I. — COMPLICATIONS DANS LA CAVITÉ TYMPANIQUE
Envisageons ici les polypes de la caisse, le cholestéatome et les suppurations de l’attique.
lo POLYPES
On les rencontre principalement dans les otorrhées anciennes. Dans les trois quarts des cas, ils s’implantent sur la paroi profonde de la caisse (Moos et Steinbrügge). Le pédicule est généralement àleur partie postéro-supérieure (Trôltsch), mais cette implantation n’a pas besoin d’être diagnostiquée d’avance, le même mode d’exérèse s’appliquant aux diverses implantations profondes. Les polypes, n’étant que des fongosités devenues grandes, indiquent souvent la présence d’un séquestre. Leur pédicule est mince ou gros. Il peut être étranglé dans une perforation de la membrane tympanique. Son ablation laisse alors subsister dans la caisse toute sa partie profonde. La partie la plus externe, exposée au contact de l’air extérieur, s’indure, devient blanchâtre et se couvre de couches épidermiques superposées, mais la partie profonde reste plus rouge et plus souple. Histologiquement les polypes sont divers : granulomes, fibromes, myxomes. Les granulomes sont les plus fréquents.
Ces productions, étant généralement très vasculaires, saignent facilement. Aussi Yotorr/iée sanguinolente
ES Q-REILLES
a-t-elle un caractère de présomption qui permet de soupçonner l’existence d’un polype.
Le diagnostic en est facile, môme s’il ne fait pas saillie à l’extérieur ; il se montre dès qu’on regarde dans le spéculum auris. Encore faut-il ne pas le confondre avec de petites fongosités de la caisse ou avec un corps étranger. On y parvient à l’aide du stylet qui explore la surface et le pédicule du polype.
Divers instruments existent, parmi lesquels on peut choisir pour l’extraction d’un polype. Le petit polypotome de Collin (fig. 236) est, en l’espèce, très recommandable. Des irrigations antiseptiques auront préalablement nettoyé le conduit auditif. On y instille 10 gouttes environ d’une solution forte de cocaïne (i p. 20) et cinq minutes après on peut introduire la petite anse froide. On la pousse, tout en fermant peu à peu, aussi profondément qu’il est possible, et on serre brusquement, entraînant ainsi un polype plus ou moins volumineux. L’excroissance, bien que tranchée, peut rester au fond du conduit, mais une injection l’entraîne immédiatement et la fait tomber dans le bassin présenté sous le pavillon. Un curettage de la caisse doit parfois compléter l’ablation du poRpe. On peut y procéder avec la curette représentée (fig. 235). L’écoulement de sang est modéré.
Fig. 235. — Petite curette.
Quand il s’est arrêté, on peut toucher le point d’implantation avec la pointe du galvanocautère ou une solution concentrée de chlorure de zinc. On termine cette petite opération en mettant dans le conduit une mèche de gaze iodoformée qu’on recouvre d’un tampon de ouate.
2» - CHOLESTÉATOME DE L’OREILLE
Le cholestéatome consiste dans un amas blanchâtre de cellules épidermiques, disposées en lamelles concen-