C.\STEx. — Mal. du Larynx. 2e édit
Fig. 41. — Prolapsus ventriculaire tuberculeux ou éversion.
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chroniques du larynx sont des complications, faciles à reconnaître, d’un coup de froid ou d’un état diathésique (mal de Bri^ht). On les a sig-nalés aussi chez les paludéens (Baylie).
Il y a encore les œdèmes anglo-neurotiques.
8° La lèpre se distingue par un épaississement rouge et diffus de tout le larynx et par la présence de tubercules caractéristiques dans la bouche [Simanowsky (1), Bergergrun].
9° Le laryngoscléromé épaissit toute la muqueuse laryngée sans l’ulcérer. 11 existe au nez et au pharynx des altérations similaires qui jugent le diagnostic. Il y | a aussi des hybrides tuberculo-scléromateux(Koschier).
Chez les sujets atteints de tuberculose pulmonaire la voix est très affaiblie, enrouée même par simple parésie des cordes, sans qu’il y ait infiltrations ni ulcérations à la muqueuse. Ces cas s’expliquent par l’asthénie générale se faisant sentir particulièrement sur l’expiration et la phonation. Ils sont à séparer des tuberculoses laryngées déclarées. Il en est de même de ces congestions passives que la toux répétée d’un tuberculeux pulmonaire instille dans leur larynx indemne d’ailleurs. L’ensemble de ces espèces est désigné sous l’appellation : Laryngite des tuberculeux.
Il y a quelquefois lieu de constater une tuberculose guérie. On y parvient avec l’histoire du malade, en vovant des épaississements de la muqueuse, des demianliyloses crico-aryténoïdiennes, etc. '
Il importe de redire que maintes laryngopathies se . tuberculisent sur le tard. Le diagnostic doit préciser cette particularité.
Pronostic. — En général, il est très grave. L’important, quand un malade de cette catégorie se présente, est d’obtenir sa confiance, afin de pouvoir lui appliquer sans discontinuité les ressources diverses de la thérapeutique. Lui dire que c’est très grave, c’est le décourager; que ce sera sans importance, c’est le tromper et compromettre ainsi son crédit à brève échéance. Nous pensons que la vérité est dans le juste milieu. Aussi avons-nous
(1) SiM.4.N0wsKy, Journ. of larÿng,, n° 12, 1890.
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pris l’habitude de dire à l’intéressé : « Vous guérirez, mais ce sera long. » Grâce à cette précaution, il conserve encore sa foi dans l’intervention médicale, quand, même après plusieurs mois de traitement, il ne se voit pas encore guéri.
Nous ne lui faisons pas du reste une vaine promesse eu lui parlant de guérison, car il est permis de dire que la tuberculose laryngée est curable, dans certaines conditions. Tous les laryngologistes ont à leur actif un certain nombre de guérisons, Delsaux a présenté deux cas guéris depuis dix ans (Société belge de laryngologie,
4 juin 1899). Assez souvent, surtout, on constate des guérisons partielles, par exemple d’ulcérations qui se cicatrisent, mais il faut dire que les récidives sont particulièrement à craindre dans cette affection.
Faisons le départ des cas relativement favorables ou défavorables, c’est le meilleur moyen de donner une base aux calculs de pronostic :
Sont favorables les cas où la tuberculose est circonscrite, abritée à l’intérieur du larynx, à marche lente, torpide, sans élévation vespérale de la température, où les poumons sont en bon état. C’est ainsi qu’on voit mourir des poumons un tuberculeux guéri de son larynx.
Sont défavorables les cas diffus, où les lésions sont à découvert (épiglotte, aryténoïdes), sans cesse irritées par les déglutitions, où l’évolution est rapide, douloureuse, où les poumons sont compromis. C’est beaucoup sur l’examen des poumons que l’on fonde un pronostic motivé.
Traitement. — 11 est général ou local.
Traitement général. — Il est des plus utiles, surtout s’il est employé dès le début. Il s’agit de fortifier le terrain. Les formes laryngées de la tuberculose sont très favorablement influencées par la cure de campagne, de sanatorium pourvu qu’un laryngologiste puisse contrôler les effets de la cure ; il importe de penser aux symbioses ou associations tuberculeuses, lorsqu’on l’institue.
Traitement local. — Il varie selon la période de la maladie.
