COMPLICATIONS DANS LA CAVITE TYMPANIOUE
Mais si l’antre et l’apophyse sont envahies, si les os sont cariés et le pus retenu, des complications graves sont à redouter : phlébite des sinus, méningite, abcès du cerveau et du cervelet. Ces masses peuvent être d’abord bien tolérées et donner lieu brusquement à des symptômes graves. Virchow estime qu’un tiers des otopathies mortelles sont des cas de cholestéatome.
Traitement. — H y a plusieurs procédés pour extraire les masses cholestéatomateuses. Voyons d’abord les plus simples.
Dansleseas ordinaires, quand il existe une perforation tjmpanique à travers laquelle on aperçoit un àmas épidermique, on commence par nettoyer le conduit auditif au moyen d’injections antiseptiques; puis, avec la petite canule coudée de Hartmann en argent ou en caoutchouc durci, on pénètre dans la caisse à travers la perforation, après avoir cocaïnisé la membrane pour mieux assurer l’immobilité du malade. Parfois la perforation est trop petite ou obstruée parles fongosités, on l’agrandit d’abord et on la dégage de ces végétations polypiformes. La canule est ensuite introduite à travers le spéculum et ori dirige la solution antiseptique chaude en divers sens mais surtout en haut et en arrière dans la direction de l’antre. Une solution de sublimé à 1 pour 2000 est très indiquée pour ces lavages. Politzer recommande d’envoyer quelques bulles d’air en même temps que la solution ; en barbotant dans le liquide, elles aident à désagréger les masses. La pression de l’injection sera modérée pour éviter les vertiges. Plusieurs mois peuvent être nécessaires pour ariûver à expulser entièrement le cholestéatome au moyen des injections. Ce résultat une fois acquis, ou modifiera les parois de la cavité, en y injectant une solution d’alcool boriqué à 1 pour 20 (Politzer) ou de chlorure de zinc à 1 pour 20 éeralement, et quand la sécrétion sera tarie, on pourra avec avantage insuffler de la poudre d’iodoforme dans le fond du conduit auditif. Gruber a conseillé d’employer la ventilation de la caisse au moyen de la canule de Hartmann montée sur une poire en caoutchouc, car il avait remarqué qu’une ventilation insuffisante de l’oreille moyenne favorisait l’apparition du cholestéatome.
MALADIES DES OREILLES
Ce traitement simple est quelquefois insuffisant, surtout quand il existe une altération des parois osseuses qui entretient la suppuration. Alors on pourra extraire le marteau et l’enclume, ce qui facilitera l’évacuation de la caisse, à la condition pourtant que l’audition soit déjà compromise. Enfin, en cas d’échec, on aura recours à l’ouverture delà mastoïde, surtout si leraalade présente quelque complication (céphalalg'ies, frissons, vomissements). Cette opération doit ouvrir larg-ement les cellules mastoïdiennes et l’antre pour les évacuer, curetteretmodifier par une solution de chlorure de zinc. S’.il est utile, on la complète par le procédé de Stacke, en faisant sauter la paroi externe de. Vaditus ad antrum et de la caisse, et en enlevant les osselets. On recouvre les surfaces osseuses, dénudées, avec la peau du conduit qui a été détachée. Mais on a soin qu’une large communication persiste entre le conduit externe et la cavité qui contenait le cholestéatome. C’est l’opération radicale. Et cependant des récidives ont pu se montrer après qu’on y a eu recours.
Siebenmann, s’appuyant sur ce fait que l’épiderme se cutinise seulement au contact de l’air, a projposé, pour éviter ces récidives, de maintenir permanente l’ouverture rétro-auriculaire. Kretschmann assure cette ouverture permanente, en pratiquant à deux centimètres en arrière de la première incision une autre incision parallèle. 11 les réunit par un trait horizontal dessinant la lettre H. Les deux lambeaux sont ensuite détachés avec leur périoste et appliqués en haut et en bas dans la brèche osseuse.
L'ouverture permanente assure une guérison plus rapide et plus complète, mais ce trou derrière l’oreille est disgracieux. Il ne faut donc recourir â cette extrémité que si les autres moyens se sont montrés insuffisants.
Pendant plusieurs mois après l’intervention, l’opéré doit rester sous l’observation du chirurgien pour qu’on puisse surveiller l’apparition d’une récidive et faire en ce cas le nécessaire.