CHAPITRE XVIII
Les maladies de la voix ont été étudiées par Moura-Bourouillou, Cari Michel, E. Fournier, Stôrk, Morell-Mackenzie, Boley, Holbrook Curtis, Castex, H. Krause.
Comme Tart de la parole et du chant n*empIoîe pas jusqu'à présent de termes techniques d*une signification acceptée par tous, le laryng-ologciste a de la peine pour comprendre les doléances de son client. Que deux chanteurs lui parlent, Tun après Taulre, de leurs registres médium, passages, ils n'auront peut-être paseu en vue les mêmes particularités vocales. J'ai cherché à débrouiller cette confusion, résultat de la diversité des écoles, et j'ai pu arrang-er pour- mon usag'e per^ sonnel une technique d'examen spécial qui permet d'aller au diagnostic sans plus d'erreur que les autres méthodes usitées en médecine.
On peut dire qu'il y a « maladie de la voix » lorsque l'altération de cette fonction est de beaucoup le symptôme dominant, celui pour lequel le spécialiste est consulté. S'agitil, au contraire, d'une affection véritable du larynx, cancer, tuberculose, etc., ce sont les autres troubles qui importent : douleur, oppression, etc. La question voix devient en ces cas négligeable, et il s'agit plutôt d'une maladie du larynx.
C'est surtout le diagnostic d'une maladie vocale qui est embarrassant.
Le traitement qui en découle est simple et facile. Mais, avant d'entreprendre le traitement d'une voix, le spécialiste doit bien s'assurer qu'elle existe réellement. Une personne
viendra nous trouver parce qu'elle n'est pas satisfaite de son larynx. Elle subit, plusieurs années durant, chez nous ou chez d'autres, cautérisations, résections d'éperons ou de cornets, électrisations et massages du larynx, saisons aux eau$. Puis elle viendra se plaindre que toute cette thérapeutique n'y a rien fait. Eh bien, mais s'il s'agit simplement d'une voix finie par l'âge ou qui même n'a jamais existé ! Le cas peut se produire si un professeur n'a pas été consulté, et de la meilleure foi du monde ces personnes demanderont au médecin de réparer des moyens vocaux que la nature ne leur a pas donnés.
La méthode exige que je mette à part les maladies de la voix parlante et de la voix chantante. Pourtant, parleurs et chanteurs doivent s'intéresser aux deux. Celle qui n'est pas de leur usage habituel les concerne aussi. Car parler et chanter ne sont que les deux modalités d'une fonction unique.
Les maladies de la voix parlante sont moins nombreuses que pour la voix chantée, c'est-à-dire qu'elles sont moins appréciables, le mécanisme de la parole étant moins varié.
D'ailleurs, ses professionnels ont moins besoin de l'intégrité de leur voix.
Un premier fait ressort de toutes les observations, c'est que la parole fatigue la voix plus que le chant. Les artistes d'opéra-comique, qui ont à dire le poème, l'ont remarqué depuis longtemps.
Je viens d'avoir la preuve très nette de cette nocivité particulière : Un ténorchantait, depuis son enfance, sans avoir éprouvé jamais le moindre trouble vocal. Des revers de fortune viennent l'obliger à donner des répétitions de littérature. Aussitôt cette voix, que le chant n'avait jamais fatiguée, est prise de raucité, des nodules se formant sur les cordes, etc.
Il semble presque y avoir incompatibilité entre les deux techniques, le développement de la parole nuisant au chant et vice vena.
Le fait étant bien établi, il reste à en trouver Texplicatlon. Voici celle que je propose. Dans la parole, la somme des mouvements dépensés est plus grande que dans le chant. Le parleur agite rapidement les cordes vocales ; le chanteur dit beaucoup moins de mots dans le même laps de temps. Le premier n*utilise que trois ou quatre notes du médium» l'autre les ménage, allant tantôt au grave, tantôt à l'aigu.
D'une manière générale, les phonopathies de la parole portent sur la quantité ou la qualité de la voix.
l, AttaiblîBsement de la voix. —Le professionnel de la parole, prédicateur, avocat, instituteur, artiste dramatique, se plaint que sa voix se voile vite, a perdu Tendurance, ne pouvant plus, comme avant, fonctionner pendant deux ou trois heures. Il a pu se rendre compte qu'elle s'entend moins et paraît délimbrée. Obligé de parler quand même, il éprouve bientôt une fatigue toute spéciale dans la gorge, le cou, la poitrine et même dans les membres. A la gorge, c'est une sensation de chaleur, de gonflement, de contracture (crampe des orateurs).
