CHAPITRE XVII MALADIES DE LA TRACHÉE
L^examen de la trachée par la trachéoscopie a été décrit avec celui du lar^-nx.
I. Tracbéite aiguë. -^ Elle reconnaît les mêmes causes et comporte les mêmes divisions que la laryngite aiguë.
Le malade éprouve une sensation de brûlure ou de cons« t fiction derrière le sternum.
Il gardera la chambre et pratiquera des inhalations chaudes avec :
Eucalyplol 5 parties.
Menthol i —
Essence de pin sylvestre • • 4 —
Alcool à 90* 140 —
Une ou deux cuillerées à café dans do l'eau, pour inhalation, avec l*inhaleur de Moura ou de Nicolay.
Les maladies infectieuses se portent aussi sur la trachée ; muguet secondaire à celui du pharynx, catarrhe de la typhoïde et pustules de la variole moins graves qu'au larynx, diphtérie par extension ou d*emblée.
IL Trachéite chronique. — Elle coïncide ordinairement avec des laryngites ou des bronchites chroniques (catarrhe trachéobronchique) et s'observe chez les arthritiques ou chez les sujets qui ont fatigué leurs voies respiratoires. La muqueuse est rougeAtre, épaissie. 11 y a des transformations kystiques des glandes de la muqueuse qui soulèvent la paroi interne de la trachée (SchOtter). La périchondrite chronique
fait apparaître dans la muqueuse des plaques cartilagineuses ou osseuses. Les principaux symptômes sont la toux habituelle et Texpectoration matinale de mucosités purulentes.
La forme atrophique, avec croûtes et haleine fétide, a été u
signalée par Luc sous le nom d*ozène trachéal. Elle coïncide souvent avec la rhinite atrophique.
Traitement. — Il consiste en pulvérisations balsamiques et antiseptiques, en aspirations de vapeurs chaudes, de menthol, ou en instillations d'huile mentholée à 5 p. 100. Schrôtter recommande pour ces instillations une canule en forme d'S allongée, car une canule de forme ordinaire allongée irait buter contre la paroi antérieure.
Le Mont-Dore, Cautercts, etc., sont indiqués, in. Tuberculose et syphilis trachéales. — La tuberculose se montre sous forme d*ulcérations compliquant ou non la tuberculose laryngée.
Le lupus, la lèpre, le ti^achéo-sclérome (Ebstein), rares, n'ont rien de particulier.
La syphilis détermine des gommes et des ulcérations tertiaires, souvent suivies de rétrécissement.
Quelques ulcérations sont produites par les canules trachéales. Portant sur le tronc innominé, elles peuvent produire des hémorragies mortelles (Kolisko).
ly. Rétrécissements de la trachée. — Ils sont habituellement produits par la syphilis acquise ou congénitale (Ctipart, Poyet). Leur siège est variable, comme leur calibre (celui d'une sonde de femme en moyenne). A leur niveau, la muqueuse est remplacée par du tissu cicatriciel et les cerceaux cartilagineux sont déformés. Au-dessus et au-dessous d'eux, le calibre du conduit est agrandi. Au début, le malade n'a qu'un peu d'oppression, quand il court ou fait un effort. Plus tard, c'est du cornage compliqué d'accès de suffocation, et la mort peut survenir subitement (Janeway) par syncope iuhibitoire ou par asphyxie aiguë et complications pulmonaires. L'examen au miroir et l'auscultation permettent quelquefois de préciser le siège. Le larynx ne s'abaisse pas à l'inspiration comme il arrive pour les sténoses glottiques (fig. 4:26 et 127).
La transluminalion peut rendre des services. Schrfillcr prend l'empreinte au moyca à' uae bougie à mouler, qn 'il a imaginée.
Chez l'enfant, on fera le diagnostic aveu l'adénopathie trocbéobronchîquc, eR'açanI le cnlibrc de la trachée.
