‹ Maladies du larynx, du nez et des oreillesChapitre 177 sur 229 · INFLAMMATIONS · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS

dive (Gervais). Elle s’ouvre quelquefois dans le conduit auditif, ou se propage vers le crâne, la face, la gaine du sterno-cléido-mastoïdien. On a signalé comme complications divers troubles oculaires (strabisme, mvosis).

Traitement. — L’incision doit être pratiquée", longue et profonde, derrière le pavillon, dès que la suppuration est manifeste. La sonde cannelée explore les surfaces, pour s’assurer que les cellules mastoïdiennes ne participent pas à l’infection. Si l’on pousse une injection dans l’incision, on voit ressortir le liquide par le conduit auditif, ce qui prouve bien l’origine tvmpanique et sou.spériostique de la collection purulente. Des fistules plus ou moius durables s’établissent quelquefois à la suite de ces périostites mastoïdiennes, pour ne prendre fin qu’après l’expulsion de petits séquestres.

30 Abcès intram astoïdiens [Cellulite mastoïdienne). — Cette variété, comme la précédente, succède le plus souvent aux suppurations de la caisse, mais on possède actuellement nombre d’observations où la suppuration s’est montrée d’emblée dans les cellules mastoïdiennes, sans tympanites préalables sûrement constatées ; ainsi après la grippe (Moure) ou chez les diabétiques (Kôrner).

Presque toujours, quand la caisse est infectée, l’aditus, l’antre et les cellules le sont avec elle, mais la suppuration ne se traduira au dehors que si une circonstance quelconque arrête le drainage naturel par le conduit auditif externe. C’est ainsi que le gonflement des parois, l’oblitération de la perforation tvmpanique par du pus concrété ou des productions polypeuses agissent comme circonstance adjuvante. Même résultat si la membrane tvmpanique ne s’est pas perforée.

Symptômes. — Dès que l’affection est constituée, une tuméfaction l'ouge se montre derrière le pavillon, qui, cette fois, n’est plus éloigné du crâne comme dans le cas précédent. Le sillon rétro- auriculaire est conservé. Bientôt la fluctuation se montre quand la paroi osseuse (corticale) est perforée. L’ouverture spontanée peut se faire au dehors ou dans le méat auditif. La suppuration intra-mastoïdienne coïncide souvent avec la forme précédente. Politzer a remarqué que les abcès con.sécutifs à l’otite grippale sont plus superficiels, plus faciles C.ASTEV. — Mal. du Larynx. 2e êd. 42

MALi

DES oreilles

à ouvrir que ceux qui succèdent à une otite moyennesuppurée chronique.

Parfois la suppuration se montre à la pointe de l’apophyse et en dedans {mastoïdite de Bezold). On incise aloi's sur le bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien ou sur son bord antérieur, car il se produit rapidement une infiltration phleg-moneuse de la région carotidienne.

Complications. — Parmi les complications qui sont le plus à redouter figurent : la méningo-encéfliatite (vomi.ssements, délire, convulsions); Ibl phlébite du sinus latéral (frissons, diarrhée, ictère, symptômes typhoïdes, infection purulente).

Toynbee a montré que les complications ne sont pas les mêmes chez l’enfant et chez l’adulte, en raison du développement de cette apophyse. Chez l’enfant, les cellules, peu développées dans le sens vertical, répondent à la fosse cérébrale postérieure, au-dessus du sinus latéral. Chez lui, la complication principale sera donc l’abcès cérébral. Chez l’adulte, dont l’apophyse s’est développée verticalement, elle répond surtout à la fosse cérébelleuse et au sinus latéral, et quand la mastoïdite aura des complications pi'ofondes, elles se montreront plutôt dans le sinus et dans le cervelet.

Diagnostic. — Il doit être établi surtout entre la périostite et la mastoïdite, sans tarder, en raison des complications qui peuvent surgir pour cette dernière.

Voici les principaux éléments de ce diagnostic ;

Périostite. Mastoïdite.

Gonflement diffus. Gonflement circonscrit.

Douleur vive à la pression. Douleur médiocre à la

Coïncidence d’une périos- pression.

tite du conduit auditif. Coïncidence d’une otor-

Sillon rétro-auriculaire rhée ancienne.

effacé. Sillon rétro-auriculaire

maintenu.

Rougeur et gonflement de la paroi postéro-supérieure du conduit.

C’est à titre exceptionnel que l’on voit jusqu’à présent signalées les ostéomyélites mastoïdiennes.

Traitement. — L’incision s’impose dès que le dia*

TRAUMATISMES

snostic est établi. Wilde a conseillé, dans le cas où Ton Èésite, de pratiquer à 1 centimètre en arrière du pavillon, en plein sur l’apophyse, une incision longue et profonde, d’attendre vingt- quatre ou quarante-huit heures pour trépaner uniquement si les accidents n’ont pas cessé. Cette pratique est imprudente ; mieux vaut trépaner trop tôt que trop tard et ne pas risquer que l’infection se porte à l’encéphale ou dans les sinus. Il faut inciser aussi la membrane du tympan, pour faciliter l’évacuation des cavités o tiques et chercher les fusées purulentes de voisinage pour les ouvrir. Entre autres injections dans l’abcès mastoïdien. Prince a proposé l’eau o.xygénée, qui, se décomposant en présence du pus, dégage l’oxygène qui fait évacuer les foyers purulents.

On signale quelques cas de mastoïdites arrêtées dans leur évolution par l’application de la glace prolongée durant 24 heures (Kernon). J’ai eu, dans ce même but, à me louer de l’onguent mercuriel belladoné largement appliqué sur la région mastoïdienne.

4“ Abcès sous-mastoïdiens. — Sous cette dénomination, le Pr Tillaux comprend les suppurations qui siègent sous la dure-mère et sont une des complications dangereuses des mastoïdites.

o^Algies mastoïdiennes hystériques. — Cette manifestation de l’hystérie se manifeste sous deux formes ; algie à forme de mastoïdite simple et algie à forme de mastoïdite compliquée d’accidents cérébraux (Cannois).

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