Cette situation le trouble et lui fait perdre le quart de ses moyens. Berryer, dit-on, ne s'inquiétait que d'une chose : la voix.
Faites l'examen médical de ces appareils vocaux, vous n'y trouvez rien. Je crois, pour ma part, qu'il s*agit alors d*un affaiblissement, d'un vieillissement, précoce ou non, de la fonction ; et ce vieillissement prématuré m'a souvent paru tenir au manque de technique, l'orateur n'ayant pas suivi le précepte d'être « dicendi peritus ». Les ecclésiastiques, de tous les parleurs les moins préoccupés par la technique, sont aussi les plus exposés aux altérations vocales. Comme il fallait s'y attendre, les excès vocaux sont une cause parfois évidente de cet affaiblissement dans la phonation.
Une de mes clientes avait fait de l'enseignement, durant vingt-cinq ans, quelquefois pendant quatre heures de suite. La nuit elle éprouvait des douleurs cuisantes au pharynx et au larynx, elle avait des enrouements et même des aphonies. \ Tous ces troubles ont disparu depuis qu'elle n'est plus dans
I l'enseignement. Or, il y a quelque temps, elle eut à lire à
kaule voix une lettre de huit pa|;^es, et les troubles d'autrefois reparurent pour trois ou quatre jours.
La pratique habituelle du téléphone est fatigante pour la voix. « Cest, me disait un de mes clients, comme si je don* nais Yut diéze, 9
LfCS diverses altérations pulmonaires font aussi faiblir Tintensité de la voix. Les orateurs s'en g-areront le plus possible,' surtout s^ils pensent, comme je l'ai lu, que <c l'éloquence de nos jours réside surtout dans les poumons ».
Gardons-nous bien, suivant le conseil de Cari Michel, de traiter directement les cordes vocales ; nous les épuiserions encore plus. Agissons sur le larynx, sans agir dans sa cavité. Repos complet de la voix pendant quelques semaines, puis reprise avec ménagements, par des exercices courts et rares. Avec ces précautions, une voix, qui faiblit vers la cinquantaine, durera tout autant que la vie. Les massages et électrisations extérieures, les stations hydro-minérales seront un adjuvant utile pour cette conservation.
D'autres altérations (la raucité, la voix eunuchoîde, les dvsphonies) portent sur la qualité de la voix, sur son timbre.
II. Raucité vocale (1). — Chez certains sujets jeunes, enfants ou adultes, la voix se fait entendre plus ou moins voilée. Elle se fatigue après quelques minutes. L'examen larvngoscopique m'a montré sur un ensemble de 25 observations :
8 fois : larynx normal.
5 fois : tuberculisation commençante des régions aryté-
noïdiennes.
5 fois : cbordites chroniques simples.
2 fois : nodules.
2 fois : flaccidité de la muqueuse du bord libre des cordes.
3 fois : état variqueux des cordes.
Krause (de Berlin) a aussi rencontré ces dilatations variqueuses des vaisseaux des cordes.
(i) Castex, La raucité vocale {Bail, et Mém. de la Soc. franc, de iuryngologie, t. Xf , 1895, et t. XII, 4896).
avec X na-
288 «IALADIE8 DU. LARYNX
Etiologie.— Les causes sont l'hérédité, les excès de voix— il y a des enfants qui jouent à qui criera le plus fort, — la grossesse parfois, mais surtout la constitution scrofuleuse ou la tuberculose menaçante.
Le tabac est, pour quelques personnes, une cause très mlluente de raucité. Les confidences des malades me font surtout admettre la nocivité de la cigarette. Beaucoup fumeront pipes et cigares sans inconvénients ; mais la cigarette les enroue et les fait tousser ; c'est donc le papier qu'il faut incriminer.
Diagnostic. — La raucité ne doit pas être confondue la fatigue vocale, dysphonie transitoire, ni avec la voi turellement grave des basses ou des contralti, ni avec la voix faible des emphysémateux ou des tuberculeux.
