NÉVROSES D’ORIGINE NASALE
La muqueuse nasale peut être le point de départ de phénomènes réflexes très variés sur lesquels Voltolini, Fraenkel, Hack ont les premiers attiré l’attention. Ils s’expliquent par la mise en jeu du nerf de sensibilité g'énérale (trijumeau), ou du nerf sensoriel (olfactif).
^ Le spécialiste doit bien connaître ce chapitre de patholope nasale, soit pour établir certains diagnostics difficiles, soit pour renseigner les médecins qui lui demandent parfois si tel trouble observé peut être considéré comme d’origine nasale.
Les faits signalés se répartissent en cinq catégories d’après la partie du système nerveux qui est l’aboutissant du réflexe.
1“ Réflexes sur les nerfs moteurs. Dans ce groupe on trouve des accidents épileptiformes. Chez un épileptique, Elisa Root trouva le septum dévié et ulcéré, une hypertrophie du cornet inférieur, des synéchies ; un traitement local ayant été institué, le malade guérit peu à peu (i). On a signalé encore des crises hystériformes, choréiformes (Elsberg), cataleptiformes.
Il y a des vertiges nasaux, nousallons lesétudieràpart.
De même origine il y a:
Des spasmes pharyngiens, le nystagmus du voile, de l’œsophagisme.
Une toux sèche, métallique (Seiler, Baratoux, Cartaz).
Des spasmes de la glotte (Schœffer, Moure). Le cornage laryngien qui peut compliquer les végétations adénoïdes (2).
Divers troubles de la voix parlante ou chantante.
L’asthme nasal assez fréquent, surtout quand la muqueuse pituitaire est couverte de myxomes.
Des hoquets, un tic facial, des strabismes, de l’asthénopie accommodative, du blépharospasme.
L’énurésie nocturne des adénoïdiens.
(I) New-York med. Joum., 21 mai 1898.
(2^ ha.ck, Lancet, 26 mai 1898.
2° Réflexes sur les nerfs sensitifs. Ils sont représentés notamment par des céphalalgies, des névralgies faciales.
3*^ Réflexes sur les nerfs sécrétoires. Ce sont des hydrorrhées nasales, des épiphoras, de la sialorrhée.
4° Réflexes sur les nerfs vasculaires. Le rhume des foins, quelques goitres exophtalmiques rentrent dans ce groupe. Lennox Browne a publié un cas de glaucome.
S® Réflexes sur l’ensemble du système nerveux. Ici nous trouvons des neurasthénies, quelques troubles cérébraux, surtout de la paresse intellectuelle, de l’hypocondrie.
Etiologie et pathogénie. — Ces réflexes s’observent chez lés sujets de tempérament neuro-arthritique. Ils peuvent être provoqués par les lésions ordinaires des fosses nasales, hypertrophie des cornets, éperons de la cloison, synéchies, ou par certaines zones hyperesthésiques que l’on découvre en explorant la pituitaire avec un stylet coudé. Le réflexe se produit dès qu’on les touche.
Hack admet comme premier- ternps de tous ces réflexes la tuméfaction du cornet inférieur, théorie bien souvent controuvée. •
Ces troubles présentent le caractère d’être momentanément suspendus par la cocaïnisation de la muqueuse.
Traitement. — Il consiste dans les moyens généraux antinerveux et dans la remise en état normal des fosses nasales, par la destruction des lésions. Si on n’en découvre pas, on fera des galvano-cautérisations sur les points hyperesthésiques. • • '
Pourtant, ces cautérisations ont pu quelquefois aggraver le cas. -
BIBLIOGRAPHIE. — Voltolini, Amwendung' der Galvano- Kaustik, 1781. — Hack (Berlin, klin. Wochenschr., 1882, n® 2S). — Jacobi, Ghorées réflexes d’origine nasale i^New York Med. Record,' n mai 1888). — Hopman-, Guérison d’une maladie de Basedow par l’amélioration d’une affection nasale (Berlin, klin. Wochenschr., 1.5 octobre 1888). —r François-Franck, Etude expérimentale des névroses réflexes d’origine nasale (Arch. de jpihysioL, juillet 1889). — Trifiletti, Névropathies réflexes (Arch. italiani di Zaryraâro/og'ïa, août 1890). Trasher {Weekly'med. Review, 1891, n® 18). — Masccci, Troubles réflexes du nez (Soc. ital. de rhinol., sept. 1895). — E. Root [NewYork med. Journal, 21 mai 1898).