COMPLICATIONS DANS LA CAVITÉ TYMPANIOÜE
la base du crâne, sous l’arachnoïde, admit qu’il s’ag-issait d’une tumeur primitive, issue du tissu cellulaire sousarachnoïdien.
Pour Virchow, c’est un néoplasme hétéroplasique, parce qu’il apparaît en des points où n’existe pas ordinairement d’épiderme.
Kûster admet qu’il s’agit d’une tumeur primitive congénitale du squelette environnant la caisse et il l’explique par l’inclusion d’un bourgeon épidermique dans le premier arc branchial.
Les explications qui précèdent ont été proposées par des anatomo-pathologistes, mais plusieurs auristes considérant que les cholestéatomes succèdent généralement à une otite chi-onique se sont rangés à l’idée de Trôltsch qui écrivait : « Il s’agit de produits inflammatoires qui s’accumulent, se dessèchent et forment une tumeur solide qui finit par user les os voisins en les comprimant (1). »
Ce serait donc une tumeur secondaire et la présence de la cholestérine serait produite par les matières gra.sses soustraites à la nutrition. Schwartze, Urbantschitsch ont adopté cette idée d’une inflammation desquamative, Habermann (2) a produit une autre théorie. Ce serait l’épiderme du conduit externe qui envahirait l’oreille moyenne à travers une perforation du tympan et produirait une desquamation nécrosante de ses couches superficielles comme à la peau. Bezold, de son côté, note la fréquence des masses cholestéatomateuses dans les perforations de la membrane de Shrapnell.
Au total, deux théories principales : l’une qui considère la tumeur comme une hétéroplasie primitive ; l’autre qui admet une production secondaire tardive, conséquence d’une inflammation chronique de l’oreille. Cette dernière est celle des otologistes et elle s’applique au plus grand nombre des cas.
Symptômes. — Presque toujours le malade a d’abord présenté un écoulement d’oreille prolongé, peu abondant, mais fétide, qui a pu tarir par périodes. La surdité est
fl) Trôltsch, traduction Kuhn et Lévy, 1870, p. 439. (2) Arch. füv Ohrenh., Bd XX^ II, p.42.
MALADIES DES OREILLES
plus OU moins mai’quée. Elle se complique de douleurs dans le voisinage de l’oreille atteinte, de lourdeurs de tête avec inaptitude au travail, d’un état vertigineux avec nausées. Quelquefois des fistules existent qui conduisent sur la masse épidermique, comme je viens dele constater sur un de mes opérés. Dans un cas cité par Gruber, les parois de la mastoïde étaient amincies à ce point qu’on y constatait la fluctuation. Par son mouvement d’extension, la tumeur arrive à détruire le nerf facial, les canaux semi-circulaires, le nerf acoustique, etc.
Mais rapidement des complications peuvent surgir. De vives douleui's se déclarent, la température monte aux envii ons de 39“, des frissons , des vomissements, des vertiges apparaissent. Un malade deForns avait la sensation de tomber de très haut sans jamais rencontrer le sol. C’est que ces masses épidermiques, éminemment favorables au développement des pathogènes, se sont infectées. L’issue du foyer peut se faire au dehors par une perforation de la corticale mastoïdienne ou de la paroi postérieure du conduit. Plus grave est la situation lorsque l’ouverture se produit à l’intérieur du crâne, soit à la paroi postérieure du rocher, entraînant une thrombophlébite du sinus latéral, soit à la paroi supérieure, infectant l’étage moyen de la cavité crânienne.
Diagnostic. — Lecholestéatome peut être latent quand il est primitif et ne se montrer que par hasard dans une autopsie.
Plus souvent il se révèle par l’issue de masses caractéristiques à travers le conduit auditif, spontanément ou à la suite d’injections, surtout si on les pratique dans l’attique avec la petite canule coudée de Hartmann. Ces grumeaux dégagent une odeur fétide quand on les écrase.
Chez quelques malades, on voit les amas blanchâtres et nacrés au fond du conduit, à l’aide d’un spéculum. L’abaissement de la paroi postéro- supérieure du conduit est encore un bon indice pour le diagnostic.
Pronostic. — Il doit être calculé d’après les dimensions de la tumeur.
S’agit-il de petits dépôts confinés à l’oreille moyenne, 'ils n’ont guère d’autres conséquences que la surdité et l’otorrhée interminable.