‹ Maladies du larynx, du nez et des oreillesChapitre 185 sur 229 · V. - BOUGIRAGE · texte numérisé non relu

V. - BOUGIRAGE

Un grand nombre d’affections delà trompe d’Eustache doivent être traitées par l’introduction de bougies. C’est pourquoi nous étudions le bougirage à part, à la fin de ce chapitre.

On désigne sous ce nom l’introduction d’une fine bouffie dans la trompe d’Eustache, en l’y conduisant à travers une sonde d’Itard mise d’abord en place.

Cette méthode, imaginée par Saissy (de Lyon), adoptée par Itard, Kramer (de Berlin), a été vulgarisée par P. et E. Ménière.

Le bougirage est indiqué toutes les fois que l’insufflation simple n’arrive pas à envoyer de l’air dans la caisse, en particulier dans le traitement des scléroses tympariiques et des catarrhes tubo-tympaniques.

Technique. — On prend une sonde d’Itard de moyen calibre. Pour les bougies, on a le choix entre les bo ugies en gomme, en celluloïd, en baleine et même en argent femelle qui est malléable. Les premières sont préférables parce que le celluloïd est cassant.

Elles sont calibrées (fig. 198, p. 603) suivant la filière Charrière :

N° 1 1 3 de millimètre

Il est bon d’avoir aussi le n« 1 2 (16 de millimètre).

Pour les maintenir aseptiques, on peut les conserver dans des tubes de verre hermétiquement fermés et dans

MALADIES DES OREILLES

le fond desquels est déposé du trioxymétylène (fig. 197).

La sonde étant en place, et la bougie enduite de vaseline mentholée, on s’arrange pour ne pas l’enfoncer au delà de quatre centimètres chez l’adulte. Un mouvement de déglutition du malade facilite l’entrée de la bougie dans le pavillon. Pour savoir à quelle profondeur on a pénétré, divers moyens existent : quelques bougies sont graduées en centimètres, sur d’autres on dispose de petits curseurs qu’une vis peut fixer au point voulu. Si la bougie est arrêtée au niveau de l’isthme, on attend un instant en la laissant en place, puis on pousse en avant, le spasme a disparu et la bougie pénètre. Dans quelques cas, une bougie un peu forte passe mieux qu’une autre. Elle s’embarrasse moins dans les plis de la muqueuse.

Certains signes d’ailleurs sont un indice de cette pénétration : d’aboi'G la fixation de la sonde qui reste en place, même dans les mouvements de déglutition, fixée qu’elle est par la bougie ; puis la sensation du malade qui sent un picotement dans son oreille et non dans le pharynx. Au moment où la bougie franchit l’isthme, il semble au malade que son oreille va éclater et quand on la retire, il éprouve une sensation comme si on vidait quelque chose dans cette oreille (Bonnafont). La présence de l’extrémité de la bougie dans l’oreille moyenne a pu déterminer de l’hypersécrétion salivaire, ce qui s’explique par l’irritation de la corde du tympan.

Lasondesera laissée en place pendant dix minutes environ et on la passera deux ou trois fois par semaine. Une insufflation d’air devra suivre immédiatement le retrait de la bougie.

BIBLIOGRAPHIE. — Denxert, Deutsche Zeitschr. fûr prakf. Medicin, 1878, n. 44. — Weber-Liel, Tyrnpano-Koniathi’o=e (Congrès méd. intern., 1881). — Urbantschitsch, Wiener med. Presse, 1883, n°s 1, 2, 3. — Hartmann, m ^^er Otol. Seklion der Naturf. Fribourg, 1883. — Mercié, Trait, des rétrécissements de la trompe par l’électrolyse [Acad, de méd., 11 mars 1884). — E. Ménière, P/-artce méd., 2 avril 1889. — Suahea de Mendoza, Note sur le traitement galvanocaustique des obstructions de la trompe (Aoc. fr. d’otoL, 1889). — Duel, Dilatation électrolytique. ^Amer. Journ. of. med. Sciences, avril 1900). — Kenefieck, Electrolyse dans les rétrécissements de la trompe (Arch. of otol.,a.vrA 1901). — (3v^oss,k\\ls, (Archives de thérapeutique clinique,

Page 1