 —
Alcool k 90O 60 —
(Une cuillerée à potage dans l'eau d'un inhalateur pour inhalation d'un quart d'heure).
Uoreille doit être particulièrement bien aseptisée surtout quand on doit ouvrir la cavité tympanique.
Le conduit auditif sera d'abord injecté, pendant les deux
6 ASEPSIE ET ANTISEPSIE
jours qui précéderont, avec une solution de carbonate soude dans de Teau bouillie (1 0/0). La veille, on y verse de Tétber, puis du sublimé, et, avec les mêmes liquides de Touate aseptique, on nettoiera le pavillon et les parti adjacentes. Après quoi, on bourre Toreille externe avec de g'aze iodoformée, qui reste en place jusqu'au moment < l'opération ; alors, le nettoyage sera recommencé.
Avant d'intervenir sur une mastoïdej il faut raser lar/sc ment la région, sans employer d^abord les ciseaux, car i font des fragments de cheveux dont il est ensuite difficile c débarrasser le champ opératoire. Chez les femmes, la chev< lure sera enfermée dans une coiffe de caoutchouc ou dans u bandage-capeline de bandes en tarlatane. Les injections ai tiseptiques préalables sont spécialement indiquées quand o doit enlever des polypes avec l'anse froide ou la curette ; I fond du conduit est dans ce cas très septique, d*où la poss bilité de complications post-opératoires (érysipèles, etc.).
La technique générale pour nos opérations s'inspire de règles connues en chirurgie. Les instruments resteront un heure dans le stérilisateur, porté à une température de 170® les pièces de pansement passeront à l'autoclave à 150^
Quant aux agents thérapeutiques, nous devons repousse ceux qui seraient dangereux ou désagréables pour les cavités tels le sublimé pour la bouche, l'acide phénique, qui a p( produire de Tintoxication chez les petits enfants, le formol qui exhale une odeur alliacée.
L'antisepsie post-opératoire est des plus utiles après la tra chéotomie. On l'assure par des pansements fréquents de h plaie opératoire, par l'installation du spray phénique à càU du malade et par des instillations d'huile mentholée à i/2(
dans la canule.
Souvent les complications viennent de nous et non du malade et selon l'expression du P' Berger, après Tasepsic, l'antisepsie peut compléter le a Cercle de précautions ».
BIBLIOGRAPHIE. — P. Berger, Qu'est^e que la méthode antiseptique, France médicale, 4 décembre 18U6. — Cheatle, Edimb. med, journ., p. 596, 1898. — Trétrop (d'x\nvers). Applications de la bactériologie à la spécialité {liuUetin de laryngoîogie^ 1905, p. 1).