I. TUMEURS BÉNIGNES. — Examinons-Ies par ordre de fréquence
i“ Kystes muqueux. — Il se rencontre parfois dans le sinus des collections liquides rappelant le mucus par leur composition chimique. Les premiers observateurs qui les ont étudiées (Jourdain, Deleschamps) pensèrent qu'il s’ag’issait d’une hydropisie du sinus, occasionnée pr l’oblitération de l’orifice normal. Ultérieurem’entVerneuil vit un cas de ce genre où le sinus était rempli par un liquide épais, visqueux, sans trace de paroi kystique et sans occlusion de l’orifice. Il l’attribua aune hypersécrétion de la muqueuse qu’irritait l’évolution difficile d’une dent de sagesse (1).
Mais depuis les recherches de Giraldès en 1851, on admet quela généralité des kystes highmoriens sont dus à l'oblitération du conduit excréteur d’une des glandes de la paroi muqueuse, suivie de rétro-dilatation. Giraldès a montré en. effet, par ses recherches sur le cadavre, que ces glandes étaient souvent le siège de dilatations kystiques. 11 distingue deux catégories de ces kystes : petits et grands. Les petits (kystes miliaires) sont formés par l’ectasie limitée, latérale, d’une partie delà
Saroi du canal excréteur. Ils ont le volume d’un grain e mil et sont remplis d’une substance épaisse comparable à celle du cristallin. Ces petits kystes miliaires ne sont que le premier stade des grands. Ceux-ci sont formés aux dépens de toute la cavité glandulaire. Ils sont assez différents les uns der. autres, tantôt uniques et volumineu.x, tantôt au contraire multiples et moins développés. La paroi est mince ou recouverte d’une muqueuse épaissie, fongueuse. Leur contenu est transparent et visqueux, ou plus ou moins coloré par des globules sanguins, des globules de pus, des globules graisseux, des cellules épithéliales. L’analyse chimique y décèle des cristaux de cholestérine en abondance. En se développant, ces kystes finissent par remplir le sinus et le distendre.
2» Kystes dentaires. — Ils .se développent aux dépens du périoste qui se décolle d’une racine dentaire malade.
fl) Verseltl, Bull, de la Soc. de chir., 1852.
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Leur forme au début est allongée suivant l'axe de la dent et le kyste est central ou latéral, selon que le périoste s’est décollé tout autour de la racine, ou seulement sot un de ses côtés.
Peu à peu ces kystes arrivent à remplir complètement l’antre et même à le distendre, surtout du côté de la joue.
3° Polypes muqueux. — Luschka a le premier signalé leur présence dans l’antre d’Elglimore. Sur 230 crânes, Heymann a rencontré quatorze fois des myxomes, mais jamais multiples. Ce sont des myxomes analogues à ceux des fosses nasales. Ils peuvent l'efouler les diverses parois, mais ils font surtout irruption du côté de la fosse nasale, en traversant l’orifice du sinus. Ne pas les confondre avec les fongosités que les sinusites font apparaître dans le méat moyen autour de cet orifice.
4° Fibromes. — Ils sont rares. D’api'ès O’Shaugnessy, il en serait tout autrement aux Indes. Ce sont des tumeurs dures, lisses, quelquefois très riches .en vaisseaux. Un fibrome extrait par Demarquay, et examiné par Ranvier, montrait à son centre une véritable calcification. Ces tumeurs arrivent à refouler et même à détruire les parois du sinus.
3° Chondromes. — Ils sont rares aussi. Une seule fois on a rencontré le chrondrome pur. Dans les autres cas c’étaient des ostéo-chrondromes (Dolbeau, Trélat), des fibro-chrondromes (Giraldès). Les tumeurs de ce genre se montrent de préférence chez les su jets jeunes, évoluent lentement, mais peuvent atteindre des dimensions considérables. Dans un fait de Gensoul, la tumeur mesurait environ 20 centimètres de diamètre.
6“ OsTÉOMES, — Ils sont presque toujours uniques. Leur volume varie des dimensions d’un pois à celles d’un gros œuf. Ils sont souvent enclavés dans l’antre, adhérant parfois par une implantation plus ou moins étendue. Lucke mentionne un cas d’angiome ossifiant.
II. TUMEURS MALIGNES. — Sarcomes. — Assez rarement la muqueuse et le périoste qui tapissent l’antre d’Highmore sont le point de départ de sarcomes. On en a pourtant observés de divers types histologiques.
2'^ Épithéliomes. — Ils prennent ordinairement naissance sur la muqueuse de l’antre, affectent le type papil-