‹ Maladies du larynx, du nez et des oreillesChapitre 123 sur 229 · II. — SINUSITES · texte numérisé non relu

II. — SINUSITES

I. SINUSITE AIGUE. — L’inflammation aiguë (sinusite aiguë) complique très souvent le coryza et prend fin avec lui. Son existence se révèle surtout par une douleur vive dans l’épaisseur delà joue et par de l’opacité à la translumination, mais ce défaut de transparence n’est que transitoire et dure quelques jours seulement. Le traitement consiste dans des inhalations d’eau faiblement mentholée (1 : 500) et dans la prescription d’antipyrine.

II. SINUSITES CHRONIQUES. — Les inflammations chroniques sont simples ou suppurées.

1“ INFLAMMATION CHRONIQUE SIMPLE. - Symptômes. — Elle se caractérise par un épanchement séromuqueux.

Son origine est presque toujours nasale. C’est ainsi qu’on la rencontre dans les divers coryzas chroniques, rhinithes hypertrophique et atrophique. Elle est ordinairement bilatérale. Quand, au réveil,le malade redresse sa tête, l’écoulement se fait par les narines ou les choanes, suivant l’attitude. Cet écoulement incolore empèse le mouchoir, sans le colorer en jaune vei'dâtre. L’illumination électrique du sinus ne donne pas de renseignements

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[précis, car on l'a vu transparent quand des injections en chassaient ensuite des mucosités. Cette affection est sans granté. Il résulte des recherches de Sabrazès et Rivière que le secretum de ces sinusites simples ne renferme guère que des pneumocoques, tandis que le pus ^ des empyèmes qu’il nous reste à décrire, contient les i divers staphylocoques et le streptocoque. Ainsi s’expliqueleur pronostic plus grave.

' Traitement. — On applique les procédés thérapeutiques que nous examinerons pour les sinusites supputées, en choisissant parmi les plus simples.

â** INFLAMMATION CHRONIQUE SUPPURÉE {empyème). — Les rhinologistes ont montré qu’il fallait renoncer à l’ancienne description fantaisiste qui la montrait accompagnée de manifestations aiguës. C’est ainsi que la rougeur et la tuméfaction de la joue ne s’observent qu’exceptionnellement. Dansl’immense majorité des cas, l’empyème highmorien est latent. Suivant, en effet, que . l’orifice naturel de sortie est oblitéré ou non, Pempyème est fermé ou ouvert. L’empyème fermé seul a une symptomatologie tapageuse.

Etiologie. — L’affection est fréquente, principalement chez l’adulte. On l’observe quelquefois à la suite de traumatismes ou de pénétration de corps étrangers.

Le plus ordinairement, elle est d’origine nasale ou dentaire. Toutes les variétés de coryzas peuvent la provoquer, sui’tout ceux qui sont de nature infectieuse. Il en est de même des périostites alvéolo -dentaires ou des caries dentaires qui siègent sur les petites et les grosses 1 molaires. La première grosse molaire se montre le plus souvent en cause dans les observations. Les diverses i opérations pratiquées sur les dents (plombage, déplombage, cautérisations, peuvent être causes d’empyème, mais on le voit survenir principalement après une extraction dentaire. Sans doute alors, ainsi que l’a observé Schutz (de Manheim), un abcès s’est formé sous la muqueuse du sinus, à la suite de périostite alvéolaire de lamolaire; la secousse de l’avulsion rompt cette collection purulente et le pus s’épanche dans le sinus.

L’affection peut être consécutive à un érysipèle (Luc), à la syphilis nasale (Hermet), à diverses opérations in-

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tranasales comme des ablations de polypes, lorsqu’elles ne sont pas pratiquées avec antisepsie. Bayer, Hartmann ont considéré les fong-osités qu’on rencontre souvent autour de l’orifice de communication comme une cause d’empyèmepar l’obstacle qu’elles apportent à l’issue des mucosités, mais l’examen d’un plus grand nombre de cas donne à penser aujourd’hui que ces fongosités sont au contraire le résultat delà sinusite qu’elles permettent de soupçonner. L’actinomycose figure parmi les causes possibles de ces suppurations ; Koch en signale trois cas.

Anatomie pathologique. — Dans l’empyème chronique, la muqueuse subit une transformation fongueuse et myxomateuse dont l’épaisseur peut atteindre un centimètre (Luc). Cette ti'ansformation peut même se produire en quelques jours.

Examinée au microscope, la muqueuse montre; la chute de l'épithélium, l’infiltration d.u choriou par des leucocytes, une dilatation considérable des vaisseaux et un état œdémateux, point de départ de myxomes.

Ces lésions ne tardent pas à s’étendre au méat moyen et la tuméfaction de la muqueuse y forme un bourrelet signalé par Kaufmann (de Prague) ressemblant au cornet moyen qui se trouve refoulé par lui en haut et en dedans. Consécutivement de petits myxômes naissent sur cette muqueuse altérée. Quand le pus ne peut s’écouler facilement, il se concrète en masses caséeuses énormes qui envahissent la fosse nasale et le sinus. Ces cas ont été signalés sous le nom de rhinite caséeuse (Duplay).

Bactériologie. — Ce que nous en savons, nous le devons aux recherches de Sabrazès et Rivière, de Stanculéanu et Baup. Le plus ordinairement on trouve le streptocoque, le staphylocoque, le microbe de l’influenza.

D’après Stanculéanu et Baup, si l’infection est d’origine nasale, lepus n’est pas fétide, ilcontientles aérobies habituels du nez ; mais si l’origine est dentaire, le pus est fétide, car il contient les anaérobies des dents infectées: bacillus ramosus, serpens, thétoïdes, etc.

On voit par là que les sinusites dentaires sont les plus graves.

On peut J rencontrer aussi du pneumocoque. Tel fut

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