1” A la première période. — Il faut d’abord ne pas
nuire. Un séjour au bord de la mer est mauvais, à moins qu’il ne s’sg-isse du littoral méditerranéen, à température douce et égale, bien abritée des vents nordest, mauvaise aussi une saison dans une station sulfureuse quand on boit l’eau minérale. Les médecins hydrologistes partagent cette manière de voir ; ils savent que le bon renom de leur station est compromis, compromis aussi le larynx des malades, si on ne.s’abstient pas pour eux de la médication sulfureuse interne. J’ai vu souvent, au retour des vacances, des malades très aggravés ainsi, parce que leur médecin ordinaire, ignorant cette contre-indication, les avait envoyés dans une station sulfureuse sans faire intervenir leur confrère hydrologiste. L’effet le plus habituel de la sulfuration m’a paru consister dans la diffusion des lésions bacillaires sur le larynx. Ce que j’en dis ne s’applique pas d’ailleurs aux bacilloses pulmonaires débutantes. Duhourcau (de Cauterets) a communiqué en 1885, à la Société française de laryngologie, un cas de poussée aiguë à la suite du traitement sulfureux. La trachéotomie dut être pratiquée.
Une précaution importante pour cette première période est encore de ne pas laisser l’organe se fatiguer par l’exercice de la voix parlante ou de la voix chantante. En vain a-t-on objecté que le fonctionnement vocal ventile les poumons, que les sourds-muets meurent souvent
fihtisiques et que les chanteurs sont rarement tubercueux. Ces dernières constatations comportent d’autres explications. De par les données de la pratique, l’ordonnance du médecin doit stipuler : repos de la voix.
Le traitement pourtant ne sera pas exclusivement négatif. La révulsion prélaryngée et les pulvérisations sont indiquées.
La révulsion se réalise par l’application réitérée sur le devant du cou d’une éponge plongée dans de l’eau très chaude ou d’une flanelle chauffée. La teinture d’iode est moins utile parce qu’elle ne répète pas l’action révulsive comme les deux moyens précédents. Le vésicatoire est excessif ici. Il incommode, sans résultats proportionnés. Exceptionnellement la révulsion prélaryngée augmente plutôt les troubles. Il faut alors y renoncer d’emblée.
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Les pulvérisations chaudes ont pour effet de décongestionner et de désinfecter dans une certaine mesure la muqueuse laryngée. On doit les pratiquer au moyen d’un pulvérisateur à chaudière. Pour les solutions à mettre dans le récipient, on a le choix entre :
No d Benzoate de soude ... 2 grammes.
Eau distillée . 100 —
No 2 Acide phénique .... 1 gramme.
Eau distillée . . . . . 100 grammes.
No 3 Menthol cristallisé ... 1 gramme.
Teinture d’eucalyptus . . 10 grammes.
Alcool à 90® . 70 —
Eau distillée . 130 —
Quelques malades ont au début de l’intolérance pour les pulvérisations, sous forme de nausées; mais l’habitude s’établit assez vite. D’autres y sont absolument réfractaires. J’ai même vu des laryngites bacillaires au débutaggravées par la simple pulvérisation d’eau chaude, comme si ce léger traumatisme n’était pas supporté. C’est dire que l’emploi des simples pulvérisations demande à être surveillé dès le début.
La sérothérapie dirige ses efforts aussi contre la tuberculose laryngée. De Weglenski (1) recommande les injections sous-cutanées périlaryngiennes avec le néosérum de Richet et Héricourt, qui est préparé avec du séi'um de chiens tiré six jours après qu’on les a inoculés avec des bacilles tuberculeux débarrassés de la tuberculine par le lavage. Les Injections péiûlaryngiennes seront de 3 centimètres cubes, deux fois par semaine. D’autres injections, intra-laryngiennes ou simplement intraamygdaliennes, seront de 2 centimètres cubes seulement. Pour ces injections intérieures, de Weglenski a imaginé une pince-seringue particulière. Le néosérum agirait favorablement par ses propriétés toniques, décongestionnantes, analgésiques.
2° A la deuxième période. — L’important est d’entraver les infections secondaires par streptocoques ou
(1) De Weglenski, Essai de traitement rationnel de la tuberculose laryngée {Thèse de Paris, 1897).
MALADIES DU LARYA'X
staphylocogues ; on a la ressource des moyens médicaux ou ckirurgicaux.
a. Moyens médicaux. — Dans les premiers, figurent les insufflations de poudre, les attouchements directs, les injections interstitielles ; on peut insuffler avec un lance-poudre de l’iodoforme, du diiodoforme, de l’aristol, de riodol, de l’orthoforme, mais ces poudres ont rinconvénient de provoquer la toux, aussi sont-elles peu en faveur. Les attouchements se pratiquent avec un porte-ouate laryngien. Les topiques usuels sont :
No 1 Acide lactique . 20 grammes.
Eau distillée . 20 —
No 2 Naphtol ]3 . 10 grammes.
Camphre . 20 —
No 3 Menthol . 4 grammes.
Huile stérilisée .... 20 —
(Rosemberg).
No 4 Créosote . 1 gramme.
Glycérine . 30 grammes.