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MORVE DU NEZ

g-ang'lions parotidiens et sous-maxillaires se prennent, fa fièvre est intense (40° et même 41°).

2» Dans la forme chronique, qui succède le plus souvent au farcin chronique, les lésions sont analogues, mais d’évolution moins tapageuse. C’est ainsi que le jetage est moins abondant, inodore, les ganglions ne sont plus engorgés. Le spéculum et le stylet coudé font néanmoins constater des ulcérations intérieures et des perforations.

Deux pièces très intéressantes du musée de Saint-Louis (1513 et 1371) dues à M. Ernest Besnier montrent bien ce qu’est la morve chronique mutilante du nez. Elles ont été faites, d’après le même malade, un palefrenier de 23 ans, à 6 mois d’intervalle. Au versant droit du nez, une excavation profonde de 3 centimètres qui s’enfonce dans la fosse nasale correspondante. Sur le dos du nez deux ulcérations à l’emporte-pièce larges comme deux pièces de 30 et de 20 centimes. La lèvre supérieure est rongée par une ulcération grenue qui pénètre dans la fosse nasale gauche. Tout autour, sur la face, des pustules.

Six mois après, la perforation latéro-nasale était en partie comblée et remplacée par une simple fente dans le sillon nasogénien ; mais à sa périphérie évoluent des nodules gommeux en phase d’élimination et formant des cupules cavernulaires. Sur la grande mutilation naso-labiale qui s’est élargie, découvrant les dents incisives supérieures, en dedans de la zone périphérique d’infiltration livide, on l'emarque une série de cavernules farcineuses et de bourgeons de réparation avec ébauches cicatricielles, formant un mélange caractéristique de lobules, mamelons et cupules. On voit aussi la voûte palatine d’un rouge intense,

Sonctuée d’un grand nombre de points cicatriciels éprimés et couverte d’une série de cavernules gommeuses cupulaires, isolées ou réunies, formant alors des ulcérations à fond jaune purulent polycyclique. Le voile du palais est échancré sur le côté droit de la luette, les narines fermées comme dans certains nez lupiques. Le malade mourut de consomption quelques jours après qu’on eut pris le deimier moulage.

Dans les autopsies, on a trouvé sui'tout des altérations

MALADIES DU NEZ

suppuratives analog’ues à celles de l’infection purulente. A l’ouverture des fosses nasales, après avoir enlevé’ le muco-pus qui les encombre, on voit une muqueuse boursouflée, d’un rouge vineux, couverte de pustules, d’ulcérations et de fongosités, surtout dans les sinus maxillaires. Sur une figure inédite, que je possède, de nombreuses ulcérations en forme de cavernes occupent la cloison et sont tachées d’ecchymoses. Au fond des ulcérations on trouve les cartilages et les os nécrosés. Sur la voûte palatine, Cornil a signalé de petites saillies transparentes comme les sudamina et dues à des dilatations glandulaires. Le larynx et la trachée sont parfois atteints.

Diagnostic. — Il peut être très embarrassant entre la morve et la syphilis nasale tertiaire. Van Helmont voyait dans la première l’origine de celle-ci. Ordinairement on distingue la syphilis aux déformations plus importantes et plus spéciales du squelette, à l’odeur caractéristique qui fait rarement défaut, aux douleurs ostéocopes s’exacerbant la nuit, à l’évolution moins rapide des gommes, à l’atrophie des cornets inférieurs, enfin à la coïncidence de manifestations cutanées bien différentes de celles du farcin qui peut se compliquer de gonflement aux membres, comrne s’ils étaient farcis. Au besoin on aurait recours à la bactérioscopie, les cultures du bacille de la morve étant caractéristiques ; en même temps on pourrait inoculer le pus suspect à des cobayes, chez lesquels on verrait se produire après quelques jours une orchite révélatrice, ainsi que Straus Ta constaté. Dans un cas relaté par Poli (1), on ne trouva pas de bacilles dans l’écoulement nasal, mais la nature morveuse fut démontrée par l’inoculation aux animaux.

Traitement. — Nous n’avons, comme traitement, que les injections antiseptiques. L’acide phénique et l’eau chlorée auraient, au dire de Gerlach, une action spécialement destructive sur les bacilles de la morve.

(1) Société italienne d’Oto-Rhino-Laryngologie (26 octobre 1892).

XANTHOSE DU NEZ

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