Un siçne précoce de l'adénopatbie trachéobronchique cbex l'enfant consiste dans le aiffue de Smith. Quand on renverse en ari'îërc la tôle de l'enfant de manière que ses jeux regardent au plafond, un souffle veineux .s'entend avec le stétboscopc au niveau de la poig^née du sternum, plus ou moins fort selon le volumedes ganglions luméfiés. Ce souffle
^Sk
l'explique par la veine tnnominée gaucbe qui passe transversalement derrière le manubrium et se trouve comprimée, dans celte altitude renversée, entre le sternum cl les ganglions hypertrophiés.
La toux aboyante est s^mptomatique d'une compression de l'arbre bronchique (tumeur du médiastin, anévrvsme, aâéaopalhie, cancer, goitre).
Elle est très rare chez les enfants parce que. pour produire la toux de compression, il faut une inspiration et une expiration puissantes ; or la respiralion des enfants du premier ilgc est surtout diaphragmatique. Une autre raison de la rareté de la loux abo}*ante chez les enfants réside dans la mollesse des ganglions engorgés.
Elle est surtout fréquente h doux périodes de la vie, enli-e vingt et trente ans, Age de la véritable adénopalhio bacillaù-e.
ou entre quai*ante et cinquante ans, quand les tumeurs da raédiastin sont les plus fréquentes (i).
Pronostic. — Très grave, surtout si la sténose siège au niveau de la bifurcation des bronches.
Traitement. — On traite ces rétrécissements par les dila* tateurs creux (Kocher, Chiari).
Schultz emploie, pour les dilater, de longues sondes inétalliques malléables.
Schrôtter utilise des tubes en aluminium de différentes grosseurs, qu'il introduit jusqu'au rétrécissement, à l'aide d'un mandrin, en passant à travers le larynx et qui sont retenus par un fil sortant de la bouche. Le malade a pu supporter ce tubage trachéal pendant six ou sept heures sans avoir d'ulcérations.
V. Fistules trachéales, — Les fistules sont consécutives : à la trachéotomie, etsont alors ovala ires dans le sens vertical, froncées ; ou bien à des plaies du cou par suicide, et sont alors transversales avec lèvre supérieure retroussée en dedans.
Quand elles sont petites et récentes, des cautérisations (nitrate d'argent, galvanocautère) peuvent suffire à leur cicatrisation. Sinon, il y a lieu de recourir à divers procédés d'autoplastie (Ried, J. Roux, P. Berger), qui se fait par deux plans de suture superposés.
On cite quelques cas congénitaux ou acquis de fistules œsophago-trachëales.
VI. Tumeurs. — Elles sont très rares. Schrôtter en compte à peine un cas sur 7000 malades de la spécialité. J. Lemoine consigne 99 cas, dont 63 de tumeurs bénignes.
1o Tumeurs bénignes. — Il s'agit. presque toujours de papiilomes et de fibromes affectant le type de polypes. A signaler aussi les bourgeons charnus^ qui poussent sur une incision de trachéotomie et qui peuvent s'opposer au décanulement.
On extrait ces tumeurs soit par. voie naturelle, au moyen de longues pinces, soit par une incision à la trachée, en met-
(1; D»- Varay, Thèse de Lyon, 4902.
lanl le sujel la tête en bas, pour que le sang ne tombe pns dans ses bronches.
2" TuuBtins itALiGMEs. — Ce sont des sarcomes [8 observations (Lemoinei] el surtout des carcinomes 32 observations (Lemoinc)J ; ordinairement, ils sont secondaires à des i^arcl- Domes lie l'œsophage, du larynx, du corps th^Toïdt' (fig'.
il existe de la douleur et do [a toux avec dyspnée croissante.
Trente-quatre fois seulement le laryngoscope n servi pour le diagnostic.
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ta Irachi'olom le néoplasme
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1 au-dessus de l'incisiou.
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