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III. PÉRI-AMYGDALITE P HLE GM ONE U SE

Voici la forme la plus fréquente. Les amygdalites catarrhales à répétition pi'éparent son apparition, soit en déterminant entre les piliers et la surface des amygdales des adhérences qui . refoulent la suppuration vers la profondeur (Clarence Rice), soit parce que les alternatives de gonflement et de rétraction entraînent la formation d’une bourse séreuse sous-amygdalienne où le pus s’épand aisément (Verneuil).

Le début est brusque et violent, plus encore que. dans les autres variétés cliniques. La douleur dans la gorge est vive, lancinante. On la provoque manifestement en pressant sur l’angle de la mâchoire inférieure. Le malade ne pouvant déglutir, la salive s’écoule de sa bouche ; l’articulation est fort gênée, surtout pour les Q et les R. Trismus et contracture des muscles du cou, engorgements ganglionnaires avec empâtement œdémateux.

L’abaisse-langue, insinué horizontalement entre les arcades dentaires, peut montrer que le pilier antérieur est œdématié et porté en avant, que le voile palatin est bombé et d’un rouge livide, .^supportant une luette œ.dématiée, distendue comme un gros grain de raisin. Cet œdème des parties environnant l’amygdale indique bien que l’infection est péri-amygdalienne.

Quand le pus est collecté, on peut sentir le choc en retour avec la pulpe de l’index pressant sur l’abcès. D’après Lemaistre (de Limoges), c’est vers le haut du -pilier antérieur qu’il faut chercher cette sensation spéciale.

Si l’ouverture se fait spontanément, elle a lieu du 8® au 10® j our, soit par la fosse sus-amygdalienne (Lasègue), soit â travers le parenchyme amygdalien.

péri-amygdalite phlegmoneuse

Cette ouverture se produit-elle pendant la nuit, le pus est avalé, mais si c’est pendant le jour, le malade éprouve un g-oût fétide et rejette un flot purulent.

Le soulagement est immédiat, mais la gêne peut reparaître si l’ouverture se referme ou si de petits abcès se sont formés dans l’amygdale même.

Chez les enfants, à la suite des fièvres éruptives, peuvent se former des péri-amygdalites latentes et des nappes purulentes qui diffusent dans le cou.

Il existe aussi une forme chronique avec trajets fistuleux et clapiers signalés en 1884 par Grynfelt (de Montpellier).

Complications. — Il faut craindre d’abord les œdèmes laryngiens pouvant entraîner l’asphyxie, les abcès rétro^ ou latéro-pharyngiens ainsi que le phlegmon diffus péripharyngien (Senator, Merklen), les suppurations de l’espace maxillo-pharyngien. Alors le paquet vasculo-nerveux est menacé par le pus et si ce pus est particulièrement septique, la carotide interne peut être ouverte, ce qu’on reconnaît au.x battements de l’abcès. C’est ainsi que peut survenir une mort foudroyante (Vergely). A signaler aussi les phlébites infectieuses du cou avec œdèmes monstrueux de la face, de la bouche et du pharynx.

Traitement. — Il consiste tout d’abord en gargarismes antiseptiques utilisés largement et toutes les demi-heures. Les formules suivantes sont recommandables :

Hydrate de chloral . 10 grammes.

Eau distillée . 1000 —

ou :

Acide salicylique . 5 grammes.

Eau distillée . 1000 —

L’application d’onguent mercuriel belladoné, réitérée matin et soir sur la l'égion angulo-maxillaire, agit favorablement contre la douleur et la contracture des mâchoires.

L’incision au bistouri est indiquée vers les 3® ou 4® j ours.- A supposer même qu’elle ne donne pas immédiatement issue au pus, elle produit une détente dans la douleur par la saignée locale et prépare une voie à l’ouverture spontanée.

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