Pour en apprécier l'importance, j'ai pris l'habitude défaire essayer la voix du sujet sur ses trois registres : grave, niédium^ aigu. C'est le registre grave qui se défend le mieux contre la raucilé.
Traitement. — L'indication principale est de s'adresser à la cause. Combattre les excès de voix ; donner des antiscrofuleux et des antituberculeux.
in. Voix eunuchoïde. — Elle se particularise par une grande /iaufeitr avec une petite intensité (1).
Etiologie. — Quelques cas sont dus à des troubles de l'innervation centrale ou périphérique du larynx, à des altérations anatomo-pathologiques provenant de la mue, à une persistance de l'état infantile du larynx dans son fonctionnement.
Je rai rencontrée souvent chez des tuberculeux ou tuberculeusesdu larynxet j'ai pensé qu'on pouvait l'expliquer par une
<^oniracture symptomatique des tenseurs des cordes vocales. 1 V'^^^^^^ent. — Il doit comprendre, entre autres moyens, ^ thérapeutique générale antibacillaire. Des exercices de dic- '^^^ Gt de chant corriffenl bien les voix restées infantiles ^'^Pi'ès la cure.
Jg\^^^^'^» Oac.hebd.de^ sciences mèd.de Bordeaux, ^ février i89o. ^■^Ex, Société française de laryngologie.i^^^.
IV. Nasillement. — Le caractère nasillard ou nasonnéde la voix peut tenir à deux conditions opposées ; soit que les fosses nasales aient leur capacité diminuée (coryza» polypes); c'est la rhinolalie fet*mée ; soit que les voies nasales deviennent trop spacieuses (paralysie du voile du palais); c'est la rhinolalie ouverte. Cette dernière condition est encore réalisée par la brièveté congénitale de la voûte palatine. Parfois enfin le nasillement tient à une conformation des résonnateurs et seule l'orthophonie peut l'atténuer.
V. Dyspbonies. — Plus accentuées que les raucités, elles sont assez variables :
|o Voix sèche (laryng'ite chronique simple, polypes du larynx, syphilis du larynx produisant la raucedo syphilitica),
2^ Voix humide (laryngites tuberculeuses ulcérées, cancers rainollis)é
30 Voix fei-, tri-^ pluritonale (polypes du larynx). Une de mes malades, qui portait un petit fibrome . sur une corde, émettait manifestement trois notes simultanées. Un vieillard atteint de paralysie d'une corde vocale faisait entendre, outre sa voix sénile ordinaire, une note grave de contrebasse; Je l'attribuai aux vibrations de cette corde détendue.
Â^ L'intégrité des fonctions vocales peut être compromise par les diverses maladies du système nerveux. Dans la sclérose en plaques, la voix est monotone, scandée, change brusquement de ton, ne peut tenir une note longuement, parce que les cordes tremblent. La voix est assez spéciale dans chaque genre de folie : rauque chez le maniaque, éteinte chez le mélancolique, etc.*
Traitement. — Le traitement de ces diverses phonopathies est celui de l'affection causale.
n. - MALADIES DE LA VOIX CHANTANTE
Elles sont très différentes les unes des autres et fort complexes. Elles se répartissent d'après le trouble ou symptôme /najeur, celui pour lequel on vient nous consulter. Ici encore Castcx. — Mal. du Larynx. 3« édit. 19
la maladie atteint soit la quantité, soit la qualité de la voix ;. mais je laisse ce classement pour suivre l'ordre de fréquence^ I. Altérations du timbre. — Ce sont sensiblement les^ plus nombreuses, dans la proportion de 40 p. 100, d'aprèsmes observations. Voici à peu près ce que dit un artiste dont le timbre est malade :
« Depuis quelque temps, ma voix est voilée, surtout en parlant, elle se voile presque immédiatement quand jeme mets à chanter. Cette raucité existe sur toute Tétcn^ due de la voix (g-rave, médium, Aigr^)* ^'^^ perdu deux (ou trois) de mes notes les plus élevées et je constate des^ trouê dans mon registre aigu (ce qui signifie que certaines notes ne se font plus entendre dans le déroulement desgammes montantes). J'ai conscience que mes sons baissent sans qu'il me soit possible de les maintenir à la hauteur voulue. Je ne peux plus chanter en demi-teinte (à demivoix ou piano). Impossible de faire les sons filés (notes qu'on commence piano, qu'on enfle ensuite pour les termi* ner piano). »
Le tableau qui précède est forcément composé. Tous les malades du timbre ne le reproduiront pas en entier; mais j*y ai mis la plupart des troubles qu'ils accuseront.
