AFFECTIONS DES SINUS FRONTAUX
Considérations anatomiques. —Les deux sinusfrontaux sont situés au-dessus de la racine du nez, à l’union des portions verticale et horizontale de l’os frontal, entre les deux tables externe et interne de l’os qui s’écartent pour les former. Une cloison verticale et antéro-postérieure les sépare. Cette cloison très résistante (Zuckerkandl) préserve long-temps le deuxième sinus des altérations qui ont envahi le premier.
D’après le P‘' Tillaux, les sinus frontaux n’existent pas chez l’enfant. Ils se forment vers l’âge de treize ou quatorze ans et sont aloi’s séparés par une épaisse cloison osseuse qui va s’amincissant de plus en plus avec les progrès de l’âge, si bien qu’elle n’existe aucunement chez le vieillard. D’après Poirier, c’est au cours de la deuxième année qu’apparaît le sinus. Ce sont les cellules ethmoïdales antérieures qui le forment,en se prolongeant dans la glabelle. Son développement est complet à vingt ans. D’après mes recherches, la cloison serait assez souvent située à coté du plan médian antéro-postérieur du corps. La paroi antérieure a une épaisseur moyenne de 5 millimètres. Elle renferme une forte couche de diploé qui saigne abondamment quand on l’entame. La paroi inférieure ou orbitaire, habituellement mince, présente parfois des déhiscences où le squelette fait défaut et au niveau desquelles la muqueuse sinusale s’adosse au périoste orbitaire. Facilement alors les collections purulentes qui se sont développées dans le sinus se font un passage au dehors par la partie supéro-interne de l’orbite.
Bouyer (1859) a établi que, chez l’homme adulte, la capacité moyenne des deux sinus réunis est d’environ -4 centimètres cubes, mais cette capacité est assez variable. Bouyer a également signalé ce fait que si le sinus frontal est vaste, le sinus sphénoïdal est peu développé, etrice
AFFECTIONS TRAUMATIOUI S
r?rsa, comme s’il existait une compensation entre ces deux cavités annexes (1). D’après les mensurations de Poirier, le diamètre moyen chez l’homme mesure 3 centimètres dans les deux sens vertical et horizontal.
Après 40 ans, la capacité du sinus s’accroît beaucoup, n empiète vers l’apophyse orbitaire externe.
D’autre part, le sinus peut manquer. Sur trente cadavres, Poirier l’a vu deux fois absent.
Le sinus frontal s’ouvre par le canal fronto-nasal dans le méat moyen. Ce canal débouche exactement à l’extrémité antérieure d’une gouttière (infundibulum) dont la berge inférieure saillante (apophyse unciforme) gêne habituellement pour le cathétérisme de ce canal. Le squelette qui avoisine le canal fronto-nasal est d’ailleurs très fragile ; le cathétérisme doit donc y être pratiqué d’une mai n sûre et légère, sous peine de pratiquer des fausses routes. Comme le canal nasal passe devant les cellules ethmoïdales antérieures, il est facile de les cureter à travers le sinus frontal ouvert, sans entamer la base du, crâne beaucoup plus résistante.
Le canal fronto-nasal, d’après les mensui’ations de Poirier, Guillemin, Panas, est en moyenne de 15 millimètres chez l’homme et 11 chez la femme. Le nombre toujoui's croissant des interventions sur les sinus frontaux a révélé des particularités très intéressantes pour le diagnostic et le mode opératoire. C’est ainsi que la communication du sinus avec la fosse nasale peut s’établir très indirectement pr l’intermédiaire d’une cellule ethmoïdale (Mayo-Collier) ; ou qu’il peut exister des sinus multiples. Suarez de Mendoza a montré des crânes où il existait de chaque côté deux sinus l’un devant l’autre.