C4.DIER
No 5 Phénol sulforiciné . . . (Ruault).
No 6 lodoforme . 1 gramme.
Glycérine . 20 grammes.
No 7 Chlorure de zinc .... 1 gramme.
Eau distillée . 20 grammes.
De ces divers topiques, le premier est celui qui nous a donné les meilleurs résultats. Ces applications topiques doivent être faites avec insistance, en frottant les surfaces malades jusqu’à les faire saigner (Chiari). On doit savoir pourtant que les attouchements ont pu déterminer des spasmes très graves : deux cas de mort malgré cocaïnisation (Guescheline). Contre ces spasmes, on fait respirer le malade par le nez et on lui donne à aspirer un peu d’éther.
Les injections interstitielles sont un bon moyen qui ne présente plus le danger de la trachéotomie, depuis
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que nous pouvons pratiquer l’intubation temporaire. Chappell (de New-York) a recommandé les injections sous-muqueuses d’huile créosotée à 1 : 3. J. Doug-las injecte du gaïacol pur. On préfère en général une solution d’iodoforme :
• lodoforme . 1 gramme.
Huile de vaseline stérilisée . . 20 grammes.
Nous-même, nous employons les injections interstitielles de chlorure de zinc à 1 p. 20, selon la méthode sclérogène du P*’ Lannelongue. Les résultats obtenus sont encourageants.
Dans les premières quarante-huit heures, le malade éprouve quelquefois de la douleur, de la dyspnée, mais tout rentre dans l’ordre et l’atténuation des divers troubles, odynophagie, dysphonie, etc., se produit assez vite. Ces injections se font à l’aide de seringues stérilisables munies d’une longue aiguille recourbée qui va piquer sous la muqueuse laryngée. De Weglenski emploie également les injections de chlorure de zinc, V gouttes en moyenne de la solution à 5 p. 100. Avec un instillateur spécial intralaryngien, il porte la solution contre la face interne du cartilage thyroïde. Cette méthode est surtout indiquée dans les formes infiltrées.
Le même auteur préconise, pour les formes ulcéreuses, des pansements à demeure. Un tube spécial, , rappelant celui de l’intubation et enveloppé d’une chemise de tarlatane, séjourne d’abord dans de l’huile mentholée ou du naphtol camphré, puis il est place dans le larynx où il peut rester en place vingt-quatre heures, retenu par un fil qui l’attache au pavillon de l’oreille.
Botey (de Barcelone) préconise les piqûres transcutanées avec une solution à 2 0/0 de créosote ou gaïacol dans de l’huile de foie de morue.
Je mentionnerai simplement, n’en ayant pas d’expérience personnelle, le traitement cataphorigue cuivreux interstitiel du D"" Sheppegréll (de la Nouvelle-Orléans).
b. Moyens chirurgicaux. — Si ces moyens sont restés sans effet, on est en droit de recourir à d’autres d’ordre plus chirurgical. Ce sont :
Les galvanocautérisations, applicables surtout à l’épiglotte ou aux régions aryténoïdiennes infiltrées.
La pince coupante, qui va réséquer les fongosités ou les infiltrations aryténoïdiennes. La pince de Gouguenheim est recommandable dans ce but, pourvu que la courbure n’en soit pas trop brusque.
Le curettage est un des plus importants procédés. ‘Il a été vulgarisé par Héryng (de Varsovie). En voici la technique : pendant une huitaine de jours, on désinfecte la cavité laryngée par des attouchements quotidiens au naphtol camphré. Le jour même on cocaïnise au moyen d’attouchements avec une solution à 1 p. 10, puis on curette en ai'rière, sur les côtés, en avant, selon l’indication; on remet de la cocaïne, on touche énergiquement et à plusieurs reprises avec la solution lactique, dont Krause a démontré l’action élective sur les éléments tuberculeux. Des guérisons positives ont été constatées par des examens histologiques, que l’on doit à Virchow.
Le curettage n’est pas sans présenter quelques inconvénients : spasmes inquiétants du larynx, répercussion sur les lésions pulmonaires, qui se sont aggravées parfois. Il rencontre ses contre-indications dans l’indocilité du malade, l’état fébrile du sujet, la constatation de lésions pulmonaires avancées.
La trachéotomie n’est ici qu’une ressource ultime contre la dyspnée laryngée. Schrôtter, Schmidt, Beverley-Robinson, Morell-Mackenzie l’ont pourtant prônée, comme moyen précoce, dans le but de mettre le larynx au repos. Navratil en a eu de bons effets sur une femme enceinte (Société hongroise de laryngologie, 1898). Avec Lennox Browne, nous y voyons plus d’inconvénients que d’avantages. L’intubation ne doit pas être négligée pour les cas où le malade asphyxie par sténose laryngée. Mais en général la trachéotomie est préférable, parce qu’elle donne plus d’air au malade et n’irrite pas autant le larynx.
La laryngotomie, que je suis un des premiers à avoir
f)réconisée, en 1892, permet de mieux voir les lésions aryngées et d’en découvrir de cachées dans les ventricules ou la région sous-glottique. Elle a donné de bons résultats entre les mains de Goris (de Bruxelles) : dispa-
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rition des bacilles, augmentation de poids, etc. Sur 4 cas opérés, il a eu 3 guérisons (Annales de la Société belge de chirurgie, 1898). MM. Gouguenheim et Guinard (1) ont été moins heureux avec la méthode, mais ils ont vu son efficacité pour les lupus, qui sont des tuberculoses atténuées. Le procédé habituel est la laryngotomie verticale. La technique en est bien exposée par Leseigneur (de Rouen) (2).
Les indications majeures sont : la gravité du cas, l’état indemne des poumons, le siège sous-glottiqüe des lésions.
Il ne sera question de la laryngotomie que pour dire qu’elle est à proscrire absolument.
Une grossesse survenant, il faut temporiser si les lésions sont légères, mais si elles diffusent il faut mettre une canule dans la trachée (Kuttner).
3® A ia troisième période. — Il ne reste plus à faire qu’une retraite honorable, en soulageant le malade surtout de son odynophagie.
Les pulvérisations antiseptiques (solution phénicjuée à 1 p. 100) y contribuent, en entravant les infections secondaires.
La cocaïne, la morphine, l’antipyrine sont les médicaments les plus recommandables :
Chlorhydrate de cocaïne ... 2 grammes.
Chlorhydrate de morphine . . 1 —
Antipyrine . 1 —
Glyrérine neutre . 60 —
Une cuillerée à café dans un demi-verre d’eau distillée (pour gargarismes ou pulvérisations), avant les repas.
Le menthol, la caféine, l’orthoforme ont pu calmer la douleur de malades non influencés par la cocaïne ou la morphine.
On peut encore calmer les douleurs, en laissant fondre dans la bouche des fragments de glace, en faisant boire le malade couché ou en lui donnant une paille pour
(1) Gouguenheim et Guinard, Ann. des mal. du larynx et des oreilles, août 1897.
(2) Leseigneur (de Rouen),Laryngotomie(7’/ièse, Paris, 1897).