Au laryngoscope : peu ou pas de lésions. Parfois un peu de congestion des cordes ou des aryténoïdes, un peu de pachj— dermie interaryténoYdienne ou des nodules sur les cordes. Parfois rien. Il n'est pas douteux que, de toutes les parties du larvnx, le bord libre des cordes est le plus utile à l'intégrité de la voix. J'ai vu des aphonies complètes chez des tuberculeux qui n'avaient d'autres lésions qu'une ulcération s'étcndant à tout ce bord libre.
Etiologie. — Comme causes, l'altération du timbre reconnaît:
io Les laryngites légères, mais durables, de l'influenza, des fièvres éruptives, de la fièvre Ivphoïde, de la svphilis se» condaire, des séjours au bord de la mer.
2® Les propagations congestives inflammatoires ou trO'phiques \enani des autres parties de l'appareil vocal : pharyngites granuleuses, hypertrophies amvgdaliennes, tumeurs
MALADIES DE LA VOIX i'M
adénoïdes Rvcc leurs puu^séi-s intlamnialoires (adt-noïdiles), rhinîles li^perlrophiques ou airophi<{ues.
Trasher (f) a étudié la fâcheuse influence des obstruetioDs in (l'a nasales sur la voix chanléc. Le timbre est surtout cbanv'- On rend parfois tous leurs moyens aux artistes, en les débarrassant d'éperons, d'bvperirophie des coi-
Les personnes alleinles de pharjnjfo-Iarjngite airopbique perdeal jeunes leur voix,
3° La /'uli^ue/ar^n^ee, qu'ily ailsurmeiiag'e ou plus souveal inaliucna^. Le mauvais fonclionnemenl peut élre attribué à l'élève ou au professeur. Une grande difficulté pour ce dernier est de classer la voix, d'en faire le diaf^nostic. Lo timbre d'une voix peut Fiiire méconnaître sa place naturelle sur l'échelle des sons. J'ai examiné une jeune fille de dix-sept ans qui, contralto par le timbre, était soprano par l'étendue de sa voix (de l'wl' à TmI'). Un médecin avait cru à un début de tuberculose laryngée, à cause de celte raucilé. mais l'organe était absolument sain. Il faut dire qu'avec les années In hauteur et la tessiture (i) peuvent changer. L'artiste doit se soumettre à cette évolution naturelle, sous peine de fatiguer beaucoup son larynx.
Chez une dame de province, je n'ai pu m'expliquer la fatigue vocale caractérisée parun voile sur la voix qu'en apprenant qu'elle avait pris, dans le temps, des je^-ons à Paris, et n'avait rien changé depuis li ses exercices, ni à son répertoire habiluel, bien qu'elle eût senti sa. voix baisser notablement. J'ai vu des malades, qui avaient chanté, sans pouvoir me Uiro quelle était leur voix.
L'exercice de la tyrolienne, la mauvaise habitude de chanter ■■ de la gorge ...celle de toussoter avant de chanter, de fredonner, lie respirer par saccades, l'abus de la voix sombrée rhez l'homme, du timbre clair cJiez la femme, fatiguent encore beaucoup la voix. J'ai vu des femmes rester
(1) Thasukr (de Cincionali), Lancel, 8 octobre 1893.
(3) Lu leititure est ente partie de l'éleodue d'une voix où elle
sieurs jours quand elles chantaient le premier jour de leurs règles.
L^enseig'nement est encore une importante cause de fatig'ue vocale. Le professeur doit chanter sur tous les reg'istres, quelle que soit sa voix naturelle, soit pour montrer à l'élève, soit pour lui donner la réplique, sans compter la fatig'ue de parler beaucoup dans le courant de la leçon.
Un point ressort avec évidence du dépouillement des observations, c*est la grande importance du classement ou du diagnostic des voix par le maître pour assurer leur conservation. C'est précisément en « situant » bien une voix, en ne prenant pas un ténor pour un baryton ou un soprano pour un mezzo que le professeur affirme sa mattrise. Il n'importe pas moins qu'il en calcule les limites naturelles et qu*il en tienne compte dans l'entraînement des larynx qui se confient à lui. ^ Il calcolo I y) s'écrient les Italiens, les maîtres consommés en l'art du chant.
