MALADIES DE L OREILLE EXTERNE
TCnt les accidents qu’ils produisent, et les moyens d’ex- Braction qu’ils réclament. Les uns sont des corps durs :
, petits cailloux, noyaux de cerise, perles de verre, bouts lie cravons. Kohler (de Berlin) y a trouvé un condyle du Masilfaire inférieur détaché par ostéomyélite ; les autres ries corps mous : tampons de ouate, graines. Certains d'entre eux, les graines notamment, peuvent se gonfler et aagmenter de volume par imbibition. La surface de ces [corps étrangers est tantôt lisse, tantôt irrégulière, hérissée même de pointes, d’aspérités, capables
de s’implanter dans les ^
i parois du conduit, de dé-
j chirer le tympan. 1
On les trouve le plus H if 11
: souvent chez les enfants, M V 11
3ui, en jouant, s’intro- î 3
uisent dans leur propre I
conduit auditif ou dans
celui des autres enfants jn
les divers objets qu’ils ont sous la main.
Le corps étranger pé- - - —
;nètre plus ou moins Fig. 213 ~ Bocal pour tenir les I profondément. Tantôt il canules dans un liquide asepreste à l’entrée ; tantôt, tique, surtout s’il est petit, il
va jusqu’au tympan et se place dans le sinus que forme la paroi inférieure du conduit, en avantdu tympan (sinus hypo-tympanique), de sorte qu’il est difâcile à voir lors de l’examen au spéculum. Le tympan lui-même peut être perforé, et le corps étranger, à travers la déchirure ou l’ulcération de la membrane, passe du conduit dans la caisse où il est caché par l’anneau tympanal.
Symptômes. — Le conduit auditif est parfois singulièrement tolérant pour les corps étrangers : tel malade
Serd lui-même le souvenir de l’introduction, et, s’il evient sourd, croit avoir une affection spontanée de l’oreille. Singer a fait la remarque que, d’instinct, l’enfant ne se couche pas du côté qui recèle un corps étranger. Les cas de corps étrangers latents sans réaction inflam-
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matoire, sans troubles auditifs, sont assez fréquents : Politzer retira d’un conduit auditif un bout de crayon d’ardoise, qui y séjournait depuis vingt-deux ans, sans avoir causé le moindre malaise ; Rein, une molaire cariée habitant le conduit depuis quarante ans.
Accidents primitifs. — Les malades éprouvent d’habitude une sensation de gêne ; l’oreille semble bouchée. La surdité, les bourdonnements, les bruits dont ils se plaignent ont une intensité variable, qui augmente avec le volume du corps étranger etsa situation profonde. Lorsque le tympan est comprimé, des sensations plus ou moins pénibles, des douleurs même peuvent exister soit dans le conduit, soit au fond de l'oreille.
Les symptômes les plus gênants sont produits par les corps étrangers vivants ; par leurs mouvements, ils font vibrer le tympan et déterminent ainsi des sensations auditives violentes.
2’' Phénomènes réflexes. — Les corps étrangers s’accompagnent parfois de troubles nerveux d’origine réflexe, bien faits pour causer des erreurs de diagnostic.
On a considéré comme atteints d’une affection cérébrale et traités comme tels des malades qui, ignorant la présence d’un corps étranger, se plaignaient de surdité avec bourdonnements, vertiges, céphalalgie. D’autres étaient tourmentés d’une toux violente, rebelle à tous les traitements et qui cessa par l’extraction d’un corps étranger de l’oreille.
Itard rapporte l’observation d’un malade atteint d’une salivation abondante s’élevant à deux pintes et demie (1) en vingt-quatre heures et qui disparut après l’extraction d’un fragment de laine.
Citons encore des vomissements incoercibles, des convulsions, des paralysies même étendues, suivies parfois d’atrophie musculaire, de l’épilepsie.
Ces phénomènes nerveux réflexes sont dus à l’irritation des nerfs du conduit auditif et de la caisse; pneumogasrique, rameau de Jacobson, grand sympathique et facial.
3° Accidents consécutifs. Complications inflammatoires. — Les accidents inflammatoires peuvent être
(1) La pinte équivalait à 931 millilitres.
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' causés par les corps étrangers eux-mêmes ou par l'emploi intempestif des instruments.
L’otite aiguë, qui en est la conséquence, se caractérise par les douleurs vives, le gonflement et la rougeur du conduit, un écoulement purulent et sanguinolent. Cette otite traumatique est plus ou moins intense, elle peut se propager au tympan et à la caisse. Le tympan finit par s’enflammer, s’ulcérer et se perforer; la caisse suppure à son tour, et parfois surviennent des complications céré-
i braies (méningite, abcès) qui emportent le malade. Dans un cas communiqué par Gaudier (de Lille), à la Société Ibelge d’otologie (7 novembre 1897), un œillet de bottine et son agrafe avaient entraîné une mastoïdite avec paralysie faciale.
