I. — AFFECTIONS TRAUMATIQUES
I. PLAIES. — Elles peuvent être produites par des instruments piquants ou tranchants. Les piqûres et coupures sont généralement sans gravité. Quelquefois ce -
(1; Bouyer, Thèse de Paris, 1839.
MALADIES DU NEZ
pendant elles se compliquent d’emphvsème sous-cutaDé. quand un effort ou l’action de se moucher chasse l’air hors du sinus.
II.FRACTURES. — Etiologie. — Elles sont dues à des instruments contondants ou à des chutes.
Symptômes. — La peau peut être intacte, alors que la paroi antérieure du sinus est fracturée : Dupuytren en cite un cas. Boyer a même vu les téguments ouverts, la paroi antérieure du sinus brisée, mais la muqueuse intacte. Ce sont là des exceptions. Généralement la cavité du sinus communique avec l’extérieur. Si le trajet de communication est oblique, tortueux, empêchant la libre sortie de l’air, l’emphysème envahit la face, le trajet suppure, et on a même vu la muqueuse tuméfiée venir faire hernie à l’extérieur.
Diagnostic. — Il n’est pas difficile de diagnostiquer une fracture du sinus frontal. La pneumatocèle avec sa crépitation sui generis et son grossissement dans les efforts est pathognomonique.
En cas de fracture ouverte, il faut craindre la présence de corps étrangers et la persistance de fistules.
Traitement. — Le ti'aitement de ces plaies et fractures ne comporte guèi'e d’indications spéciales: nettoyer la plaie, extraire les corps étrangers, faire un pansement compressif pour réduire l’emphysème. Il a fallu quelquefois relever avec une spatule les fragments de latable externe enfoncés dans le sinus.
III, CORPS ÉTRANGERS. — H y a quelques observations de calculs formés sur place, mais la plupart des corps étrangers viennent de l’extérieur. Ce seront des insectes, des vers entrés par les fosses nasales; ce seront surtout les divers projectiles de guerre pénétrant par fracture des parois. Mackenzie a cité le cas d’un général français atteint à Waterloo d’une balle qui pénétra dans le sinus, en traversant l’orbite. Elle y séjourna douze ans sans accident, mais une nuit le blessé eut la sensation d’un corps qui passait de son nez dans son pharynx et il rejeta le projectile par la bouche. Ces corps étrangei’s sont fi.xés ou mobiles dans la cavité frontale.
Lôhnberg vient de publier un cas singulier de corps
SINUSITES
étrang'er du sinus frontal (1). Il s’agit d’un ouvrier qui, dans une rixe, avait reçu un coup de tournevis sur la région frontale droite. Les accidents consécutifs firent porter le diagnostic de sinusite frontale. L’ouverture par la voie externe fît découvrir dans l’orifîce supérieur du canal fronto-nasal un petit lambeau de Feutre qui, dans la lutte, avait dû être détaché du chapeau de cet ouvrier.
On reconnaît leur présence avec le stylet. On la soupçonne par la persistance d’une fîstule.
Leur extraction est facile. Qu’il faille ouvrir complètement le sinus ou élargir une brèche existante, la gouge et le maillet sont les instruments de choix.
Weinlechner a observé, comme antérieurement Billroth, un cas d’ectasie du sinus frontal qui était rempli de masses athéromateuses. Le malade, un adulte, avait eu dans son enfance un traumatisme du front. Cette ectasie produisait des vertiges et des convulsions qui cessèrent par une opération (évacuation du sinus).