Nous devrions tous avoir quelques notions simples de la pratique du chant, moins au point de vue artistique qu'au point de vue physique. Combien alors de troubles attribués vaguement au nervosisme s'expliqueraient bien par la connaissance du fonctionnement vocal. Avant même de procéder à Tcxamen technique d'un appareil dont les sons se montrent altérés, si d'ailleurs le chant se fait régulièrement, on peut inférer à priori qu'il existe une lésion que le miroir laryngoscopique révélera.
Les entraînements trop hâtifs : voilà encore une source de phonopathies. J'ai vu ces exercices excessifs amener des taches ecchymotiques en divers points, notamment sur le voile du palais.
La partie du larynx dont l'intégrité importe le plus à la santé de la voix, c'est bien certainement le bord libre de la corde vocale. Chez deux artistes lyriques, qui avaient eu des plaques syphilitiques secondaires sur les bords, la muqueuse est restée rouge et flasque et je n'ai pas pu faire disparaître les divers troubles phonétiques qui en résultaient. Une simple folliculite développée sur ce bord détermine le phénomène de la roulette qui fait entendre une sorte de grelot-
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leinent, seulemeni surles Jeux ou Iruis notes qui sont aulour du passade de la voix de poitrine à la voix de télé, mi', fa^, sol^ Chose plus singulière, l'altération maléricilc des parties esira-larjngées et principalement sus-larjnçées, a pu produire des désordres graves dans la voix, alors que le larj-ns lui-même restait indemne. C'est en raison de ces faits que nous devons 6tre très prudents pour nos interventions chirurgicales, mâme dans le voisinage du lar;)nx.
*• Je trouve encore dans mes observations certaines causes qui ne peuvent agir que par arlion réflexe (affeclions de l'estomac, de l'utérus, ménopause, g-rossesse). La castration des femmes n'a pas d'influences fâcheuses sur la voix ; tout au plus la mastnlinlse-l-elle un peu dans quelques cas rares (1). S" Enfin les maladies du timbre peuvent tenir à un état constitutionnel. Le cas est mSme fréquent surtout chez les tuberculeux ou les candidats à la tuberculose. 11 y a là un indice prémonilaire; quand l'examen de ta poitrine et du larvnx est négatif, le voile sur la voix peut donner l'alarme. Les arthritiques, les névropathes présentent aussi de ces enrouements de cause générale. Le timbre est ce qui disparaît d'abord quand vient la sénilité de la voîx. L'agilité et toutes les autres qualités lui survivent un peu.
Diverses substances toxiques sont susceptibles de provoquer des troubles de la voix (poisons de la voix). Ce sont en particulier ; le brome, l'iode, l'acide carbonique, le mercure, l'antipyriae, la belladone, le curare, le seigle ergoté, etc.
Je ne m'arrêle pus h l'efTet des odeurs sur la voix, car il est Irnnsitoirect ne détermine pas de maladies.
Il c'est pas difficile de reconnaître cette maladie du timbre. Il suffit d'entendre chanter le sujet. Encore ne faudrait-il pas penser qu'il y a voile sur la voix lorsqu'il s'agit simplemeol d'un timbre naturellement grave. En outre, il faut parfois déceler cette raucité qui ne se fait pa.s entendre coostamment ; on aura alors recours au procédé des trois registres que j'ai indiqué pour la vois parlée.
(!■ Castex. Effets sur la roix de l'ablation des ovaires {Soe. fr.
Traitement. — Cette question est implicitement exposée à Tarticle Etiologîe. Trouver la cause, c'est g^uérir le malade, quand il est guérissable.
Je me borne à signaler les procédés thérapeutiques.
1° Contre les laryngites : repos absolu de la voix, révulsions sur le devant du cou, diverses pulvérisations chaudes intralaryngées.
2" Contre les propagations morbides venant du voisinage, traiter le point de départ,' détruire les granulations au galvanocautère, diminuer les amygdales par le morcellement, opérer les tumeurs adénoïdes, traiter les rhinites, etc.
3** Contre la fatigue laryngée, repos vocal de quelques semaines et changement de méthode. J'ai vu des voix se dévoiler en quelques semaines, après des années d'état maladif, lorsqu'un fonctionnement rationnel se substituait à un système défectueux.