Diagnostic. — La présence d’un corps étranger ne peut être reconnue que par l’examen de l’oreille qu’il faut faire de propos délibéré. Malgré les commémoratifs les plus exacts, les symptômes les plus concluants, on ne doit jamais négliger l’examen de l’oreille au spéculum. On I évitera ainsi les grossières erreurs relatées dans les classiques. Souvent, en effet, le médecin, confiant dans le dire du malade, s’efforce d’extraire un corps étranger imaginaire, ou sorti depuis longtemps. D’autre part, cet examen a plus d’une fois montré la véritable cause de troubles nerveux, difficiles à expliquer, alors qu’aucun : commémoratif ne permettait de soupçonner un corps ! étranger. Les renseignements fournis par la vue qui montre souvent un corps noirâtre, seront contrôlés par une exploration extrêmement prudente avec un stylet introduit doucement dans le spéculum et dont l’œil suivra les mouvements.
Le diagnostic devient difficile quand le corps étranger est entouré de masses cérumineuses, de bourgeons charnus qui le cachent ou quand il a pénétré dans la caisse. Le stylet prudemment manœuvré donne alors les plus utiles renseignements.
La radioscopie peut être parfois très utile au diagnostic. Traitement. — Le plus grand danger des corps étrangers réside dans les tentatives d’extraction faites avec des instruments par une main non e.xercée, surtout si celleci manœuvre sans s’éclairer et tente d’enlever le corps Castes. — Mal. du Larynx. 2e éd. 36.
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étranger avec des pinces introduites à l’aventure. En procédant ainsi, on nlesse le conduit, le corps étranger est repoussé vers la profondeur, crève la membrane et tombe dans la caisse. La blessure des organes de voisinage.
Fig. 214. — Pince de Duplay pour extraction des corps étrangers de l’oreille.
l’infection qui s’y joint, peuvent amener la mort (Hartmann).
On ne saurait donc apporter trop de prudence dans les tentatives d’extraction des corps étrangers. Ün devra s’assurer, par un examen au spéculum, de la présence, du siège exact du corps étranger, et ne tenter aucune manœuvre avec un instrument, avant d’avoir recouru au moyen qui réussit dans l’immense maj’orité des cas et qui a l’avantage d’être inoffensif s’il reste impuissant. Ce moyen consiste en inj'ections d’eau stérilisée cbaude pressées avec fçrce à l’aide d’une grosse seringue. La se-
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rinrae à hydrocèle est excellente pour faire ces injections, pourvu qu’elle soit munie d’une canule olivaire.
L’injection sera faite sans le spéculum. L'index gauche, mis en travers près du bec de la canule, fait garde et l’empêche de pénétrer trop profondément. L’eau, lancée le long de l’une des parois du conduit auditif, pénètre derrière le corps étranger, et, s’accumulant dans le fond du conduit, l’en chasse.
Il est rare que le résultat désiré ne soit pas obtenu par une série d’injections faites avec soin et persistance. Si, i malgré tout, le corps étranger n’est pas délogé, la conduite du chirurgien devra varier selon les circonstances.
Si le corps étranger, par son siège peu profond, par sa forme, sa consistance, se prête à une extraction facile, on pourra le saisir avec un instrument approprié (fig. 214). Parfois un crochet, une simple épingle dont la pointe est recourbée, permet de harponner un corps mou et de l’extraire facilement, mais toujours sous le contrôle de la vue. Je me sers très utilement d’un cure-oreille en métal, qui soulève et entraîne le corps étranger.
L’intervention s’impose quand des accidents d’otite ou des phénomènes nerveux se produisent. Dans ces cas, la chloroformisation facilite beaucoup les manœuvres, surtout s’il s’agit d’un enfant, car la narcose détend les tissus serrés sur le corps étranger.
Pour ces cas spéciaux, on peut avoir recours à une opération jadis conseillée par Paul d’Egine, et qui consiste à pratiquer une incision semi-circulaire derrière le pavillon de l’oreille, pour pénétrer dans le conduit auditif derrière le corps étranger. Trôltsch incise non en arrière, mais en haut; en ce point, il est très facile de détacher le conduit auditif de la portion écailleuse du temporal.
Si le corps étranger est dans la caisse, on peut être obligé de pratiquer l’opération de Stackepour l’extraire et faire cesser les symptômes qu’il provoque.