TUMEURS DU SINUS MAXILLAIRE
Uire, et font leur apparition le plus souvent au bord alvéolaire, après avoir fait tomber les dents. Les épithéliomes primitifs sont beaucoup plus rares que les secondaires venus des régions voisines. Il est très difficile de reconnaître, en clinique, cette différence d’origine, ainsi que l’a fait ressortir Albarran (1).
3® Carcinomes. — On signale particulièrement les tvpes encéphaloïdes et colloïdes. Ils apparaissent plus ordinairement après la cinquantième année, et se caractérisent par des douleurs lancinantes, la chute des dents, l’exophtalmie, l’obstruction nasale, l’ulcération des téeuments, l’infection ganglionnaire et viscérale. Dunn attribue pour leur apparition une certaine importance an.v myxomes souvent méconnus de cette cavité et qui dégénéreraient.
Symptômes. — Les tumeurs del’antre traversent, dans leur évolution, trois stades assez distincts.
Dans une première période, l’affection reste latente. Tout au plus quelques douleurs vagues ou nettement névralgiques permettent-elles de la soupçonner.
A la deuxième période, la tumeur remplit le sinus, et, refoulant ses parois, détermine divers troubles de compression dans le voisinage (pi'oéminence de la joue, exophtalmie, aplatissement du canal lacrymo-nasal et épiphora, obstruction nasale, chute des dents).
A la troisième période, le néoplasme a franchi les limites du sinus et il envahit les cavités adjacentes. La voûte palatine est débordée, un champignon saignant l'envahit. Même altération au niveau des alvéoles dentaires. Un prolongement dans le cavum peut obturer la trompe d’Eustache et compromettre l’audition. Ou bien l’envahissement sera vers la base du crâne, et le malade snccombera à une encéphalo-méningite. Un écoulement fétide sort de la narine correspondante ; la joue est d’un rouge luisant, variqueux, insensible à la piqûre, car le plexus nerveux sous-orbitaire est comprimé ou détruit.
Diagnostic. — I® La tumeur est-elle bien du sinus '? Des néoplasmes des fosses nasales, du pharynx peuvent
(Il Albarran, Kystes des mâchoires {Revue de chir., juinjaillet, 1888).
MALADIES DU NEZ
arriver secondairement dans le sinus, comme des tameurs de l’antre arrivent ultérieurement dans les réi^oas voisines où on lescroirait primitives. Tel ce casdetVairen, où une tumeur de la paupière inférieure n’étaitqae le prolong-ement d’un fibrome du sinus. C’est par l’histoire circonstanciée de. la maladie, par l’examen à la vae et au toucher des cavités voisines (fosses nasales, naso-
§harynx, bouche), par la recherche minutieuse du point ’implantation qu’on évitera l’erreur.
2° La tumeur est-elle liquide ou solide? On peut penser à une tumeur liquide quand on trouve de la fluctuation. Il faut la chercher partout où l’on peut aborder la tumeur, joue, g'encive, voûte palatine. Ne pas confondre cette franche fluctuation avec la mollesse de quelques encéphaloïdes. A défaut de fluctuation, on a souvent l’écoulement du pus par une fistule ou par les narines et les choanes'. La translumination de la face et surtout une ponction exploratrice lèverontau besoin tous les doutes.
3o La tumeur est-elle bénigne ou maligne? C’est par la considération de la marche, de l’état des ganglions et de l’état général qu’on sortira du doute. L’âge a son importance, puisque les chondromes et ostéomes sont plus particulièrement fréquents chez les sujets jeunes, tandis queles tumeurs carcinomateuses affectent surtout les gens âgés.
Ce diagnostic reste néanmoins difficile, et l’on est autorisé à pratiquer, quand onia juge nécessaii'e, la biopsie de la tumeur, à l’aide du trocart explorateur de Küss. Une tumeur maligne du sinus peut à ses débuts simuler une sinusite simple. Je l’ai constaté deux fois déjà.
Pronostic. — Il varie avec la nature de la tumeur, mais il reste en tout cas assez grave, à cause de l’importance de l’intervention chirurgicale.
Traitement. — 1° Les tumeurs bénignes qui ne gênent pas le malade peuvent être respectées, tels les ostéomes.
Cependant, si leur extirpation est indiquée pour une raison ou une autre, il faut intervenir sans retai’d, suivant la règle de conduite tracée par Dolbeau.
Ouvrant le sinus par la fosse canine, on arrache la tumeur en bloc. Une faut pas songer à la fragmenter.