Les massages, simples ou vibratoires, les élcctrisations extérieures sont ici des plus utiles pour redonner de la vigueur à l'appareil musculaire du larynx.
Un ou deux mois de vacances par an ne sont pas moins utiles à la santé vocale de l'artiste qu'à sa santé générale.
A^ Que l'on soigne l'estomac, l'utérus ou tout autre viscère, s'il est en cause.
5° Enfin, qu'on s'adresse surtout à Vétat général, s'il tient sous sa dépendance cette raucité vocale; à la tuberculose, si elle est menaçante : huile de foie de morue, phosphates, arsenic, gaïacol, créosote, etc., suralimentation, air des champs, pas de sulfureux, pas de saison à la mer. Surtout mettre le larynx au repos : ne pas chanter, parler le moins possible. N'agit-on pas de même par l'immobilisation pour toutes les tuberculoses locales? L'avantage qu'offre le chant de ventiler les poumons ne compense pas la fatigue d'un larynx guetté par la bacillose.
11. Altérations du médium. — Le médium est malade, cl le cas n'est pas rare, lorsque les troubles s'accusent sur la partie moyenne de l'étendue vocale, l'altération existe principalement sur la voix parlée et lorsque l'artiste a parlé longtemps. Dans le chant, ce trouble est plus sensible sur deux ou
MALADIES DE LA VOIX â'IS
trois Dolcs du inéilium, tuujouis les nifmca pour l'Iiaquc sujel, Elles manquent surloul (l'inlensité el dasonoriU'. L'arlislc Oil qu'elles se sont délimbrêes. On a nettemciitrimpression (le initnqupr de BouFfie, de force ou de tenue dans l'expiration phonnivice. La Dote liaisse de toiialilé en dépit des efForis. je dirai m/^me en proportion des efforts, La deniiteinleesl impossible ou difficile, la terminaison des sons filés vacille. Une de mes clieutes avoït, au cours d'uu s des /orte et des piano involontniies et qu'elli? n< éviter. Au fur el ii mesure que la voix s'échiiuffe par 4]uelque5-uns de ces empfichcinenls s'atténuent, n demain il y a ai^i'^ravation. Ces suspensions d
ion pose, ; pouvait
r le chant, s le len-
! fonclion.
qu'on retrouve dans l'odorat, dans l'ouïe, méritent le nom de ianjngocopote (épuisement laryngé temporaire). Le changement qui a paru d'abord sur le médium s'étend peu à peu aux registres aigu et grave.
Etiologie. — Nous retrouvons Ici les causes principales des maladies (lu timbre. Cependant, en se pénétrant de l'enseignement qui découle des observations, on arrive fi penser que Ja cnuEC de ce trouble spécial glt dans la poilnne, celle soufflerie de l'appareil vocal (emphysème pulmonaire). La cepacilé respiratoire, prise au spiromètre, emmagasine à peine 1 ou 2 litres, au lieu de 2 et 3, comme à l'éUl normal.
En ce qui concerne plus spécialement la demi-teinte, jo t'ai vue compromise, surtout quand la lésion était laryngée. Alors, au contraire, la pleine voix est possible. Si l'alléralion est ihoraciquc, la demi-voix est possible, mais la pleine voi^ impossible.
En somme, le diaRnostic maladie siti' le médiurn pourra être porlé toutes les fois que l'arlisle se plaindra de divers troubles sur cette (lartic do âon clavier vocal, coïncidant avec uu manque de souffle.
Traitement. — S'adresser à la cause el imposer un repos vocal de deux ou irois mois. Je me suis bien trouvé des diverses pratiques do la gymnastiiguc respiratoire pour donner à la soufflerie la force ou l'ampleur qui lui font défaut.
m. Troubles sur la solidité- — Le mot ne pus entièrement, mais je n'en [i-jtivr pn'^ de meilleur. Il s
de ces voîx, intactes quant au timbre et aux registres, et qui ne peuvent plus chanter longtemps sans se troubler diversement. Elles ont perdu Tendurance. «. Mon élève, m'écrivait un professeur de chant, donne l'effort, mais elle ne le soutient pas. » Un voile sur la voix se montre à bref délai, surtout si l'artiste parle; quelquefois même le chant reste bon quand la parole est voilée. Qui veut lutter éprouve bientôt la crampe des chanteurs (sécheresse et contractures douloureuses à la §rorge).
Etiologie. -- Toutes celles invoquées déjà, mais plus particulièrement : l'hypertrophie du système amygdalien (amygdales palatines, ou linguale), l'entratnement trop précipité des voix, si, le travail ayant été commencé trop tard, on veut rattraper le temps perdu. J'ai vu des hémoptysies déterminées par ces entraînements précipités. Enfin j'ai surtout trouvé ce manque d'endurance chez ceux qui abusent de la voix parlée, par mauvaise habitude ou par nécessité professionnelle, comme si la parole consommait largement les ré-. serves de force laryngée que le chant aurait utilisées. Les bavards compromettent leur voix chantée. Il semble que <t la parole tue léchant ».
Traitement. — Le médecin s'appliquera d'abord à remettre en état l'appareil vocal par des soins locaux et généraux. Le chanteur usefa modérément de sa voix. C'est en parlant peu, en n'étant pas bavard qu'il fera des économies de voix.
IV. Chevrotement. — H y a des larynx qui chevrotent naturellement, dès le début de leur carrière, les uns par crainte et émotion, d'autres par imitation très consciente d'un artiste chevrotant ; mais généralement ce trouble marque le dépérissement de la voix. Il est ordinairement le résultat des excès vocaux.
Un des derniers cas que j'ai rencontrés était celui d'un curé de campagne, dont le chevrotement s'étendait aux muscles du cou. Naturellement ténor, il avait cherché à se faire une voix de baryton pour conduire les chants de ses paroissiens. Les cordes vocales affaiblies ne luttent plus régulièrement contre la poussée pulmonaire ,
ou les muscles cxpiratcurs ont jieriJii lour tenue nétessBÎre.
Traitement. — C'est alfuire auK maîtres de chant.
V, 7*rouJb7es de Vinteasité. — Une catégorie de maladcssc plsigneal que leur vuix manque de force, de puissance, qu'elle s'entend peu, sans qui? le linibrecn soit channçé. a Quand j'ai chanté depuis un moment, me disait un artiste, je manque de souffle, je me sens ta poitrine brisée et cependanl jencsuis pas enroué, b
D'autres ne sont plus maîtres de leur émission. Ils ont la sensation que la voix se déplace du nez â l'arnère-bouche et rîfe versa. J'ai pu constater chez eux une parésie des tenseurs.
Ces malades sont des Ivmphaliqucs, des tuberculeux, des adénoldiens, des obèses, des chloro-anémiques, des scléreux de l'oreille qui n'ont plus conscience du de^ré de timbre nécessaire.
Ce sont surtout des affaiblis de la poitrine, pour des causes diverses, et qui n'ont pas assez de pression dans l'expiration ihoracique pour faire vibrer fortement les cordes vocales. Il me semble donc y avoir une aphonie d'ordr<^' thoractque; telle l'aphonie des gens essoufflés par une course rapide.
Tratlement. — Le Iraitemenl tonique convient en général.
VI, Altérations de ï'étendae. — Elles font perdre deux au trois notes à Tune ou l'aulre extrémité du clavier. Et si l'artiste veut les faire sortir, il éprouve une douleur et elles craquent [canarder).
Ces larynx sont généralement atteints de chordîtea diverses qui se produisent volontiers quand l'arliste •< a chanté sur un rhume ».
L'altération du registre aigu s'explique bien souvent par une lésion du naso-pharjnx, tumeursadénordcs ou «impie catarrhe naso-pharyngien.
J'ni été consulté par une artiste soprano dramatique célèbre qui éprouvait une sensation de gonflement dans l'arrière-iiez et des nausées dans ses notes aiguës. Je constatai qu'elle avait du catarrhe naso-pharvngien et je pensai que le soulèvement du voile dans les notes aiguës déplaçait les mucosités vers le phurjnx, d'où les nausées.
La dérivation montre souvent ses effets en faveur de la voix. M"^® X. voit disparaître la sensation de g-onflement au larynx et la lourdeur de la voix quand ses douleurs rhumatismales reviennent aux genoux. M'^^' X. avait du prurit laryng-icn avec de l'enrouement. Survient une conjonctivite catarrhalc, la voix se dégage entièrement. Ainsi peut s'expliquer Taisance vocale signalée par tous les artistes tout au début d'un coryza.
Traitement. — Repos de l'organe, traitement direct (cautérisations) et indirect (massage, électricité).
VII. Maladies diverses. — Sous ce titre, je range quelques cas peu importants par le nombre.
Mais ce groupe ne pourra que grossir par les observations ultérieures. C'est le chapitre « à classer^D qui doit rester ouvert.
i** Altération de V agilité. Quelques artistes sentent que leur voix devient lourde. Vocalises, passages vrais et faux deviennent difficiles. Se méfier alors d'une tuberculose latente.
â^ D'autres se mettent à tousser quand ils chantent. Mêmes craintes, à moins qu'il ne s'agisse d'une luette trop longue.
S° Quelques-uns ont un trouble de résonnance, seulement s'ils chantent sur des paroles. Le plus souvent c'est un nasillement attribuable à de l'obstruction nasale.
Parfois môme cette lésion est révélée par les premières leçons de chant. Ces voix ne sortent pas, ne portent pas.
A"^ Chats et Graillo7is. Ce sont des mucosités sur les cordes ou dans la trachée. Ils font craquer la voix et accompagnent les états catarrheux des premières voies respiratoires (larynx, trachée, bronches).
La neurasthénie, si répandue de nos jours, a sur la voix un effet tout spécial.
D'après les cas que j'ai observés, l'artiste ne se sent plus maître de son fonctionnement glotlique. Il lui devient impossible de réaliser celte tension diminuée qui produit les notes de demi-teinte. Sa voix baisse malgré lui et il ne sent plus sa poitrine gonflée par l'air, ce qui, à l'état normal, est une heureuse condition.
■ ILADIES OE LA VOIX i^l
Le lpail*ment caostslc dans les stations hvdrominërii- 1m : La Banrboule, Monl-Dore. Cauteix'ts et autres, dans le» iobalalions ou ]es injections iu Ira trachéales menlliolées. L'artûtcsVxerfera. pendant i^uelques mioutes avant de paraître eo public, pour débarrasser son appareil vocal, puur ikire < la toilette de sa vois ».
5» TfOMbtes iforJre nerveux. L'nc artiste avait une vois très r^uli^re ; mais, lorsque, monlant la ^ammc, elle arrivait a a 1^ (te son médium (ré'), tous [es musi^Ies de son cou se coQvaUaieDletlanotese déruhail vers le bas, baissant malf^r^ elle. Dans les notes au-dessus, tout était normal, et ce phéoomène ne se reproduisaîl pas quand la eamme redescendait. Ancime lésion dans le lar iiix ni ailleurs.
A mention aer aussi ce (rouble moteur: l'impossibilé de chanter quand la parole existe indemne, comme il y a des aphonies hvslértques avec consenralion de la voix chaotée.
Voici plus bizarre encore : trois fois déjà j'ai rencontré des malades qui médisaient:* Entendre chanter les autres m'enroue. * Les enfants de l'une de ces malades disaient : '■ Ne crîona pas si fort, nous allon» enrooer maman. ■
6* Un autre trouble, peu fréquent, c'eit c«)ui que les artistes appellent la rouJetl«. Une ou deux notes, ifénéralemenl prés du passade de la voix de poitrine â la vois de l^le. font entendre une sorte de roulement, raclemeni ou a;reloitement qu'il aufKt d'avoir entendu pour le recuanallre. Kar^ore une petite misère des larvnx surmené*. Ji? l'aï vu coTocideravecla présence de nodules ou avec le prolapsus de la muqueuse du bord libre.
Il T a aussi la bobèche, la votjc semblant accompan^ de la vibration d'une bobèche, le ■ iïl dans la voix k, le craquement, le couae, mais ce sont U plulâl des rûro de la vois dont l'élude n'entre pas dans mou sajei.
D'une manière igéainXe, les maladïet dp la vuii sont bîan BouTent l'expression de la falii^ue larva^éftirlde rj;* petit» im>dules qu'on voit sur le bord libre des conleit.
D'ailleurs sî le sujet est exempt de maladies conMitaltuO' nclles. s'il est assez jeune encore el persévérant dan> le trai* lement, il truérira df *e^ Hiv»" fr-nV-l— •'>'>>ii
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